Emmanuel Macron visite l’Auvergne, le web s’agite !

Le 29 avril 2016, par Thomas Fauveau

La visite du ministre de l’économie en Auvergne en ce début de semaine n’est pas passée inaperçue. Et pour cause ! Emmanuel Macron n’en a pas été réduit à escalader une grille, la chemise en lambeau pour échapper à une foule en colère. Non. Mais il a tout de même encaissé des critiques d’une rare violence de la part de quelques syndicalistes. Et il a eu chaud aux fesses. Car les bougnats ont le sang chaud ! Petite revue de web…

25 avril matin. Issoire, dans le Puy-de-Dôme. Le ministre de l’économie vient visiter l’usine aéronautique Rexxia située dans la ZI des Listes. La visite prévue initialement au mois de mars avait été reportée pour cause de réunions sur la loi Travail. Cette fois, tout est bien cadré. Bercy lance son invitation presse avec le programme détaillé. Oui mais voilà, tout ne se déroule pas comme prévu. Emmanuel Macron est accueilli sous les huées des syndicalistes : « Vous allez le payer de vous foutre de la gueule du peuple ! », peut-on entendre notamment. Le ministre affiche un rictus d’anthropophage et reste imperturbable. « Issoire, bon vin à boire, belles filles à voir! ». Nul doute qu’Emmanuel Macron s’en souviendra.

Du côté de la presse, la séance fait rapidement le buzz. Les images d’iTélé tournent en boucle. Le Monde rapporte qu’une fois rentré dans l’usine, Emmanuel Macron aurait lancé, comme pour se rassurer : « Ca va mieux en moyenne, c’est la vérité, ce sont les chiffres. » Si ses tableaux Excel le disent… Dans La Montagne, le ministre explique que Rexxia est en train d’opérer une large transformation de son modèle classique vers ce que l’on appelle « l’entreprise du futur ». Une transformation qui, si elle est inéluctable, ne sera sans doute pas sans conséquences en terme de suppressions de postes. A quand un revenu universel, monsieur le ministre ? Le site NewsAuvergne rapporte que le ministre a décidé de s’intéresser à la vie des gens et de ne plus parler de la présidentielle. Qui va croire ça ?

« Hé Ho, t’es socialo et t’as pas d’électeurs ! »

Tout cela n’a pas laissé les internautes indifférents. Certains même se déchaînent. Sur Facebook, les commentaires fusent : « Un bon à rien le macaron ! », « mangeons-le ! », « Le pauvre Manu, mamie le consolera à son retour… » Certains commentaires sont même carrément insultants, tel ce « Connard, dégage », resté 8 heures durant sur la page de La Montagne sans que les modérateurs ne jugent bon de le supprimer. Sur le post du Point, même si quelques excités ont envie de déchirer la chemise du ministre, les réactions sont globalement à l’opposé : « Les syndicalistes sont-ils capables d’autre chose que de faire la grève et pourrir la vie des gens ? », « Moi président, je mettrais tous les syndicalistes à l’ombre pour six mois. », « Les syndicalistes sont des militants certainement sincères mais manipulés par un ramassis de guignols opportunistes se prostituant avec l’extrême gauche ».

A l’issue de sa visite, Emmanuel Macron finira tout de même par s’exprimer sur « Hé Ho La Gauche », ce qui ne manquera pas non plus de faire réagir immédiatement les internautes : « Hé Ho, t’es socialo et t’as pas d’électeurs ! », peut-on lire ici ou là. Nabilla, ou l’obsolescence programmée de la pensée ! Une brèche dans laquelle s’est royalement engouffré Raphaël Enthoven, philosophe bobo sorti d’une pub pour L’Oréal, dans sa chronique du 26 avril matin sur Europe 1 : « C’est l’interpellation magnanime d’un groupe de colonels dépourvu de soldats, une armée mexicaine qui emprunte le lexique de Nabilla pour envoyer sur le champ de bataille l’homme exténué qui sur un malentendu l’avait emporté 5 ans plus tôt ». Doutant fort qu’Emmanuel Macron soit venu lundi se faire écharper à Issoire comme un bon petit soldat de la République, c’est son mouvement « En marche » qui, en réalité, vient de connaître en Auvergne quelques soubresauts. Mais il en faudra plus pour le désarçonner.

Photo : capture d’écran itélé

Auvergne Rhône-Alpes vue de Mexico !

Le 27 avril 2016, par Rédaction AuvergneRhôneAlpes.info

11 heures de vol ! 21 enfants, 14 bébés à bord d’un A380 de la compagnie Air France. Les hôtesses sont au bord de la crise de nerfs. Le Mexique, ça se mérite !  Me voici donc « gringa » sur les terres d’El Chapo. Embarquée dans un Uber, je regarde les passants défiler le long de Frey Servando Teresa de Mier. Stupeur ! Ils sont tous gras, gavés de tacos, de guacamole et de sodas. J’ai rendez-vous avec Benjamin Daumas dans un hôtel sur Paseo de la Reforma. Rencontre avec un globe-trotter…

Aglaë Feelgood : quelle est ta formation ?

Benjamin Daumas : je suis corrézien, originaire de Tulle. J’ai fait une licence de langues étrangères appliquées à Clermont-Ferrand. J’ai ensuite passé des concours et intégré une école de commerce. J’ai fait un an de césure à Paris chez AccorHotels et l’école m’a proposé de faire un  master aux Etats-Unis, donc je suis parti à New-York durant un an et demi. Ensuite, j’étais à Miami en tant que coordinateur marketing. Maintenant je suis à Mexico où je gère la chaîne ibis. Nous avons 15 hôtels dans tout le pays, dont 3 à Mexico city.

Aglaë Feelgood  : pourquoi avoir choisi Clermont-Ferrand pour tes études ?

Benjamin Daumas : cette formation LEA me permettait de partir un semestre à l’étranger donc je suis parti à Grenade la dernière année. J’ai beaucoup de chance d’avoir des parents qui m’ont permis de faire tout ça aussi, parce que je n’étais jamais sorti de France avant mes 19 ans.

Aglaë Feelgood  : finalement, il y a certaine logique dans ton parcours ?

Benjamin Daumas : ce qui est sûr, c’est que j’ai toujours voulu voyager. Je me voyais steward, dans le voyage. Je me suis dit que pour travailler à l’international, il fallait connaître les langues. J’ai donc appris l’anglais, l’espagnol et l’italien. Quand on commence à voyager, on y prend goût. L’hôtellerie m’a permis de découvrir des gens brillants.

Aglaë Feelgood  : tu as eu un vrai coup de cœur pour ta boîte ?

Benjamin Daumas : oui, absolument. Et encore une fois j’ai eu de la chance que le groupe AccorHotels ait eu besoin de quelqu’un ici, à Mexico, alors que je cherchais un poste. Tout se goupille bien. J’aime parler d’autres langues, rencontrer des gens de cultures différentes. J’aurais peut être la possibilité par la suite d’évoluer dans d’autres régions du monde.

Aglaë Feelgood  : ici, à Mexico, tu as rencontré d’autres expatriés ? Des auvergnats ? Des rhône-alpins ?

Benjamin Daumas : oui, des parisiens principalement. Mais jamais un seul habitant de l’Auvergne ou de Rhône-Alpes. Désolé (rires). Je fais partie d’un réseau d’expatriés, Internations. Il y a des événements qui sont organisés régulièrement. C’est une façon de faire du networking d’une façon un peu informelle.

Aglaë Feelgood  :  tu as adopté le mode de vie mexicain ?

Benjamin Daumas : pas vraiment. Je vais régulièrement dans des restaurants français. J’achète ma baguette tous les jours. A côté il y a une petite épicerie où je peux trouver du fromage. C’est quelque chose que je ne pouvais pas faire aux États-Unis. Ici, je retrouve un peu mes marques françaises à moindre coût, donc j’en profite. Je ne sais pas si tu auras le temps d’aller dans le quartier de la Condesa, au sud de Mexico. Il y a beaucoup de restaurants français. J’ai même gouté là-bas de la truffade dans un restaurant qui s’appelle « La vie en rose ». Ce n’était pas la meilleure truffade du monde (rires) mais elle était disponible, au moins…

Aglaë Feelgood  : mais tu peux trouver des produits d’Auvergne ou de Rhône-Alpes ici, à Mexico ?

Benjamin Daumas : pas directement. Il existe un site Internet qui s’appelle Mon Épicerie française. Il est destiné aux expatriés mais je ne l’ai pas encore testé.

Aglaë Feelgood  : tu es passé d’une des villes les moins polluées de France, Clermont-Ferrand, à l’une des plus polluées au monde, Mexico. Ça fait un choc ?

Benjamin Daumas : ça m’a gêné. En plus, il y a l’altitude. Si j’accélère un peu trop le pas, je m’essouffle. Les premières fois, à la salle de sport, j’ai cru que j’allais mourir. J’avoue que le week-end j’aime bien partir en excursion dans des petits villages autour de Mexico.

Les européens renvoient une image froide et distante

Aglaë Feelgood  : qu’est ce que les mexicains ont comme image de la France ?

Benjamin Daumas : ils nous connaissent assez bien. Nous sommes élégants pour eux, distingués. Mais froids aussi, et distants. Enfin c’est l’image que renvoient les européens en général. Nous avons l’habitude de nous serrer la main pour dire bonjour. Ici, on s’embrasse comme du bon pain ! Même pour le business. Quand je recevais les fournisseurs, au début, j’étais un peu sur la réserve mais je m’y suis fait. Ils sont plus chaleureux et souriants que nous.

Aglaë Feelgood : tu as entendu parler de la fusion entre les régions Auvergne et Rhône-Alpes ?

Benjamin Daumas : oui, j’ai suivi un peu ça. On en parlait entre expatriés et on se demandait si les nouveaux noms de régions avaient été déterminés.

Aglaë Feelgood  : pas encore. Auvergne Rhône-Alpes est devenu la seconde région de France, tu penses qu’il peut y avoir des passerelles économiques avec Mexico ?

Benjamin Daumas : oui, ne serait ce que grâce à la gastronomie française qui est assez bien développée.

Aglaë Feelgood : sais-tu que Michelin vient de décider d’ouvrir une usine au Mexique et que cela représente un investissement de 510 millions de dollars ?

Benjamin Daumas : oui, je suppose que c’est pour toucher le marché nord-américain.

Aglaë Feelgood  : exactement ! Michelin, c’est une marque connue ici ?

Benjamin Daumas : il y a pas mal de voitures françaises mais je n’ai jamais vu une seule fois le logo Michelin, pour être honnête. Mais je vais regarder attentivement les pneus dorénavant !

Aglaë Feelgood  : à ton avis, comment pourrait-on promouvoir l’Auvergne Rhône-Alpes d’un point de vue touristique auprès des mexicains ?

Benjamin Daumas : justement, le marché mexicain est un marché que j’étudie pour la marque ibis. En ce qui concerne l’Auvergne Rhône-Alpes, je mettrais en valeur les espaces verts, la randonnée et la gastronomie. C’est un aspect de la France que les mexicains connaissent moins. Pour tout ce qui est patrimoine ou culture, ils iront d’abord à Paris. Il faut jouer la différenciation pour leur donner envie d’aller en Auvergne Rhône-Alpes. Il faut les attirer grâce à la nature et ils découvriront ensuite qu’il y a aussi un grand patrimoine culturel.

Aglaë Feelgood : bon, bref. Tu n’as pas croisé un auvergnat ni un lyonnais depuis que tu es là… il y en avait peut être plus à Miami ?

Benjamin Daumas : (rires) non, pas vraiment… mais dès que j’en croise un, je t’envoie un message…

Nuit Debout à Lyon : « du miel dans les ruches du patronat »

Alors que la mayonnaise peine un peu à prendre dans quelques villes, notamment à Bordeaux, le mouvement Nuit Debout Lyon continue son petit bonhomme de chemin. Pour finir la semaine, PressNut.com est allé faire un tour sur le « chat » du site Internet du collectif. Et ça bourdonne !

A première vue, le design du site lyonnais consacré à Nuit Debout est bien moins attractif que le site national. Mais qu’importe ! Ce site régional a au moins le mérite d’exister. Contrairement à beaucoup d’autres villes de l’hexagone, qui se contentent d’une sous-section du site parisien, le site lyonnais semble avoir un ou des administrateur(s) et il est mis à jour régulièrement. En plus de proposer les informations classiques sur les dates et heures des rassemblements, il offre également la possibilité d’accéder à quantité d’autres services, tels un forum, un chat, des liens vers les réseaux sociaux ainsi que la webradio.

La webradio, en construction, propose quelques interviews des participants au mouvement. Dans un extrait intitulé « c’est les media qui nous font chier », un individu déclare : « On vit dans un système de merde, de corrompus ! En réalité c’est médiatisé par les media (sic). J’ai juste un truc à dire : je suis contre les antisémites et je pense que les arabes ils sont toujours maltraités. Je suis franco-algérien-allemand et j’ai des lointains parents qui étaient nazis. » Bon. Nous compatissons. Un autre à qui il est demandé ce qui le fait rêver, répond juste : «Rien ! Je suis une personne révoltée. La politique c’est tout du blabla. »

« Y’a bien quelqu’un qui va se lever le cul pour me libérer ? »

Sur le Chat, nous accédons à la discussion par le canal général. Nous sommes très loin des revendications de Nuit Debout. Un certain « Lutch » vient de se connecter. Il a un gros problème. Un dénommé Abdel a dormi chez lui et il est parti avec son téléphone en l’enfermant dans son propre appartement. « MarieFakir » tente de venir à son secours en localisant Abdel. Peine perdue. « Lutch » sort de ses gonds : « Il m’a laissé un sac avec un calebard sale à l’intérieur ! » (calme-toi, Lutch ! Au moins, tu as l’ADN d’Abdel). Après quelques instants, il finit par relativiser : « Il m’a pris mes clés et mon téléphone mais il m’a laissé sa bouteille de Schweppes. Beau geste, quand même. » Le pseudo « LeJu » réagit : « Fair play ! Au frigo, au moins ? » « Même pas » se désespère « Lutch » qui finira par être libéré à 17h47 !

« Lutch » a finalement pu rejoindre la place Guichard, juste à temps pour la première assemblée de 19h. Espérons qu’avec la poisse qu’il se trimballe, il ne se fasse pas attaquer par un homme ivre et déguisé en Tigrou, comme c’est arrivé à des participants de la Nuit Debout de Toulouse mardi dernier (voir l’édition du Parisien du 19 avril 2016). Fort heureusement, les compte-rendus des assemblées générales redonnent un peu de dignité au mouvement Lyonnais. La dernière mouture ne fait aucune mention de la mésaventure de « Lutch » et se concentre plutôt sur les revendications, l’organisation générale et la préparation d’un grand bal populaire le 24 avril. Le groupe « Tractage et diffusion de textes politiques » demande des nouvelles de Bernard Arnault, dont les oreilles doivent fortement siffler. Car, attention messieurs les patrons, « il y a du miel dans les ruches du patronat », et certains semblent bien avoir l’intention de se préparer quelques tartines.

Clermont-Ferrand : « the place to be », selon TheLocal.fr

Le 19 avril 2016, par Thomas Fauveau

Décidément, l’Auvergne a la cote auprès des anglos-saxons ! Après le guide de voyages australien Lonely Planet qui a l’a classée parmi les 10 régions du monde à visiter en 2016, PressNut a repéré un article publié sur TheLocal.fr qui met lui aussi Clermont-Ferrand à l’honneur. Pressnut.com s’est entretenu avec Katie Warren, la journaliste auteur de l’article, une américaine qui a vécu neuf mois à Clermont-Ferrand.

Katie Warren n’y va pas par 4 chemins : selon elle, Clermont-Ferrand n’est rien de moins que la meilleure ville de France. Et la jeune femme sait de quoi elle parle puisqu’elle a résidé dans la capitale auvergnate durant près d’une année. A Chamalières et à Montferrand, elle a travaillé comme professeur d’anglais pour le compte du ministère de l’Éducation Nationale. Née aux États-Unis, formée à l’université du Montana, la journaliste est passionnée depuis longtemps par la langue française et la littérature.

Katie Warren travaille aujourd’hui pour TheLocal.fr, un site d’information en langue anglaise implanté dans neuf pays d’Europe. Sur la totalité de ses éditions, le site compte plus de 4 millions de lecteurs chaque mois. Paul Rapacioli, le fondateur de TheLocal, est originaire de Londres et s’est installé en Suède en 2004 afin de lancer son site d’information. Sa vocation est d’abattre les barrières qui existent entre les pays et de faire se rapprocher les communautés. C’est ce à quoi s’affaire Katie Warren, dans le bureau parisien de TheLocal.fr. Mais visiblement l’Auvergne lui manque.

Clermont-Ferrand, « Liverpool de la France »

« J’ai décidé d’écrire sur Clermont-Ferrand parce que j’en avais marre de tous ces gens disant que Paris, c’est la meilleure ville de France ! Je pense que Clermont-Ferrand est une ville vraiment sous-estimée. C’est vraiment une honte qu’il n’y ait pas plus de gens qui connaissent cette ville. » Dans son article, Katie Warren recense 15 bonnes raisons de venir visiter la ville. De l’environnement à la cathédrale en pierre de lave, nous n’échappons certes pas à quelques clichés mais la jeune femme a su aussi capter l’esprit particulier qui règne à Clermont-Ferrand, notamment lorsqu’elle évoque les 800 groupes de rock qui en font le « Liverpool de la France ».

TheLocal.fr a publié cet article le 13 avril 2016. Il a suscité bon nombre de réactions de la part des internautes. Il faut dire qu’en invitant ses lecteurs a oublier Bordeaux et Toulouse, à se sortir Paris de la tête et à éviter Nice et Marseille à tout prix, la journaliste à su intriguer. L’article qui a compté 10 000 lecteurs le jour de sa parution a été l’article le plus lu sur l’édition française de TheLocal. Clermont-Ferrand, « secret le mieux gardé de France », selon Katie Warren, ne va pas le rester très longtemps…

Lire l’article :

pressnut.thelocal.frCrédit photo : Comité Régional de Développement Touristique d’Auvergne – Joël Damase

Budget de la Région Auvergne Rhône-Alpes : Debat fuit le débat !

Le 18 avril 2016, par Thomas Fauveau

Le jeu de mots est un peu facile, j’en conviens volontiers. Il n’en reste pas moins qu’il illustre bien le niveau auquel se situe le débat politique, particulièrement délétère dans notre région. Jeudi 14 avril 2016, une partie seulement des élus a voté le premier budget de la nouvelle mandature. Les élus du PS et du FN ont en effet décidé de boycotter la session.

Ambiance tendue lors de l’assemblée plénière qui s’est tenue au Conseil régional jeudi dernier. Jean-François Debat, le chef de file du parti socialiste, a décidé de se retirer de l’hémicycle, entrainant avec lui ses camarades. Dans un bel élan de solidarité, les élus du FN lui ont emboité le pas. Nous avons donc pu assister à un cortège d’élus FNPS quittant, ulcérés, l’assemblée. Gageons qu’ils n’en renonceront pas pour autant à leurs indemnités. Dans une conférence de presse improvisée, Jean-François Debat a déclaré : « Laurent Wauquiez ne se place pas au niveau des responsabilités qui lui ont été confiées et on ne veut pas participer à cette mascarade ». Ce à quoi le même Laurent Wauquiez a rétorqué : « vous préférez fuir le débat ».

Quelle est la raison de cet embrouillamini ? Il semble bien que ce soit l’attitude de Laurent Wauquiez qui pose problème, plutôt que le budget en lui même. Qualifié à la fois de « prince », de « populiste » et « d’autocrate », le président de Région en prend pour son grade. Juste avant le vote, Jean-François Debat a publié sur son blog un « bilan des 100 jours » de la mandature de Laurent Wauquiez, dans lequel il dénonce le clientélisme, le copinage et les effets de « com ». Rien de bien nouveau, en somme, si ce n’est ce que les politiques se reprochent habituellement les uns les autres à mesure qu’ils s’échangent les majorités. La Région, elle, continue sa « com » et annonce un beau budget, tout bien ficelé, tout bon, tout chaud.

Le poète a toujours raison

De leur côté, les élus du Rassemblement citoyen écologique et solidaire, ont sorti la sulfateuse. Dans un long communiqué de presse, ils dressent de Laurent Wauquiez le portrait d’un homme « brutal et dangereux ». Rien que ça ! Mais ils dénoncent surtout « des choix budgétaires destructeurs ». Si tout est discutable, comme toujours en politique, il semble bien que la décision d’allouer 4,7 millions d’argent public à Pierre & Vacances pour la construction d’un Center Parc leur reste en travers de la gorge. Et convenons que cela pose questions ! En quoi cette usine à touristes est-elle en adéquation avec la politique touristique affichée par Laurent Wauquiez ? La « pleine nature » sous une bulle climatisée, cherchez l’erreur !

Quel est le fond du problème ? Et bien, la vraie question, c’est sans doute celle de la faiblesse du pouvoir actuellement en place au niveau national. La faiblesse d’un gouvernement qui se retrouve obligé de négocier la Loi Travail avec des étudiants qui n’ont jamais travaillé. La faiblesse d’un gouvernement en train de danser le rigodon. Un pas en avant, deux en arrière ! Laurent Wauquiez cherche peut-être tout simplement à prendre la posture inverse, à se positionner en homme fort et providentiel. Il n’en reste pas moins que le système semble à bout. Le mouvement Nuit Debout est un signal fort. D’aucuns diront à Jean-Louis Murat de s’occuper de ses chansons, mais il a déclaré dans une récente interview : « La politique ne m’intéresse pas. Sauf pour en dire du mal. C’est le fumier de la démocratie. Les générations futures, si elles veulent s’en sortir, devront inventer autre chose. Le suffrage universel, ça ne marche plus. » Le poète aurait-il toujours raison ?

Une innovation fun en Auvergne-Rhône-Alpes : la paire de raquettes luminescente

Le 15 avril 2016, par Rédaction AuvergneRhôneAlpes.info

On connaissait les randonnées de raquettes aux flambeaux se pratiquant en France et surtout au Canada, idéales pour les amateurs de nature souhaitant se régaler devant une fondue ou devant un lever de soleil dans un décor de neige . Pour ce faire, une paire de raquette, une lampe frontale ou une lampe de poche suffisaient. Mais, chers amis du futur, nous en voulons toujours plus en terme d’innovation. Voici donc la Lumio Light, une raquette photo-luminescente pour les randonnées nocturnes fabriquée par la société JMM à Thonon-les-Bains.

6 000 paires par an

Nous sommes déjà très fiers que le prototype ait été présenté au salon international du sport à Munich qui s’est déroulé du 5 au 8 février 2015. L’ISPO Munich est le salon leader international des articles de sport et de la mode sportive. En 2014, plus de 80.000 visiteurs professionnels en provenance de plus de 100 pays s’y sont rendus afin de découvrir la large gamme de produits présentée par environ 2 500 exposants, venus respectivement de 51 pays. Or la Lumio Light, puisque c’est son nom, a déjà séduit nombre de clients potentiels. L’objectif était de vendre 3 000 exemplaires d’ici fin 2016. Et à terme, ce nouveau modèle devrait représenter 10 % du chiffre d’affaires du groupe thononais. Le groupe JMM a l’ambition de produire 6 000 paires de Lumio Light par an à l’horizon 2019.

Comment ça marche ?

Cette raquette photo-luminescente agit comme une batterie. Elle se recharge par exposition à la lumière solaire, électrique ou ultraviolet en un temps maximum de 10 minutes. Une fois chargée, la Lumio Light restitue dans l’obscurité l’énergie accumulée. Ces raquettes ont une longue durée de vie, grâce aux pigments cristallins extraits de « terres rares ». L’atout est la sécurité éprouvée dans la nuit noire. Entre les essais, la mise au point, les tests (notamment sur neige par trois skieurs), le marketing…, l’investissement atteint les 15 000 euros.

Le Haut-Savoyard JMM fabrique les raquettes à neige de l’Otan

JMM a fourni depuis 2013 déjà 5 000 paires aux armées de l’Otan et équipe les armées polonaises, espagnoles et norvégiennes. Le Groupe JMM, situé en Haute-Savoie, conçoit également depuis 1990 des raquettes à neige en plastique, commercialisées sous la marque Morpho. Elles ont la particularité de s’adapter à tous les types de chaussures.

Morpho affiche un chiffre d’affaire de 500 000 euros, vend 12 000 paires chaque année et exporte 98% de sa production dans 35 pays, principalement en Finlande, aux États-Unis, en Suisse et en Italie. Les raquettes sont conçues à Thonon-les-Bains et produites dans l’usine Gepstar à la Monnerie-le-Montel, à côté de Thiers.

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Exposition Autoportraits, de Rembrandt au selfie

Autoportraits, de Rembrandt au selfie est la première exposition réalisée dans le cadre d’un partenariat entre la Staatliche Kunsthalle de Karlsruhe, les National Galleries of Scotland à Edimbourg et le musée des Beaux-Arts de Lyon.

L’exposition évoque les différentes approches de l’autoportrait du XVIe au XXIe siècle à partir d’une sélection d’œuvres en provenance de trois grands musées européens.

Véritable genre artistique, l’autoportrait apporte, au-delà des questions de style propres à chaque époque, de nombreuses informations sur la personnalité de son auteur, ainsi que sur son environnement historique et social. À une époque où la pratique du selfie est devenue un véritable phénomène de société caractéristique de l’ère du digital, questionner la tradition et les usages de l’autoportrait semble plus que jamais d’actualité.

L’exposition rassemble plus de 130 œuvres : peintures, dessins, estampes, photographies, sculptures et vidéos et s’articule en sept sections thématiques, interrogeant les grandes typologies de l’autoportrait et leurs évolutions au fil du temps :

– le regard de l’artiste,
– l’artiste en homme du monde,
– l’artiste au travail,
– l’artiste et ses proches,
– l’artiste mis en scène,
– l’artiste dans son temps
– et le corps de l’artiste.

Source : musée des Beaux-Arts de Lyon.

Exposition du 25 mars au 26 juin 2016

Printemps de Pérouges : 20ème édition!

L’équipe du Printemps de Pérouges était en effervescence le 21 mars pour ouvrir le Printemps avec une ambassadrice de choix, ZAZ, qui a présenté son nouveau spectacle autour de l’album Paris.

Tout au long du festival, ce sera un défilé de têtes d’affiches, de valeurs sûres, de découvertes, de sites singuliers qui se dérouleront jusqu’au 5 juillet, jusqu’à cette date anniversaire du 20ème Printemps de Pérouges avec la venue historique sur la Plaine de L’Ain de Johnny Hallyday.

De grands artistes se sont déjà succédé cette année sur les différentes scènes du festival : Hubert-Félix Thiéfaine le 30 mars, Jean-Marie Bigard le 31 mars, Christophe Willem le 1er avril, Moutain Men le même jour et Vianney & Boulevard des Airs le 2 avril.

de Vivaldi à Johnny Hallyday

Jusqu’au au 5 juillet, la bande-son sera encore très hétéroclite : de la Chanson française en vogue (L.E.J) au meilleur du Soul & Gospel (Craig Adams), de l’Opéra flamboyant (Bel Canto au Caro, Viva l’Opéra !) aux reprises des standards hard Rock (Steve’n’Seagulls), du Blues (Greg Zlap) à la Culture Gitane (Chico & the Gypsies), des Rythmes Salsa (Yuri Buenaventura) et aux imitations vocales tous azimuts (Didier Gustin), des valeurs sûres (Les Innocents, Diane Tell) aux nouvelles prodiges du Monde Classique (Camille et Julie Berthollet), de Antonio Vivaldi à Johnny Hallyday.

Marie Rigaud, directrice du festival s’est confiée : « En 1996, alors que je dégustais ma première Tarte au Sucre, à l’hostellerie de Pérouges, je n’aurai jamais imaginé écrire un 20e édito, en 2016. Plus fou encore, alors que j’organisais mon premier concert classique en juin 96, dans l’Église-Forteresse de Pérouges, je n’aurai jamais osé rêver à Johnny Hallyday, en tête d’affiche de ce super anniversaire. En 1996, alors que je me lançais dans cette aventure du Printemps de Pérouges, je n’avais que 23 ans et écouté essentiellement de l’Opéra, Mozart et Handel. »

Une saison exceptionnelle et immanquable donc, qui attend plus de 25 000 spectateurs, de Pérouges à Lyon, et sur toute la Plaine de l’Ain.

Tout le programme sur : www.festival-perouges.org

Le point sur la bourse au mérite qui vient d’être rétablie en Auvergne-Rhône-Alpes

Le 11 avril 2016, par Rédaction AuvergneRhôneAlpes.info

Lui-même titulaire d’un baccalauréat mention « Bien », Laurent Wauquiez n’aurait pas eu droit à la bourse qu’il a décidé de rétablir en faveur des élèves les plus méritants. En effet, celle-ci est destinée à tous les nouveaux bacheliers de la région obtenant la mention « Très Bien », sans condition de ressources.

Sous Charlemagne déjà, l’enseignement était en principe gratuit. Mais c’est au cours du XIXe siècle que l’on observe une évolution progressive vers la réelle gratuité. Auparavant, il revenait aux conseils municipaux de fixer le montant de la rétribution scolaire payée par les famille et de dresser la liste des familles qui en étaient exemptées. Les lois Jules Ferry votées en 1881-1882, instaurent l’école gratuite, l’instruction obligatoire et l’enseignement public laïque. Le secondaire restera toutefois payant jusqu’en 1933. Mais jamais il n’a été question de bourses au mérite pour les élèves. Seul le professorat secondaire et supérieur était presque gratuit grâce à ce type de bourses dans les années 1890.

C’est uniquement en 2009 qu’une bourse au mérite est mise en place pour les lycéens obtenant le bac avec la mention « très Bien ». Seulement 4 ans plus tard, et un changement de majorité survenu entre-temps, décision est prise par le ministère de l’Enseignement Supérieur de supprimer cette mesure. La mise en application a été effective à la rentrée 2014. Et ce malgré le tollé général du côté des étudiants et de la part de nombreuses associations. Le Gouvernement a avancé l’augmentation du nombre de mentions pour justifier cette suppression et expliqué vouloir privilégier les boursiers sur des critères sociaux. Face à la protestation, le Gouvernement a finalement reculé et rétabli cette bourse en 2015… mais divisée de moitié.

Le mérite, une valeur qui divise

Existerait-il un certain malaise entre la gauche et la valeur « mérite » ? Il semble bien que oui. Le mérite serait en définitive une « repoussante » idée de droite. Mais les choses ne sont pas si simples car la droite traditionaliste semble elle-même divisée sur le sujet. Le premier courant, qui privilégie l’excellence, assimile l’égalité des chances à la reconnaissance du mérite. Le président Pompidou, passé des classes d’un village du fin fond du Cantal à Normale Sup est un exemple typique de promotion sociale par l’instruction publique. Le second courant, technocratique, entend assurer la promotion scolaire du peuple à travers l’enseignement technique.

La nouvelle mesure prise par la Région va concerner tous les lycéens inscrits en formation initiale dans un établissement d’enseignement secondaire d’Auvergne Rhône-Alpes (centre de formation des apprentis, lycée public, ou privé sous contrat d’association avec l’État), dépendant du Ministère de l’Éducation Nationale ou du Ministère de l’Agriculture. Cette bourse au mérite régionale de 500 euros viendra se rajouter à la bourse nationale. Laurent Wauquiez, président du Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes, a déclaré que « face à une décision profondément injuste de la Ministre de l’Éducation nationale, il était très important de valoriser et récompenser les efforts accomplis par nos jeunes lycéens et de les accompagner dans les meilleures conditions dans leur parcours d’étude. » Cette mesure pourrait concerner jusqu’à 6 000 lycéens, ce qui représente donc une enveloppe globale de 3 millions d’euros.

Louis-Ferdinand Céline, le film : l’avis du biographe François Gibault

Le 08 avril 2016, par Marie Cartigny

Louis-Ferdinand Céline, sous-titré « Deux clowns pour une catastrophe » est un drame français réalisé par Emmanuel Bourdieu, sorti en mars 2016. Comme souvent, lorsqu’il s’agit de cet écrivain, les réactions sont à la fois passionnées et conflictuelles. Nous avons pu recueillir l’avis de François Gibault, biographe et exécuteur testamentaire de Céline.

Marie de Luze : François Gibault, merci d’accorder cette interview à PressNut.com. Quel regard portez-vous sur le film ?

François Gibault : pour résumer, je pense que dans ce film Céline n’est pas Céline et que Lucette est encore moins Lucette. Le plus réussi des trois c’est l’américain Milton Hindus, assez bien, assez juste. Céline est vociférant sans arrêt, il éclate de rire, il n’arrête pas de gesticuler, ce n’est pas du tout comme ça qu’était le personnage.

Marie de Luze : oui, pourtant, nous avons des images d’archives de Louis-Ferdinand Céline qui donnent une toute autre vision.

François Gibault : en effet. Il n’y a qu’à voir les prises de vues à Meudon des dernières années de l’écrivain. Il parle lentement. Dans le film, ce n’est pas le rire de Céline non plus. Le rire de Céline, c’était un rire entre les dents, un espèce de rire méchant, un rire à la Voltaire si vous voulez. Mais jamais Céline n’était en train de pousser des hurlements ou de gesticuler. On en a fait un espèce de fou vociférant alors que Céline était bien plus fin et bien plus fort.

Marie de Luze : que pensez-vous du jeu de Denis Lavant qui interprète Louis-Ferdinand Céline ?

François Gibault : je regrette car c’est un acteur excellent. Je le connais. Il ressemble à Céline en plus. Mais il a été mal dirigé. Ça, c’est évident. C’est une caricature de Céline.

« Je n’ai pas voulu montrer le film à la veuve de Céline »

Marie de Luze : qu’en est-il du personnage de la femme de Céline, Lucette Destouches ?

François Gibault : oh, et bien, dans le film, elle ressemble à Simone de Beauvoir. Elle n’a jamais été coiffée en noir comme ça avec un turban. Elle est habillée comme une ex-bonne-soeur. C’est un personnage froid. Pas du tout Lucette telle que nous avons pu la voir sur les photos prises à Korsør lors de l’exil au Danemark. Elle était habillée très librement avec des robes souples et elle ne se coiffait pas, là-bas, elle est toujours restée ébouriffée. Et si elle se coiffait, c’était pour mettre un chignon, pas un turban. Le personnage de Lucette est à contre-emploi.

Marie de Luze : en dehors de ces incohérences au niveau de certains personnages, que pensez-vous plus globalement du film ?

François Gibault : le film n’est pas mauvais. Les dialogues sont fort intéressants et les prises de vues très belles. Le décor est juste. Mais les deux personnages principaux sont ratés.

Marie de Luze : historiquement, la confrontation entre Céline et Milton Hindus est-elle exacte ?

François Gibault : c’est vrai que Hindus a aidé Céline qui lui avait demandé de venir lui rendre visite au Danemark. Au début, il avait une espèce d’enthousiasme pour ce jeune professeur. Mais Hindus n’avait pas vécu la guerre. C’est un choc entre deux personnalités, l’une qui a énormément vécu, connu beaucoup de choses et un jeune américain qui était en dehors de la guerre et qui arrive avec toutes ses illusions. De ce point de vue, le film est assez vrai. Je pense que c’est comme ça que ça s’est passé.

Marie de Luze : avez-vous montré le film à Lucette Destouches ?

François Gibault : non, non, je n’ai pas voulu bien sûr. J’ai un DVD chez moi, mais je n’ai pas voulu lui montrer. Ça la rendrait hors d’elle.

Marie de Luze : quelles nouvelles pouvez-vous nous donner de Lucette Destouches ?

François Gibault : elle est dans une forme assez bonne pour son âge. Elle a toute sa mémoire, toute son intelligence. Elle a gardé le sens de l’humour et à près de 104 ans, c’est exceptionnel !

A propos de François Gibault

François Gibault est l’auteur d’une biographie en trois volumes de Louis-Ferdinand Céline parue aux éditions Mercure de France. Sans doute la biographie la plus complète sur cet écrivain. François Gibault est également l’exécuteur testamentaire de Louis-Ferdinand Céline et l’avocat de sa femme, Lucette Destouches.

Où voir « Louis-Ferdinand Céline » (deux clowns pour une catastrophe) dans notre région ?

En région Auvergne Rhône-Alpes, le film est assez mal distribué. Il peut être visionné à Lyon au cinéma Opéra dans le 1er arrondissement. A Clermont-Ferrand, la prochaine séance est prévue le 11 avril au cinéma Le Rio, 178, rue Sous-les-Vignes.

La bande annonce du film :

Louis-Ferdinand Céline dans la vraie vie :