Deux drôles de zozos et un chanteur fantôme

Le 22 octobre 2016, par Editor Bot

Le spectacle que viennent jouer Oldelaf et Alain Berthier est basé sur un personnage imaginaire, Michel Montana, dont ils retracent l’histoire en chansons, et avec une irrésistible drôlerie. Entretien avec Oldelaf.

Une artiste clermontoise exposée au Japon

Le 21 octobre 2016, par Editor Bot

De Clermont-Ferrand à Hiroshima. Justine Emard, artiste plasticienne, photographe et vidéaste puydômoise revient du Japon où elle a exposé dans le cadre de l’Hiroshima Art Document.

Clermont-Ferrand : 3ème édition du TEDx le 22 octobre

Le 20 octobre 2016, par Thomas Fauveau

Le 22 octobre 2016, la 3ème édition de la conférence TEDxClermont propose d’élargir les champs des possibles. Une douzaine d’intervenants viendront présenter à l’Opéra-Théâtre de Clermont-Ferrand des idées qui méritent d’être diffusées, de nouveaux points de vue sur les sciences, les technologies, les arts, les enjeux sociaux, humains et économiques ou des interventions “HORS-CHAMPS” !

UN ACCÈS ÉLARGI À LA CONFÉRENCE

Organisé de manière totalement bénévole, TEDxClermont s’ouvre cette année au plus grand nombre. La conférence filmée sur la scène de l’Opéra-Théâtre de Clermont-Ferrand sera retransmise en direct live dans de nombreux lieux physiques de la région, et dans plusieurs communautés francophones et francophiles dans le monde. L’accès aux retransmissions dans les lieux tiers sera gratuit afin de favoriser le partage avec le plus grand nombre et initier les discussions autour des sujets traités. Créer un lieu tiers est possible gratuitement après inscription auprès de TEDxClermont.

A PROPOS DE TED

Depuis 1984, les conférences TED (T pour Technology, E pour Entertainment & D pour Design) ont pour objectif de propager les «idées qui méritent d’être diffusées» («ideas worth spreading»). Les interventions couvrent de nombreux domaines allant de la science aux arts, en passant par les questions sociales, la technologie, la santé ou les grands enjeux mondiaux. Les intervenants viennent de tous les horizons, mélangeant personnalités publiques (comme Bono, Yann Arthus-Bertrand ou Al Gore), rats de laboratoires et nouveaux venus sur scène, tous porteurs d’idées qui méritent d’être diffusées.

A PROPOS DE TEDX

Face au succès des conférences TED, le concept s’est étendu au monde entier dans le cadre du programme TEDx. Depuis 2009, le programme permet à tous ceux qui le souhaitent d’organiser de manière bénévole une conférence TED-like dans leur communauté. Aujourd’hui, le concept a été repris plus de 17 000 fois dans 2 600 villes et 174 pays avec plus de 80 000 interventions disponibles en vidéo sur la chaîne TEDx Talks.

L’événement du 22 octobre affiche déjà complet à l’Opéra-Théâtre de Clermont-Ferrand, mais vous pouvez encore vous inscrire sur liste d’attente ou réserver sur un « lieu satellite » en vous connectant sur le site de TEDx Clermont.

Lyon : Catherine Deneuve Prix Lumière 2016

La comédienne française Catherine Deneuve recevra le 8e Prix Lumière. Il lui sera remis vendredi 14 octobre lors du festival Lumière qui se tiendra à Lyon et dans sa Métropole du samedi 8 au dimanche 16 octobre 2016. « C’est une déesse du cinéma » dit d’elle Martin Scorsese qui reçut le Prix Lumière en 2015.

A 16 ans, Catherine Deneuve joue son premier rôle dans Le vice et la vertu en 1963. Elle enchaine alors les succès cinématographiques. Elle marque les esprits dans Les Parapluies de Cherbourg, le film de Jacques Demy, palme d’or à Cannes. Suit Répulsion de Polanski puis Belle de jour en 1966. Dans ce chef d’oeuvre de Bunuel, elle incarne une bourgeoise qui se prostitue par plaisir. Catherine Deneuve obtient alors un César en 1981 pour Le dernier métro, avec Gérard Depardieu.

En 1985, elle sert de modèle au buste de Marianne. Puis, en 1992, Catherine Deneuve obtient un second César pour sa prestation dans Indochine de Régis Wargnier. Une carrière particulièrement bien remplie qui a été déjà saluée par un prestigieux prix américain, à savoir le Charlie Chaplin Award. L’actrice sera célébrée par l’Institut Lumière en ce mois d’octobre 2016 puisqu’elle sera ainsi la première femme à rece­voir un Prix Lumière.

« Je ne travaille pas à ma postérité. Je me sens comme une passagère. » Catherine Deneuve

Ils ont dit d’elle :

Régis Wargnier : « Son visage est comme un écran qui révèle et qui cache. »

Roman Polanski : « Travailler avec elle est comme danser le tango avec une cavalière farouche. »

André Téchiné : « J’ai appris à voir le monde à la clarté d’une fin d’après-midi d’été, quand les choses prennent leur vraie valeur. Elle est l’émanation de la lumière du soir ainsi que de l’étendue et du silence. »

François Truffaut : « D’une apparence romantique et fragile et d’un visage sublime qui suggère une deuxième existence pleine de pensées secrètes, elle crée aussi du rêve et invente du mystère. »

Le Prix Lumière sera remis à Catherine Deneuve le vendredi 14 octobre 2016 au Centre de Congrès de Lyon, en présence du public et de nombreux invités venus du monde entier.

Visitez le site du Festival Lumière 2016.

Le moine Auvergnat qui fit traduire le Coran

Le 05 septembre 2016, par Rédaction AuvergneRhôneAlpes.info

Peu de gens le savent mais c’est un Auvergnat, Pierre de Montboissier, qui le premier en occident a fait traduire le Coran en latin. C’était en 1142. Cette traduction avait pour but de démontrer le caractère hérétique de la doctrine musulmane. Pour autant, loin de prêcher les croisades, l’ecclésiastique encourageait le débat inter-religieux. Une posture dont quelques-uns de nos hommes politiques devraient s’inspirer aujourd’hui.

Après un mois de vacances bien méritées sur les plages d’Arabie Saoudite, la rédaction de PressNut News est enfin de retour. Mais il faut que je vous raconte. A peine arrivé à l’aéroport de Jeddah, Christophe Siébert s’est mis en tête de trouver un troquet pour boire un demi et explorer les graffitis des toilettes. Nous ne savons toujours pas où il est à ce jour mais nous attendons sa chronique pour jeudi. Marie de Luze et Aglaë Feelgood ont aussitôt enfilé un burkini pour rejoindre la très renommée Silver Sand Beach. Seul Arnaud de Launac a préféré se soustraire à ce voyage d’études et s’est envolé pour Bali, plus précisément vers le spot gay de Seminyak, afin de tester l’effet de son nouveau string en cuir. Pour ma part, je me suis plongé dans la seule lecture plus ou moins autorisée là-bas, le Coran, et je me suis posé la question suivante : «mais qui a bien pu traduire ce texte pour la première fois en occident ? »

J’étais loin de me douter que mes recherches allaient me mener… dans ma propre région ! Car c’est en effet en Auvergne Rhône-Alpes, plus précisément à Brousse, dans le Puy-de-Dôme, qu’est né Pierre de Montboissier vers 1092 après Jésus Christ. Issu d’une famille aristocratique originaire des monts du Livradois, il est destiné très jeune à la vie monastique. Elevé au prieuré de Sauxillanges qui dépendait de l’ordre de Cluny, le jeune homme devient moine à 16 ans. Une quinzaine d’années plus tard, il est élu neuvième abbé de Cluny, un ordre immense qui jouit d’un prestige incomparable et d’un passé prestigieux. Il engage alors une série de réformes pour redonner à l’ordre clunisien son faste et son rayonnement.

ce poison mortel qui a infesté plus de la moitié du globe

Pierre de Montboissier rédige également des traités afin de réfuter les doctrines israélites et musulmanes. Pour cela, il fait traduire le Coran en latin sous le nom de « Lex Mahumet pseudoprophete » (loi du pseudo-prophète Mahomet, en latin). Il s’agit de la première traduction de ce texte en Occident, version qui demeurera la plus courante jusqu’au XVIIIe siècle. Pierre de Montboissier explique ainsi cette entreprise gigantesque : « Je suis allé trouver des spécialistes de la langue arabe qui a permis à ce poison mortel d’infester plus de la moitié du globe. Je les ai persuadés à force de prières et d’argent de traduire d’arabe en latin l’histoire et la doctrine de ce malheureux et sa loi même qu’on appelle Coran. »

On le voit, déjà en 1142, l’islam fait débat… Près de mille ans plus tard, la planète continue à bouillonner et, une fois encore, le débat a laissé la place à la guerre, aux attentats et à la désolation. Dans une enquête publiée le 24 aout 2016 par le New York Times, le journaliste Scott Shane affirme que l’Arabie Saoudite, jouant à la fois un rôle de pompier-pyromane, aurait contribué à créer un monstre dans le monde de l’islam en ayant, notamment, diffusé durant deux décennies une traduction anglaise falsifiée du Coran. Il me semble qu’en ces heures creusées de haine, Pierre de Montboissier, farouche opposant aux croisades, a montré la voie : « Qu’on donne à l’erreur mahométane le nom honteux d’hérésie ou celui, infâme, de paganisme, il faut agir contre elle, c’est-à-dire écrire. »

Sainte-Merde : une critique de Saint-Amour, de Gustave Kerven et Benoît Delépine

Le 30 juin 2016, par Christophe Siébert

« Comme j’aime à le dire : le Salon de l’agriculture, c’était notre Vietnam. » (Benoît Delépine, interviewé sur le site Chaosreigns.fr)

Le 2 juillet sort en DVD l’absurde Saint-Amour, de Gustave Kervern et Benoît Delépine ; c’est l’occasion pour moi de redire tout le bien (hahaha) que j’en avais pensé lors de sa sortie au cinéma, et d’en profiter pour enfoncer quelques clous à propos de cette culture abjecte du divertissement et de l’ironie.

Si vous avez déjà assisté, malheureux que vous êtes, dans un bar ou ailleurs, à une soirée de type scène ouverte accueillant des poètes, vous voyez sans doute de quoi je veux parler : ce moment où un type lit un texte qui se veut une Ode A La Femme et qui est en fait d’une atroce et naïve misogynie, ou bien cet autre moment où un autre type (à moins que ça soit le même ?) se lance dans la Poésie Érotique.

Cette angoisse qui vous saisit d’un coup, cette honte qui vous prend le ventre et la gorge, cette empathie que vous éprouvez malgré vous pour ce pauvre type ridicule, et qui vous poisse l’âme comme une merde de chien colle à une semelle. Et à tout ça l’envie qui s’ajoute d’être sourd, aveugle, invisible, ailleurs, mort depuis une semaine, en vacances sur Mars, en train de courir dans une rue déserte ou de batifoler dans la campagne ou sur un champ de bataille, en train de voler une voiture ou de foutre le feu à l’immeuble de Canal Plus, enfin, tout sauf ce spectacle ; et vous n’avez même pas le courage de tendre le bras pour appeler le serveur, pourtant une pinte cul-sec serait la seule chose qui pourrait vous sauver.

Et quand c’est terminé et que vous relevez la tête, osant à peine balayer des yeux la salle – vous avez l’impression que croiser ceux du Poète pourrait vous transformer en cendre froide –, vous êtes surpris : le type n’est pas du tout mortifié et son fiasco ne l’affecte pas, les sourire gênés, les regards fuyants non plus, le silence ; il est tout fier de lui, l’abruti, et de son texte, il est rouge de bonheur, il rayonne, il se frotterait le ventre pour un peu, et c’est avec la démarche d’un type qui a conquis l’Olympe qu’il retourne à sa table. Quant à vous, vous commencez à respirer et la honte reflue.

Saint-Amour, de Delépine et Kervern, c’est exactement ça mais porté à un niveau d’incandescence inédit, et sans débander pendant une heure quarante. Je me demande ce qu’a pensé Ovidie du film – la scène qu’elle joue, on voit bien ce qu’elle en pense, oui. Tout le monde à des factures à payer et Ovidie étant qui elle est, j’imagine que quand on l’appelle pour l’être de façon caricaturale et humiliante, elle ferme sa gueule, ravale sa fierté d’avoir voulu à un moment oser être une pornographe féministe, et va au charbon.

EDF sera content, le fisc aussi, Delépine et Kervern jubilent et sans doute se branlent (pas sur le cul d’Ovidie, non, mais sur leur cul à eux, si luisant de la joie d’être de géniaux hurluberlus, si poétiques, si originaux, tellement subversifs, « Passe-moi le Sopalin mon Gustave », « Tiens mon Benoît, je t’aime », « Je t’aime », « Non, pardon mon Benoît, c’est à moi que je parlais, pas à toi », « Mais oui mon Gustave, ne t’inquiète pas, moi aussi c’est à moi que je parlais »)

C’est le film des gens qui vont dans les troquets comme on va au zoo

Pour le reste, ça se résume facilement : c’est un film gentil fabriqué par des gens méchants. Un film sensible fabriqué par des goujats. C’est le regard attendri des nantis sur les pauvres, des aristocrates de Canal Plus sur les ploucs, des gens qui jouent à être punks sur les cassos authentiques, c’est le regard plein d’amour des gens qui ont tout et trouvent si beaux ceux qui n’ont que dalle, et leur ouvrent les bras, parce que nous sommes tous pareils, et au fait, tu dors à quel hôtel, ah bon, tu dors pas à l’hôtel, tu es au RSA, tu dors sur le canapé d’un copain, ah bin on fait une partie du trajet ensemble, alors, on partage le taxi et ça te dit pas d’aller boire un dernier coup, je connais un bar de nuit qui fait des cocktails super-punks, à cette heure-ci normalement il est fermé mais le patron est un pote à Dupontel.

C’est le film des gens qui vont au Chantilly (cf. une chronique précédente) comme on va au zoo. Et il s’agit, au bout d’un moment, de NOMMER L’ENNEMI, et de le faire systématiquement.

Saint-Amour est un film qui fait me penser à Pialat. Plus exactement, c’est un film qui me donne envie d’aller déterrer Pialat, de piquer à son squelette une côte (et de lui faire un bisou sur le front, tant qu’on est là), et cette côte l’utiliser pour crever les yeux de Kervern et Delépine.

L’ironie est le nouvel opium du peuple

Il apparaît maintenant, des plates théories qu’énonce Philippe Djian jusqu’aux enfilages de perles que suscitent les commercialisations de tel ou tel jeu, film, disque ou autre, que l’histoire de l’art et celle du divertissement sont deux histoires confondues. Il s’agirait même, en fait, d’une histoire unique, dont les fils épars seraient enfin rassemblés, Bach, Bowie, Bénabar, Mario Bros, Star Wars, Luc Besson et Bergman dans la même fosse commune et que le meilleur gagne.

Et cette histoire de l’art et du divertissement, m’apparaît de plus en plus comme une histoire de la transgression consensuelle, à destination d’un public faussement choqué (mais il est plus gratifiant de singer le scandale que d’admettre l’ennui, quand l’entrée est payante) ; comme le spectacle des faux tabous que l’on brise pour de faux, des ordres moraux en carton-pâte que l’on pourfend pour rire. Saint-Amour est un exemple, ils sont mille. Et pendant ce temps, les vrais tabous, les ordres moraux réels, ronflent du bon sommeil de celui qui a bien travaillé aujourd’hui, et travaillera bien demain.

Au fond, ce qui m’empêche le plus de dormir, c’est la dérision. La dérision me fait chier et l’ironie m’insupporte. Le persiflage, ce signe d’impuissance absolue, me sort par les yeux, les oreilles, tout ce que vous voulez. Tous ces gens qui ne sont pas assez crapules pour accepter ce monde de merde, pas assez dépourvus d’espoir pour se supprimer, pas assez violents pour prendre les armes et tenter par la force de changer quelque chose, pas assez intelligents pour produire des œuvres de l’esprit qui pourraient le modifier, ce monde de merde, le rendre meilleur… Tous ces impuissants à quoi que se soit qui s’en tirent par le ricanement, la parodie, la farce inoffensive, toujours inoffensive, par le clin d’œil du taré adressé à ses congénères et se mettent ainsi en règle avec leur conscience… J’en peux plus, j’en peux plus.

Du pain et des jeux. Tu parles. Maintenant, ce qui nous tue à petit feu, ce qui dévore notre âme aussi sûrement que les bactéries boufferont nos squelettes, c’est les rires enregistrés c’est les blagues obligatoires et leur réactions pavlovienne, bite, prout, prolo, beauf, gros tas, alcoolo, chatte, nichon, hahaha, hahaha, hahaha. Vous me direz : mais dans Saint-Amour, il n’y en a pas, des rires enregistrés ? Mais si, mais si, il y en a. À chaque scène, à chaque plan. Ils sont dans vos têtes, ils naissent dans vos ventres, ils sortent par vos bouches. Ces rires, ce sont les rires que la télévision vous a collé dans le crâne, vous a dressé à produire.

Il n’y a plus besoin de rires en boîtes quand les boîtes à rires sont les spectateurs eux-mêmes.

Crédit Photo : Second Life / Couch Potatoes

Les Hillbilly Moon Explosion têtes d’affiche du Cantal Ink le 2 juillet

Le 28 juin 2016, par Marie Cartigny

Fidèle à son habitude, le Cantal Ink transcende les frontières de la convention de tatouage classique en proposant à ses festivaliers une expérience culturelle forte et éclectique. Cette année marque un tournant pour la programmation musicale de l’événement avec la participation de groupes professionnels à la dimension internationale. Du rockabilly, du rock-country, et une once de burlesque à Chaudes-Aigues en 2016 : le tattoo n’a pas seul le droit de cité.

Un festival de tatouage… Mais pas seulement

DES CONCERTS…
Cette année, le rockabilly est à l’honneur à Chaudes-Aigues, avec comme tête d’affiche le groupe suisse phare The Hillbilly Moon Explosion. Convoqués pour leur prêter main forte Dead Bronco, collectif espagnol au rock-country explosif et déjanté, The Swindlers feat Lady Pirate, et bien d’autres à (re)découvrir comme Les Ennuis commencent ou le DJ Stuntman Dave.

…ET DES SPECTACLES
Une fois de plus, le Cantal Ink se mue en une arène inattendue où défileront illusionnistes, effeuilleuses et héritiers des sideshows, ces spectacles où les tatoués d’antan étaient exhibés dans des cirques, Nos figures de proue ? Les saltimbanques délurés de La Famille Bouffarde, le colosse tatoué Pascal Tourain ou encore la divine Evie Lovelle, découverte dans le film Tournée de Mathieu Amalric.

LE CANTAL INK FAIT AUSSI SON CINÉMA
Cette année, Le Festival du Tatouage déclare sa flamme au 7ème Art, du 29 juin au 5 juillet, Le cinéma du village propose une programmation 100 % tattoos avec la projection d’Alabama Monroe, Le Tatoué, Memento ou encore le film d’animation danois Mon Tonton ce tatoueur tatoué.

Le cinéma itinérant à l’ère du numérique

Le 27 juin 2016, par Marie Cartigny

Nous gardons tous une image un peu folklorique du cinéma dans les zones rurales : une salle des fêtes avec des chaises et des bancs mis en place à l’occasion pour accueillir les villageois, une caméra 35 mm projetant sur une toile blanche des films à succès et les bruits des spectateurs (rires, éternuements…) et ceux des sièges faisant grincer le sol. L’esprit de la fête au village quand les projections sont programmées reste présent même si, depuis 2013, les bobines et les galettes ont été remplacées par des projecteurs numériques derniers cris.

Le cinéma itinérant dans la région lyonnaise existe depuis plus de 30 ans. L’idée est venue de plusieurs passionnés de cinéma qui, devant la difficulté de se déplacer pour aller au cinéma, ont proposé aux habitants grâce à des projecteurs 35 mm, des séances dans les villages tous les 15 jours. Ce circuit comprend 3 cantons : le canton de Saint-Laurent-de-Chamousset, le canton de Chazelles-sur-Lyon, et quelques villages du canton de Saint-Symphorien-sur-Coise.

Le succès croissant de l’association Ciné Monts du Lyonnais depuis 2013 est principalement dû à l’offre CINENUM du Centre National du Cinéma et de l’Image animée (CNC) dont elle a bénéficié. Les caméras numériques 2K, NEC NC 900 C ont remplacé les bobines. Ce succès vient aussi du fait que le cinéma est proposé à un public en milieu rural qui se déplace très difficilement, surtout pour les personnes âgées ou à mobilité réduite parce qu’elles ont peu de moyen. Le cinéma itinérant est peu cher : les places sont à 4€50 pour les adultes et 3€ pour les enfants jusqu’à l’âge de 16 ans.

Le Ciné Monts du Lyonnais a su tirer son épingle du jeu

Cette proposition commerciale peu coûteuse est possible grâce aux 110 bénévoles qui se mobilisent pour accueillir dans leurs villages une programmation cinématographique. Ce bénévolat se fait en partie grâce à un animateur-formateur, salarié de l’Association, Joël Sela. Les bénévoles des différents cantons sont donc formés pour l’accueil, la projection, le rangement et la circulation du matériel d’un point à un autre. Face à cette volonté de promouvoir l’activité culturelle dans les zones rurales, des dotations cantonales sont accordées à l’association. Pour ce qui est des subventions, en dehors du Festival Ciné-Filou qui a lieu pendant les vacances de la Toussaint, le cinéma les a vus fondre au fur et à mesure de son développement.

Cependant, même si les budgets se sont réduits comme peau de chagrin, le Ciné Monts du Lyonnais a su tirer son épingle du jeu grâce au matériel de projection numérique portable. Et oui ! Contrairement, aux salles de cinémas, qui, elles, se sont équipées de projecteurs numériques 4K, plus lourds et statiques, l’association a décidé de fonctionner avec des NEC 900 en 2K. Le Ciné Mont du Lyonnais est devenu également prestataire vidéo extérieur : depuis un an maintenant, des demandes de projections exceptionnelles pour des clients ont démarré. L’association devient ainsi prestataire pour des projections à la demande en fonction de certains événements, dans certains cadres, dans certains lieux autour de Saint-Étienne Métropole qui lui a demandé, l’an dernier dans le cadre du développement durable d’organiser une projection autour du film « Des abeilles et des hommes ». Cette année, l’association a été sollicitée pour renouveler l’opération durant le mois de juin.

Il y a eu également des projections à Lyon l’été dernier pendant lesquelles l’association a été sollicité pour les festivités de « Tout le monde dehors », de juillet à août 2015, pour assurer des projections plein-air sur les places de Lyon. Les films maintenant existant de moins en moins en 35 mm, l’association a ce petit quelque chose en plus à offrir. L’arrivée du numérique dans les villages a eu pour effet d’offrir aux habitants une programmation plus importante et plus large… Bref, que du bonheur pour les pupilles des villageois !