Le FASST met le turbo pour les places en crèche en Rhône-Alpes

Le 09 mars 2017, par Eric Loszycer

Enfin une solution rapide pour la garde d’enfants des travailleurs intérimaires. Le Fonds d’Action Sociale du travail temporaire (FASST) a signé une convention de partenariat avec 6 réseaux de crèches d’entreprise présents en Rhône-Alpes. En tout, cela fait 65 crèches pour la Région. Les explications d’Henriette Manoukian, chargée de mission d’action territoriale pour le FASST.

AuvergneRhôneAlpes.info : Quel a été l’élément déclencheur de cette initiative ?

Henriette Manoukian : Le Fonds d’Action Sociale du travail temporaire est une structure qui accompagne les intérimaires dans leur accès à l’emploi. Nous intervenons pour trouver une solution aux freins qui empêchent ces personnes d’obtenir un travail. La demande des intérimaires aujourd’hui porte majoritairement sur le crédit, le logement et la garde d’enfants. Nous avons donc développé des solutions en lien avec ces problématiques. Pour cette dernière, il y a naturellement la crèche mais nous proposons aussi de la garde à domicile qui offre une plus grande souplesse et que l’on peut activer du jour au lendemain.

AuvergneRhôneAlpes.info : Quelqu’un qui obtient un travail dans une agence d’intérim et qui vous contacte se voit-il automatiquement proposer une place en crèche ?

Henriette Manoukian : En premier lieu, nous travaillons aussi bien avec les enseignes, les agences, les grands groupes que les PME. Le FAAST peut être contacté par le numéro vert ou via son site internet. Maintenant, les intérimaires ayant trouvé une mission peuvent également faire une demande. Nous donnons ensuite une réponse sous 48h maximum car l’essence même de l’intérim c’est la réactivité. Malheureusement, nous ne couvrons pas encore tout le territoire de la Région Auvergne Rhône-Alpes. Sur le département de l’Ain par exemple, nous n’avons pas de places de crèche à proposer car il y a peu d’intérimaires. À nous de développer des partenariats pour avoir un maillage plus fort.

AuvergneRhôneAlpes.info : Comment est structuré le FAAST ?

Henriette Manoukian : Le fonds d’action sociale du travail temporaire est un organisme paritaire composé de syndicats, de représentants des salariés et des agences. Nous sommes rémunérés uniquement par les agences d’intérim qui nous versent une cotisation chaque années selon leur masse salariale. Nous ne sommes pas un service public du travail comme le Pôle-Emploi. Nous mettons en place un bouquet de services à destination des intérimaires.

AuvergneRhôneAlpes.info : Les intérimaires connaissent-il plus de difficultés pour faire garder leurs enfants ?

Henriette Manoukian : C’est une catégorie de travailleurs qui connaît davantage la précarité. Je pense aux mères isolées, aux parents trimballés d’un endroit à un autre en raison des missions. Notre action permet une démocratisation des solutions sociales. Ce ne sont plus seulement les personnes qui gagnent bien leur vie qui peuvent se payer une nounou pour aller travailler. Les petits revenus en nous appelant peuvent aussi bénéficier d’une garde pour leurs enfants.

AuvergneRhôneAlpes.info : Vous revendiquez le fait d’apporter des aides pour sécuriser la vie professionnelle des salariés intérimaires. Concrètement, ça se passe comment ?

Henriette Manoukian : Pour la crèche, les intérimaires payent en fonction de leur quotient familial. Ça va de quelques centimes à 2,90 euros de l’heure. Ce faible coût sécurise la garde d’enfants. Nous intervenons aussi sur des solutions logements. À partir de 600 heures de mission, nous nous portons garant de l’intérimaire sur des logements du secteur privé. Nous apportons le loyer de l’intérimaire et ensuite l’intérimaire nous rembourse. Si jamais il y a des carences de paiement, le propriétaire va continuer à percevoir son loyer.

AuvergneRhôneAlpes.info : Sur quelles autres actions travaille le FASST en ce moment ?

Henriette Manoukian : Développer la mobilité des intérimaires. L’année dernière nous avons travaillé sur un accompagnement au permis de conduire. Pour les intérimaires qui n’ont pas le permis nous proposons un coaching et un cofinancement.

Propos recueillis par Éric Loszycer

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