Ambert : le « Concours de Machines » met à l’honneur le vélo artisanal français

Le 15 juin 2016, par Rédaction AuvergneRhôneAlpes.info

Les Cycles Victoire, en association avec le magazine « 200 – le vélo autrement », relancent dans le cadre de la cyclosportive « Les Copains », le Concours de Machines. Cet événement, richesse du patrimoine cycliste français, réunira une vingtaine de constructeurs français de cycles artisanaux pendant trois jours, les 1, 2 et 3 juillet 2016 à Ambert, en Auvergne, afin de faire rayonner un savoir-faire encore trop méconnu.

Une compétition historique

Organisée de 1934 à 1949, cette compétition a permis aux artisans-constructeurs Français de faire progresser techniquement les bicyclettes, et de s’imposer comme les références mondiales. Durant la seconde moitié du XXe siècle, l’industrie du cycle a considérablement évolué. De nombreuses marques hexagonales ont délocalisé leur production tandis que d’autres ont tout simplement disparu. La construction de vélos artisanaux s’est peu à peu estompée avec l’arrivée de nouveaux matériaux comme le carbone, et le savoir-faire a disparu.

L’engouement pour le vélo artisanal

Si le vélo artisanal s’est beaucoup développé aux États-Unis ou en Grande-Bretagne au début des années 2000, le mouvement a mis plus de temps à atteindre le pays du Tour. Depuis trois ans environ, nous observons un regain d’intérêt notoire pour le vélo artisanal en France. De jeunes constructeurs se sont lancés, ce qui a eu pour effet de dynamiser ce secteur d’activité, en l’adaptant aux contraintes du cyclisme moderne.

Le déroulement du Concours de Machines

Pas moins de 20 constructeurs français seront au rendez-vous avec un vélo (la machine) spécialement conçu pour l’occasion. Chaque marque sera représentée par son « champion » qui mettra sa machine à l’épreuve du terrain sur pas moins de 363 km répartis sur les trois jours. Un jury international, composé de professionnels, historiens et techniciens du cycle, jugera chacune des créations selon différents critères: le degré d’innovation, la qualité technique, la fiabilité ou encore la proportion de pièces « maisons », françaises ou européennes.

Le public au cœur de l’évènement

L’objectif de la compétition est de faire connaitre la fabrication artisanale de cycles et de montrer au grand public qu’il existe des alternatives aux grandes séries. Les machines seront exposées après les épreuves du samedi et du dimanche sur le village de la cyclosportive « Les Copains ». Le public pourra donc observer le travail réalisé par les constructeurs et échanger avec eux. Il prendra également part aux votes et un Prix du Public sera remis.

Dans les toilettes du Chantilly

Le 09 juin 2016, par Christophe Siébert

L’église est proche, mais la route est verglacée. Le bar est loin, mais je marcherai avec prudence. (Proverbe russe)

J’avais prévu de vous parler encore une fois de la Révolution. Mais nous sommes mardi, c’est-à-dire dans la nuit de mardi à mercredi, et il est une heure quarante. Après avoir terminé cette chronique que je dois rendre d’urgence pour qu’elle soit publiée jeudi, j’ai encore une nouvelle à écrire. Dans celle-ci, il devait être question d’un chauffeur de car suicidaire, finalement ce sera l’histoire d’un chauffeur de car dont le frère vient de se pendre, et qui songe à ça en se posant tout un tas de questions. Elle me tourne dans la tête comme une mouche dingue depuis ce matin, cette nouvelle, et je n’ai qu’une envie, c’est la laisser prendre l’air. De plus, je sors d’un week-end épuisant, si vous voulez tout savoir. J’étais à un salon du livre. Pour la première fois de ma vie j’ai bu assez de Kronenbourg pour avoir la gueule de bois.

Alors en ce moment, tandis que passe à bas volume le concerto numéro 1, opus 19, de Prokofiev, la Révolution, que je sois pour, que je sois contre, que ça ait seulement un sens de se prononcer pour ou contre une chose pareille, je m’en fiche complètement – ce soir, je ne veux pas vous parler des humains qui se battent et espèrent un monde meilleur, qui sont prêt à renverser l’ancien et ont peut-être les yeux et le ventre en feu, ce soir, j’ai envie de vous parler d’une autre catégorie d’humanité : celle qui ne se bat plus, qui ne s’est peut-être jamais battue, ou alors autrefois, ceux qui ont perdu en tout cas, qui savent que le monde n’est ni meilleur ni pire, que c’est juste le monde et que dedans, quoiqu’il devienne, ils seront, eux, toujours à la même place, celle des losers, des tocards, des laissés-pour-compte. Ils sont les poivrots, les crétins, ceux qu’on regarde de travers quand ils se mettent à gueuler, celles qu’on trouve ridicules quand elles veulent danser, ceux et celles qui sont indésirable dans ce monde-ci et dans n’importe quel autre, qui ont de sales dents, de gros culs, qui sont trop maigres, qui ont des idées trop débiles, tous ceux que les médocs ont un peu trop amochés, tous ceux que la cuite, le chômage ou le chagrin d’amour ont ravagés, tous ceux dont l’existence ressemble à une cave après la crue de la Seine, avec des meubles pétés qui flottent dans l’eau sale et se cognent au hasard.

Le seul endroit où ces gens-là peuvent aller, pour se bourrer tranquillement la gueule, s’endormir sur le comptoir, dire des âneries, raconter leur vie, ne pas être ridicules vu qu’ici tout le monde l’est, ne pas se donner en spectacle puisqu’il n’y a pas de spectateur, c’est dans mon bar préféré, c’est au Chantilly.

Les toilettes des bars sont des petits mondes clos

Dans celles du Chantilly, il y a un graffiti. Chaque fois que je m’y rends, je me perds dans sa contemplation. Hâtivement dessiné au stylo à bille bleu, il représente un trio en train de faire l’amour. Un homme de profil est installé sur les WC. Une jeune femme est assise sur lui, de profil également, de dos par rapport à lui, son visage tourné vers nous. On suppose que l’homme assis la pénètre. Un deuxième homme leur fait face, il a les mains posées sur les cheveux de la femme et pousse son bassin en avant pour tendre vers elle son sexe en érection, qu’elle tient à pleine main et approche de sa bouche. Elle sourit.

C’est fascinant de se dire que dans cet endroit au sol de ciment nu, où la serpillière marron engluée dans un seau perpétuellement à sec donne des maladies de peau rien qu’à la regarder, il s’est trouvé quelqu’un qui, armé d’un Bic, a passé peut-être une demi-heure à dessiner ce truc. Il s’est appliqué. Le dessin n’est pas très beau mais il a une âme. Il est le produit d’un être humain qui y a mis du cœur. Je n’exagère pas. Et il en faut, pour penser au cul dans un endroit pareil.

Une demi-heure. Et pendant ce temps, les autres clients, le patron ? Sont-ils venus tambouriner à la porte, demander au type ce qu’il fichait ? Non, on l’a laissé tranquille. Est-ce que quelqu’un est venu lui reprocher ce dessin ? Non plus. Et personne ne l’a nettoyé, personne n’a dessiné par-dessus, ni pour l’améliorer ni pour s’en moquer. Tout le monde l’a laissé vivre, ce malheureux crobard, et ça c’est quelque chose qui n’arrive pas tous les jours.

Chaque fois que je vais pisser au Chantilly, et que mes yeux se posent sur ce dessin, c’est à ça que je pense. À la paix royale qu’ont ici, dans ce petit royaume loufoque et sordide, tous les bancals de la ville.

Alors, après avoir donné un ou deux coups d’épaule pour ouvrir la porte gonflée d’humidité et m’extraire des latrines, peut-être pas les plus dégueulasses que j’ai vues dans ma carrière de picoleur de bistrot mais les plus à l’abandon, pour sûr, les plus livrées à elles-mêmes, je reviens à mon tabouret, je recommande un demi, je savoure la joie d’être avec mes semblables.

Une chronique de la rédaction d’AuvergneRhôneAlpes.info – Christophe Siébert

Photo : capture d’écran – Trainspotting – Danny Boyle (1996)

Exposition « PÈRE CASTOR, raconte-nous ton histoire » au Musée de l’Illustration Jeunesse à Moulins

Le 07 juin 2016, par Marie Cartigny

Père Castor raconte ses histoires depuis des générations : faites votre marché, Bourru l’ours, Michka, Le petit poisson d’or, Les bons amis, Poule Rousse, La vache orange… De nombreux titres du Père Castor Flammarion sont devenus des « classiques » et réveillent en nous de vibrants souvenirs. Quelques-uns connaissent même leur 8e génération de lecteurs ! Par cette exposition, cofinancée par l’Union européenne dans le cadre du fonds LEADER, le musée de l’illustration jeunesse rend hommage au Père Castor du 13 juillet 2016 au 4 janvier 2017.

Ce sont près de 2 000 titres aujourd’hui distribués en librairie.
 Ces ouvrages illustrés, créés au sein des éditions Flammarion dès le début des années 1930, servent un projet étonnamment novateur, à la fois pédagogique et esthétique.
 C’est celui de Paul Faucher, né en 1898 dans la Nièvre, fervent défenseur de la Nouvelle Éducation, un courant de pensée qui, au début du 20e siècle, prône une attitude nouvelle vis-à-vis de l’enfant.
 Il entend alors mettre un terme à l’album de luxe pour enfants, véhiculant des principes moralisateurs, et souhaite proposer aux jeunes lecteurs des images de qualité, réalisées par des artistes.

Répondant aux préceptes pédagogiques de l’époque, ces albums accordent une grande importance à tout ce qui peut développer les aptitudes de l’enfant. Ils sont conçus pour susciter une activité, stimuler, favoriser l’autonomie et permettre au jeune lecteur de construire sa personnalité et ses savoirs.Ainsi les 8 titres de sa collection emblématique « Le Roman des bêtes », albums 
écrits par Lida, épouse de Paul Faucher, et illustrés par les lithographies de Fédor
 Rojankovsky, restituent la nature dans toute sa vérité. Il en est de même pour la
 collection « Les Enfants de la Terre », qui permet de montrer les enfants dans différents pays du monde : Apoutsiak le petit flocon de neige est né du manuscrit de Paul-Emile Victor, grand connaisseur du monde esquimau et Mangazou le Pygmée, issu des récits de Raoul Hartweg, anthropologue au Musée de l’Homme.

Une aventure esthétiquement très riche

Nathalie Parain, Hélène Guertik, Ivan Bilibine, Rojan (Rojankovski), Samivel, Albertine Deletaille, Gerda Muller, André Pec, Pierre Belvès, Lucile Butel, Kersti Chaplet, May Angeli… Autant de noms associés à cette magnifique aventure éditoriale autant que pédagogique. Le Père Castor donne une large place à la création grâce à des auteurs et des illustrateurs qui donnent naissance à des histoires inscrites dans un environnement contemporain.

Chaque année, ce sont 150 à 200 nouveautés qui paraissent, équilibrées entre albums et romans. Depuis 2010, Père Castor et Castor poche regroupent les albums ‘moins de 11 ans’ et Flammarion jeunesse celles destinées aux 11-18 ans. François Faucher succède à son père à la tête des éditions du Père Castor Flammarion de 1967 à 1996 et, peu de temps après son départ à la retraite, se soucie d’un lieu pour préserver ses archives et celles de son père.
 C’est à Meuzac (Haute-Vienne), près de la maison familiale des Faucher à Forgeneuve, que le projet de Médiathèque voit le jour en 2006.Ses archives, et notamment son fonds d’œuvres graphiques originales (près de 2 000 œuvres conservées) constituent un patrimoine remarquable.

Un parcours conçu pour les enfants au MIJ

Le musée de l’illustration jeunesse est très heureux de pouvoir, à l’occasion de cette exposition, présenter une sélection d’œuvres uniques, qui proviennent de ces archives.
En choisissant de faire la part belle aux collections du Père Castor Flammarion autant qu’à certains titres phares, le parcours thématique scénographié nous entraîne de salle en salle : Enfants d’ici et d’ailleurs, les animaux, les jeux, les petits faits de l’enfance, les contes et belles histoires. Les histoires du Père Castor sont nos histoires. Une occasion unique de faire revivre nos émotions d’enfant et de nous laisser entraîner dans la ronde d’un univers délicat.

Deuxième salon littéraire des Voix Mortes, 3 et 4 juin à Clermont-Ferrand

Le 01 juin 2016, par Christophe Siébert

« Nos textes s’adressent à Simone, à Josiane, à Albert, à Jean-Louis, nos textes ne sont pas des bouteilles lancées à la mer, ne sont pas des antidépresseurs, ne sont pas des distractions, nos textes sont des textes et s’adressent aux lecteurs. » (Extrait de la note d’intention des Voix Mortes)

Vous en avez marre de voir toujours les mêmes têtes, de lire toujours les mêmes noms, quand vous traînez dans les rayonnages de la FNAC ou dans ceux des librairies ? Vous en avez marre que la médiathèque ne soutienne que les auteurs déjà défendus par LireTéléramaLesInrocksLibérationLeMondeLeMatriculeDesAnges ? Vous avez l’impression de manger toujours la même soupe réchauffée à l’infini ? Nous aussi.

C’est pour ça qu’à Clermont-Ferrand est organisé pour la deuxième fois le salon des Voix Mortes, et toujours en parfaite indépendance, sans l’aide d’aucune instance culturelle, avec en tête la belle phrase de Pialat : « Si vous ne m’aimez pas, sachez que je ne vous aime pas non plus. »

toute une ribambelle de romanciers et de poètes

Il y aura donc des maisons d’édition dont vous n’avez peut-être jamais entendu parler mais au catalogue magnifique. Al Dante – poésie d’avant-garde et critique sociale depuis une vingtaine d’années, qui publie aussi bien Jean-Marc Rouillan que Véronique Bergen. Trash – romans populaires gores. Lunatique – littérature contemporaine avec une attention particulière apportée à l’écriture. Caméras Animales – livres expérimentaux, collectifs parfois, mouvement Mutantiste. La Belle Époque – livres d’artistes et petits formats, aussi bien Jean-Louis Costes que Jacques Cauda.

Et aussi toute une ribambelle de romanciers et de poètes. Marlène Tissot. Boris Crack. Mathias Richard. Sylvain Courtoux. Charles Pennequin. Baptiste Brunello. Luna Baruta. Henri Clerc. Astrid Toulon. Etc. La place manque pour tout citer.

Pour finir, voici ce qu’il n’y aura pas, histoire qu’on se comprenne bien : il n’y aura pas Philippe Djian. Pas Alexandre Jardin. Pas Catherine Pancol. Pas de Grozéditeur. Pas de stand Cultura. Pas non plus, surtout pas, de gros logos dégueulasses indiquant des sponsors. Les Voix Mortes n’en ont pas besoin. Tout ce qui est nécessaire, ce sont des auteurs vivants, des éditeurs vivants, des lecteurs vivants ; et ils existent.

Les Voix Mortes, Vendredi 3 juin et samedi 4 juin à partir de 18h, programme complet et informations diverses ici.

Communiqué de Presse / Les Voix Mortes

Crédit photo : Paola Parés / Salon les Voix Mortes 2015

Révolution ?

Le 30 mai 2016, par Christophe Siébert

« Le terrorisme gauchiste et le terrorisme étatique, quoique que leurs mobiles soient incomparables, sont les deux mâchoires du même piège à con. »
(Jean-Patrick Manchette, Nada)

Je ne suis pas révolutionnaire dans la mesure où, si se déclenche une Révolution, je resterai chez moi car la violence physique me fait peur et que ce monde-là ne me déplaît pas suffisamment, et qu’un autre monde possible ne m’attire pas suffisamment, pour risquer de prendre des coups, risquer d’en donner, risquer de mourir, risquer de tuer. Autrement dit je suis un modéré, un tiède, ou un lâche.

Ce qui ne m’empêche pas d’observer avec beaucoup d’intérêt les gens qui en ce moment se battent contre une loi qui me semble, pour ce que j’en ai lu, injuste (mais qui ne me concerne en rien, moi qui suis écrivain, pas salarié), et qui est surtout le prétexte, la goutte qui fait déborder le vase plein de merde et qu’il était temps de vider.

Je ne suis pas non plus anti-flic car je continue de croire que la police est là pour empêcher toutes sortes de salopards de me faire du mal – pourtant quand je vois un policier en tenue, le premier sentiment que j’éprouve c’est de la méfiance, et j’aimerais que ça change, c’est-à-dire que la police choisisse d’être non plus la valetaille du pouvoir mais la protection du peuple.

Ce long préambule était nécessaire, afin que le lecteur comprenne qui je suis avant que je donne mon opinion sur LA VIOLENCE DANS LES MANIFESTATIONS.

Spectacle de la répression

Je vois toutes sortes de vidéos supposées montrer les exactions de policiers violents ou abusant de leur pouvoir ; j’en vois d’autres supposées montrer les actes violents de casseurs.

J’en ai visionné deux, récemment, qui me semblent emblématiques. L’une montre un policier tirant un projectile en direction de la personne qui filme, tandis qu’un manifestant répète à plusieurs reprises, de façon très audible : « tir tendu, c’est interdit ! », comme s’il se trouvait sur un terrain de sport et qu’il signalait, à l’attention de l’arbitre, une faute qu’aurait commise un joueur de l’équipe adverse. C’est touchant, j’ai l’impression de voir mon fils qui, se faisant bousculer dans la cour alors que l’instituteur a le dos tourné, prend conscience que les règles sont un consensus et pas une loi naturelle.

L’autre vidéo est très connue, il s’agit de celle qui montre une voiture de police se faire aborder et incendier, tandis que le policier qui en sort fait preuve de sang-froid face à la personne qui cherche l’affrontement avec lui, puis s’éloigne sans précipitation et en recueillant au passage des marques de sympathie de la part de quelques manifestants. Et on me présente ces vidéos comme des illustrations de la VIOLENCE POLICIÈRE dans un cas, de la VIOLENCE DES CASSEURS dans un autre. C’est quand je vois ça que je me dis que la Révolution n’est pas près de se produire, pas encore.

Actuellement, compte tenu de leur équipement et de leur armement, la riposte policière est d’une modération extrême – elle est très exactement à la mesure de ce que pense le gouvernement de ce mouvement populaire : un spectacle de répression, pour répondre à un spectacle de révolte, une manière de faire baisser la fièvre, un défoulement sans conséquence sérieuse, le monde continuera de tourner, chacun restant à sa place. Ceux qui sont dans la rue retourneront à leurs postes de travail et dans leurs maisons, ceux qui sont au gouvernement y resteront, ceux qui possèdent les moyens de production demeureront les maîtres, ceux qui doivent travailler pour vivre seront un peu plus inconsolables, un peu plus fatigués.

À la minute même où le gouvernement décidera que la récréation est finie, elle sera terminée.

Attaquer un policier armé et protégé comme pour aller à la guerre avec une baguette en plastique souple ?! Mais enfin, redescendez sur Terre ! Si ce policier effectue des parades à l’aide de ses avant-bras, c’est uniquement pour faire plaisir au jeune homme énervé qu’il a en face de lui ! C’est par sympathie pure, pour ne pas le vexer, comme quand mon père faisait semblant d’avoir mal quand nous jouions à la bagarre !

Romantisme ou insurrection

Non, je ne vois nulle violence dans les actions de ceux qu’on appelle les Casseurs, et qui selon moi méritent autre mot : INSURGÉS. C’est en tout cas ainsi que Hugo les appelait en 1848.

Tout ce que je vois pour l’instant, c’est de l’excitation, du romantisme. Quand ils utiliseront des fusils d’assaut, quand ils foutront le feu aux voitures de police non pas par inadvertance mais pour en faire sortir les occupants afin de mieux les massacrer à la hache, quand ils attaqueront les commissariats pour en piller l’armurerie, quand il casseront non plus des vitrines de banques mais des crânes de banquiers là, oui, on pourra parler de violence et ce sera, à ce moment-là, la possibilité de la Révolution.

Je dois quand même signaler que quelques vidéos, montrant des manifestant roués de coups, montrant surtout – c’est nouveau, je n’avais jamais vu ça encore – des policiers passés à tabac, frappés à coups de pieds dans la tête jusqu’à perdre conscience alors qu’ils sont à terre, laissent penser à une escalade, à un point de rupture qui approche, à la possibilité que la violence réelle éclate.

Mais l’élément déclenchant de la Révolution ne sera pas la mort sporadique d’un ou plusieurs policiers, parce qu’ils sont aussi remplaçable que les autres travailleurs, et que le gouvernement n’accorde pas un prix immense à leur vie. Les auteurs de meurtres seront bien sûr individuellement punis, et sans doute très sévèrement, mais ça n’ira pas plus loin, pas tant que les policiers demeureront obéissant et se laisseront tuer de temps en temps sans proposer de réponse proportionnée, c’est-à-dire du hachis de manifestant à l’arme lourde pour chaque flic mort.

L’élément déclenchant de la Révolution sera le moment où les policiers feront feu sur la foule pour protéger leur vie. Mais, pour que ce moment-là arrive, il faut que la foule progresse encore beaucoup en désespoir, en colère, en peur et en certitude de n’avoir plus rien à perdre.

Chaâba, du bled au bidonville, le 23 mai dernier sur F3 Rhône-Alpes

Le 23 mai 2016, par Rédaction AuvergneRhôneAlpes.info

Dans le dialecte sétifien, le mot « chaâba » signifie « endroit perdu, trou, nulle part, no man’s land… ». Mais le chaâba a été le lieu de vie de 1949 à 1967 d’une trentaine de familles algériennes venues en France métropolitaine au sortir de la seconde guerre mondiale pour travailler, participer à la reconstruction du pays.

Ce documentaire diffusé le 23 mai dernier après Soir 3 retrace l’histoire de ces primo-arrivants, de leur implantation dans la cité villeurbannaise pour mieux connaitre de l’intérieur l’histoire de ce bidonville.

Retrouver la mémoire de ces femmes et de ces hommes…

Pourquoi et comment sont-ils venus ? Comment ont-ils vécu cette histoire ? Comment ont-ils été accueillis ? Quelles relations entretenaient-ils avec la France métropolitaine ? Comment ont-ils vécu la guerre d’Algérie et l’indépendance ? Que reste-t-il aujourd’hui du mythe du retour et que reste-t-il du chaâba ?

Retrouver la mémoire de ces femmes et de ces hommes depuis leurs origines jusqu’à leur devenir actuel est une démarche patrimoniale, mais plus encore. Ce documentaire plaira sans doute à ceux qui ont apprécié la lecture du livre autobiographique d’Azouz Begag, « Le Gone du Chaâba », édité par Éditions du Seuil, en 1986. Et pour ceux qui n’ont pas lu le livre, précipitez vous sur ce documentaire en replay, puis dans votre librairie favorite !

Crédit photo : Le Gone du Chaâba / Capture d’écran du film réalisé par Christophe Ruggia en 1997, adapté du livre d’Azouz Begag

 

Bruce tout puissant sur la scène auvergnate

Après un passage à Avignon puis à Lyon, Bruce Fauveau joue son spectacle « Bruce Tout-(im)puissant ! » à La Baie des Singes de Cournon-d’Auvergne ce 21 mai 2016. Rencontre avec un artiste qui mise tout sur la gestuelle pour capter son public.

PressNut : Bruce, tu t’es intéressé au théâtre bien avant de faire une école ?

Bruce Fauveau : Oui, à l’époque, je faisais plus du théâtre conventionnel et je m’apercevais que ce n’était pas tout à fait mon truc, notamment le registre dramatique. Il n’y a que plus tard que j’ai compris que ce qui m’intéresse c’est l’humour et plus spécifiquement le solo.

PressNut : Tu es rentré à l’école Jacques Lecoq. Quelle est sa particularité ?

Bruce Fauveau : On y apprend la gestuelle, ce n’est pas trop basé sur la technique. On y apprend à exprimer des choses avec autre chose que la parole.

PressNut : C’est pour ça que tu as choisi cette école ?

Bruce Fauveau : Oui, durant deux ans on ne travaille sur aucun texte. Il n’y a pas de metteur en scène. C’est le corps qui parle. On travaille avec des masques, ce sont des formes qui changent du théâtre classique. En plus, c’est une école internationale et comme j’ai eu une enfance loin de France, cela m’intéressait de retrouver cet aspect là et de pouvoir avoir des contacts un peu partout dans le monde.

PressNut : Tu savais que tu voulais t’orienter vers l’humour ?

Bruce Fauveau : J’avais déjà suivi des cours de one man show, d’écriture, d’interprétation et d’improvisation. Je me suis aperçu que c’était une piste pour moi. Même si je n’avais pas encore compris que c’est avec le corps que je veux bosser. C’est l’école Lecoq qui a permis de faire le lien entre tout ça.

Des débuts au Québec

PressNut : Quelles ont été tes débuts ?

Bruce Fauveau : Avec mon metteur en scène, rencontré à l’école, nous avons créé un premier spectacle en 2011 et décidé de le jouer au Québec. Les Québecois sont très ouverts à l’humour. Ça a bien fonctionné, je jouais dans un théâtre local et j’ai eu quelques passages télé. Et puis mon visa a expiré. Ce n’est pas simple d’émigrer là-bas en tant qu’artiste. Étant bilingue, j’ai pu jouer aussi mon spectacle au Canada anglophone et après en Angleterre.

PressNut : Tu es revenu en France depuis moins de deux ans donc ?

Bruce Fauveau : Oui, j’ai repris mon spectacle et je viens de démarrer en janvier 2015. J’ai passé quelque temps à Avignon et j’ai rencontré des Lyonnais qui m’ont fait venir à un festival. Dans la foulée j’ai joué à l’Espace Gerson. Un passage télé m’a permis d’obtenir une salle en Auvergne. Voilà, ça se passe pas mal. Je suis un peu le seul dans mon créneau.

PressNut : Est-ce que justement tu t’es inspiré d’anciens humoristes qui ont beaucoup basé leur travail sur le corporel ?

Bruce Fauveau : Michel Courtemanche était vraiment très fort dans ce domaine. Et Jim Carrey, avant de faire du cinéma est aussi une source d’inspiration. Gad Elmaleh dans ses premiers spectacles a été salué pour ses performances de mime. Ce sont des gens que j’admire, bien sûr.

PressNut : Quelle est la réception de ton public à ton spectacle ?

Bruce Fauveau : Ça marche plutôt bien. J’essaie d’offrir quelque chose de différent avec un peu de stand-up et puis j’incarne des objets, des animaux… A chaque début de sketch le public peut s’attendre à tout… Le spectacle en lui-même évolue au fur et à mesure, parfois au gré de l’actualité. Je reste aussi ouvert à tout ce qui peut se passer dans le public. Si un spectacle n’évolue pas, il se renferme un peu sur lui-même…

PressNut : Aujourd’hui tu vas jouer en Auvergne, quelle image as-tu du bougnat, de l’auvergnat moderne si tu devais le caricaturer gentiment ?

Bruce Fauveau : Écoutes, j’entends tellement de belles choses sur cet endroit que je vais  prendre un jour après le spectacle pour aller marcher dans la région. Quant à l’Auvergnat, pour moi, il restera avant tout celui de la chanson de Brassens. Je le sens chaleureux, prêt à découvrir quelque chose de nouveau et à rire…

Bruce Tout-(im)puissant ! par Bruce Fauveau
La Baie des Singes – 21 mai 2016 – 20h35
6 avenue de la République
63800 Cournon d’Auvergne

Exposition Antarctica au Musée des Confluences de Lyon

Bienvenue en Antarctique, dans la base Dumont d’Urville, en Terre Adélie, à plus de 10 jours de bateau de l’Australie ! Fin 2015, pendant près de 2 mois, l’expédition Antarctica est venue explorer ce site exceptionnel qui concentre une richesse de vie absolument unique, où la plupart des espèces vivant sur la banquise se réunissent et se reproduisent. Cette expédition est inédite à plusieurs titres : c’est la première fois qu’une équipe artistique d’une telle envergure s’engage dans une aventure aussi extrême. L’exposition est visible au Musée des Confluences jusqu’au 31 décembre 2016.

Le vestiaire

En pénétrant dans le vestiaire, première étape de l’exposition, à l’abri des rafales de vent que l’on entend dans la pièce, on découvre quelques-uns des équipements spécifiques utilisés par les membres de l’expédition, adaptés à la rudesse des éléments : Des parkas conçues pour résister au grand froid, patinées par le vent et les embruns. Des combinaisons sèches de plongée sur-mesure adaptées aux conditions extrêmes. Une partie du matériel de plongée, conçu spécifiquement pour les besoins de l’expédition. Des boîtiers photographiques résistant à la pression et au froid.

La plongée

Sautons à l’eau ! Deux écrans vidéo côte à côte, montrant respectivement les images d’un plongeur se préparant à l’immersion et les animaux de la banquise prêts à se précipiter dans une eau à -2°.

Lorsque 4 à 6 h de préparation sont nécessaires aux plongeurs avant de s’enfoncer dans des eaux dont la température est inférieure à zéro, les manchots empereurs, les manchots Adélie, les phoques de Weddell, et même les poussins empereur, dont on a la chance de voir le tout premier saut, font visiblement preuve de plus de facilité. Toutefois, chaque espèce déploie des trésors d’ingéniosité pour que son organisme résiste à ce « bain de mer » glacial. Ainsi, le phoque de Weddell libère tout l’air de ses poumons pour réduire les effets de la pression de l’eau, et le manchot, lorsqu’il plonge, crée des poches d’air sous ses plumes pour améliorer ses déplacements ; un peu pataud sur la glace, celui-ci se métamorphose soudain en un nageur agile.

Un peu plus loin, c’est au tour du visiteur de plonger à son tour dans l’océan. En pénétrant dans un espace sombre d’où émanent des sons subaquatiques, il découvre sur grand écran des images sous-marines montrant cette fois animaux et plongeurs sous l’eau.

Sous la banquise

Puis, ce sont trois box qui permettent à chacun de s’immerger, en passant la tête à travers les trous d’une paroi pour se retrouver, dans une série de petits films, au cœur d’un univers féérique, aux dimensions, aux reliefs et aux lumières déroutantes. Le visiteur découvre une faune et une flore sous-marine foisonnante : anémones et étoiles de mer, méduses, étranges poissons et crustacés se faufilent entre roches, coraux et algues géantes. Cet univers coloré n’est pas sans rappeler les récifs coralliens des mers chaudes. Certaines espèces sont d’une telle rareté qu’elles n’avaient jamais été observées dans leur milieu naturel. Peu coutumiers de la présence humaine et sans crainte, les animaux se laissent approcher, curieux, venant même mordiller les mollets de l’explorateur. Les plongeurs peuvent ainsi assister aux échanges tout en tendresse entre un phoque femelle et son juvénile.

Retour sur la banquise

Le visiteur émerge du monde sous-marin en franchissant un passage dans lequel il se familiarise à nouveau avec la lumière et les mouvements de la surface grâce à de multiples photographies et films saisissant sur le vif de véritables « scènes de vie » des sept espèces du continent austral. Mais ce n’est qu’un avant-goût de l’ultime expérience sensorielle qu’il s’apprête à vivre !

Dans une pièce entièrement pourvue d’écrans géants disposés à 360°, au son du vent et des cris des oiseaux, nous sommes véritablement au beau milieu de la banquise. Entouré des paysages somptueux des massifs se découpant dans le ciel, des étendues de glace à perte de vue, le visiteur est aux premières loges pour observer attentivement une colonie de manchots empereurs aux différentes étapes de leur vie, des poussins qui pour la première fois vont à l’eau, à leurs aînés, qui peuvent vivre jusqu’à 45 ans, en passant par ceux qui tergiversent longtemps avant de traverser une rivière de peur d’être attaqués par un léopard de mer.

N’oublions pas pour autant que cet écosystème est fragile. Ainsi, en 2014, à l’est de la Terre Adélie, des milliers de manchots Adélie ont péri car, en raison du dérèglement climatique, un iceberg a bloqué l’unique accès vers leur alimentation. Et rappelons que l’Antarctique, dans son immense superficie de 14 millions de km2, n’accueille en totalité que 45 colonies de manchots.

Si la forêt m’était « Comté »

Le 12 mai 2016, par Rédaction AuvergneRhôneAlpes.info

Partir sur les traces du hérisson, du renard ou de la grenouille, se trouver nez à nez au détour d’un chemin avec un blaireau ou un chevreuil et peut-être croiser le regard malicieux d’un écureuil… C’est l’aventure qui est proposée par le Conseil départemental à la forêt de la Comté ce samedi 14 mai 2016 de 14h30 à 16h30. Attention, la réservation est obligatoire.

Enfilez vos bottes et marchez aux côtés de Laurent Longchambon de l’association Panse-bêtes(1). Lors de cette balade, vous aurez la chance de découvrir la faune sauvage qui trouve refuge au cœur de la Comté. Que ce soit par l’observation des petites bêtes vivant dans les arbres, les flaques ou encore les sous-bois de la forêt, de nombreuses surprises vous attendent !

l’une des plus riches forêts d’Auvergne

Située à proximité de Vic-le-Comte, la forêt de la Comté est délimitée à l’ouest par la vallée de l’Allier et à l’est par les plateaux granitiques du Livradois. Elle s’étend sur une surface totale de 1500 ha et représente ainsi une vaste zone de refuge !

Le Département du Puy-de-Dôme a acquis plus du tiers de cette forêt, considérée comme l’une des plus riches d’Auvergne aussi bien par la diversité de sa faune que de sa flore. L’objectif est bien sûr de faire découvrir ce milieu, mais aussi de le préserver.

Cette sortie de 2 km s’inscrit dans le cadre du programme des balades naturalistes proposées sur les Espaces Naturels Sensibles, des lieux dédiés à l’observation et la compréhension de notre patrimoine naturel.

(1) Association de sauvegarde des mammifères sauvages

Sortie gratuite
Accessible à partir de 3 ans
Prévoir porte-bébé pour les plus jeunes (non accessible en poussette)

Réservation obligatoire
http://ens.puy-de-dome.fr  rubrique Agenda
Ou mardi, jeudi et vendredi de 14 h à 16 h
Tél : 04 73 42 22 60

Communiqué de presse

Crédit photo : Un chevreuil dans la Comté / C. Tournadre

L’homme qui murmure à l’oreille du cheval d’Auvergne

Le 11 mai 2016, par Rédaction AuvergneRhôneAlpes.info

Laurent Pradier est passionné de chevaux depuis toujours. Lorsqu’il fait l’acquisition du domaine de Moidas sur la commune d’Orbeil, près d’Issoire, une question se pose tout naturellement : comment entretenir les 200 hectares pentus et escarpés autour de la base de loisirs en plein air Crapa’Hutte qu’il gère conjointement avec son activité d’éleveur de chevaux depuis 20 maintenant ? La réponse est dans la question : il s’intéresse aux chevaux de pays et contacte trois éleveurs. Une association de sauvegarde et de relance est créée. Laurent Pradier devient, après un laborieux et trépidant travail de rassemblement des bêtes et de documentation sur celles-ci, le président de l’association nationale du cheval d’ Auvergne. Gros plan sur le sauvetage de cette espèce.

La quasi disparition du cheval d’Auvergne est intimement liée à l’histoire militaire de notre pays : l’armée au 19ème siècle est devenue une armée d’occupation, une armée coloniale avec l’Afrique du Nord. Ce dont l’armée avait besoin, ce n’était plus d’une cavalerie mais d’occuper un territoire en assurant la logistique. Or, la logistique se fait avec des mulets et non pas avec des chevaux : le mulet a donc remplacé le cheval. Les seuls à avoir gardé quelques étalons sont les haras nationaux qui avaient pour politique de faire ou du lourd ou du léger : « Par exemple dans la plaine du Forez, on s’est mis à faire du Trotter, on a allégé le cheval de pays. Dans le Massif Central, la tendance a été à l’alourdir. Au 20ème siècle , il y a eu la mécanisation de l’agriculture et le seul débouché pour les chevaux, c’était la viande. En 4 générations, nous sommes passés de ce petit cheval qui faisait 500 kg à un cheval qui faisait 800 kg à 1 tonne. », explique Laurent Pradier.

Tout le travail de l’éleveur et de son association a été de se battre, depuis 1996, pour préserver le « Bidet osseux » comme l’écrivait Alexandre Dumas dans ses Trois Mousquetaires. « Ce cheval a été sélectionné pendant des siècles pour être un cheval de travail. Contrairement aux chevaux de compétition, c’est un animal qui s’inscrit dans la durée. Il est petit et trapu, comme tous les chevaux dans les territoires d’altitude. Il est résistant, rustique, il se nourrit de peu et passe l’hiver en montagne avec son double poil, comme à l’état sauvage. Le cheval d’Auvergne est typiquement ce que l’on appelle un cheval de montagne : robe sombre, du crin, double poil, des sabots noirs parce que la corne noire est plus solide que la corne blanche, pas très grand, environ 1m50… »

Reconnaissance de la race du cheval d’Auvergne

Pour relancer la race, Laurent Pradier a commencé avec seulement 32 bêtes. C’était en 1996 et ces quelques têtes étaient tout ce qui restait du cheval d’Auvergne. L’avantage, qui fut aussi un inconvénient, a été que le berceau de race est immense. La distance entre les départements a quelque peu freiné le regroupement. Mais la nature fait bien les choses : tous les gênes de rusticité sont des gênes dominants. A partir des années 1950, les juments ayant été croisées avec des chevaux plus lourds, donnaient de temps en temps naissance à un poulain plutôt de souche Auvergne. Pendant 10 ans, tout le travail de l’association a été de réunir ces chevaux et de « réabsorber » tous ces gênes et de refaire des croisements. Jusqu’à retrouver la race d’origine. Quinze ans après avoir démarré ce sauvetage, et grâce au soutien de la Région, l’association est arrivée à obtenir plusieurs centaines de chevaux. Aujourd’hui, l’association possède 500 animaux et avec les naissances de cette année, elle va approcher les 600 têtes.

En 2010, Laurent Pradier a réussi à faire reconnaître la race du cheval d’Auvergne : « L’association a signé une convention avec les haras nationaux , l’IFCE, et à partir de 2010 nous avons entamé un processus de reconnaissance. C’est en 2013 que la race a été reconnue, sur la foi d’écrits très anciens, tels que les descriptions d’Antoine de Pluvinel, véritable précurseur de l’école d’équitation française au XVIème siècle, et de tableaux d’époque. A présent, les éleveurs ont une petite aide financière pour la garde des étalons et pour les saillies. La gestion des lignées et des reproducteurs est assurée par l’IFCE. Tout est informatisé. L’association a des pleins papiers, c’est-à-dire qu’elle est sûre de la traçabilité des chevaux. »

Suivant l’âge, suivant le travail, un poulain d’Auvergne coûte entre 800 et 1 000€ . Il est possible d’atteindre les 3 000€ pour un cheval bien dressé d’environ 4 ans. L’association participe à des salons et à des concours. Il y a plusieurs types de concours : pour les éleveurs, ce sont des concours de modèles et d’allures, l’intérêt étant de sélectionner les reproducteurs. Ensuite, il y a les concours d’utilisation afin de mettre en valeur le cheval. Enfin, il y a les concours labellisation loisir : quasiment toute la cavalerie du Domaine de Moidas est labellisée loisir. Le cheval d’Auvergne a un caractère qui se prête particulièrement bien à cette activité : il est petit, trapu et n’a peur de rien. Et puis, l’association occupe des salons pour la promotion de la race : le salon de l’agriculture à Paris, le sommet de l’élevage à Cournon d’Auvergne, le salon du cheval à Lyon, Equita’Lyon. La race du cheval d’Auvergne est très dynamique. A tel point que des réflexions sont en cours pour la développer au delà des « frontières » de l’Auvergne. Et notamment en Rhône-Alpes qui ne possède pas de race de cheval typiquement régionale, ni de réelle vitalité d’un point de vue de l’élevage.