Printemps de Pérouges : 20ème édition!

L’équipe du Printemps de Pérouges était en effervescence le 21 mars pour ouvrir le Printemps avec une ambassadrice de choix, ZAZ, qui a présenté son nouveau spectacle autour de l’album Paris.

Tout au long du festival, ce sera un défilé de têtes d’affiches, de valeurs sûres, de découvertes, de sites singuliers qui se dérouleront jusqu’au 5 juillet, jusqu’à cette date anniversaire du 20ème Printemps de Pérouges avec la venue historique sur la Plaine de L’Ain de Johnny Hallyday.

De grands artistes se sont déjà succédé cette année sur les différentes scènes du festival : Hubert-Félix Thiéfaine le 30 mars, Jean-Marie Bigard le 31 mars, Christophe Willem le 1er avril, Moutain Men le même jour et Vianney & Boulevard des Airs le 2 avril.

de Vivaldi à Johnny Hallyday

Jusqu’au au 5 juillet, la bande-son sera encore très hétéroclite : de la Chanson française en vogue (L.E.J) au meilleur du Soul & Gospel (Craig Adams), de l’Opéra flamboyant (Bel Canto au Caro, Viva l’Opéra !) aux reprises des standards hard Rock (Steve’n’Seagulls), du Blues (Greg Zlap) à la Culture Gitane (Chico & the Gypsies), des Rythmes Salsa (Yuri Buenaventura) et aux imitations vocales tous azimuts (Didier Gustin), des valeurs sûres (Les Innocents, Diane Tell) aux nouvelles prodiges du Monde Classique (Camille et Julie Berthollet), de Antonio Vivaldi à Johnny Hallyday.

Marie Rigaud, directrice du festival s’est confiée : « En 1996, alors que je dégustais ma première Tarte au Sucre, à l’hostellerie de Pérouges, je n’aurai jamais imaginé écrire un 20e édito, en 2016. Plus fou encore, alors que j’organisais mon premier concert classique en juin 96, dans l’Église-Forteresse de Pérouges, je n’aurai jamais osé rêver à Johnny Hallyday, en tête d’affiche de ce super anniversaire. En 1996, alors que je me lançais dans cette aventure du Printemps de Pérouges, je n’avais que 23 ans et écouté essentiellement de l’Opéra, Mozart et Handel. »

Une saison exceptionnelle et immanquable donc, qui attend plus de 25 000 spectateurs, de Pérouges à Lyon, et sur toute la Plaine de l’Ain.

Tout le programme sur : www.festival-perouges.org

Louis-Ferdinand Céline, le film : l’avis du biographe François Gibault

Le 08 avril 2016, par Marie Cartigny

Louis-Ferdinand Céline, sous-titré « Deux clowns pour une catastrophe » est un drame français réalisé par Emmanuel Bourdieu, sorti en mars 2016. Comme souvent, lorsqu’il s’agit de cet écrivain, les réactions sont à la fois passionnées et conflictuelles. Nous avons pu recueillir l’avis de François Gibault, biographe et exécuteur testamentaire de Céline.

Marie de Luze : François Gibault, merci d’accorder cette interview à PressNut.com. Quel regard portez-vous sur le film ?

François Gibault : pour résumer, je pense que dans ce film Céline n’est pas Céline et que Lucette est encore moins Lucette. Le plus réussi des trois c’est l’américain Milton Hindus, assez bien, assez juste. Céline est vociférant sans arrêt, il éclate de rire, il n’arrête pas de gesticuler, ce n’est pas du tout comme ça qu’était le personnage.

Marie de Luze : oui, pourtant, nous avons des images d’archives de Louis-Ferdinand Céline qui donnent une toute autre vision.

François Gibault : en effet. Il n’y a qu’à voir les prises de vues à Meudon des dernières années de l’écrivain. Il parle lentement. Dans le film, ce n’est pas le rire de Céline non plus. Le rire de Céline, c’était un rire entre les dents, un espèce de rire méchant, un rire à la Voltaire si vous voulez. Mais jamais Céline n’était en train de pousser des hurlements ou de gesticuler. On en a fait un espèce de fou vociférant alors que Céline était bien plus fin et bien plus fort.

Marie de Luze : que pensez-vous du jeu de Denis Lavant qui interprète Louis-Ferdinand Céline ?

François Gibault : je regrette car c’est un acteur excellent. Je le connais. Il ressemble à Céline en plus. Mais il a été mal dirigé. Ça, c’est évident. C’est une caricature de Céline.

« Je n’ai pas voulu montrer le film à la veuve de Céline »

Marie de Luze : qu’en est-il du personnage de la femme de Céline, Lucette Destouches ?

François Gibault : oh, et bien, dans le film, elle ressemble à Simone de Beauvoir. Elle n’a jamais été coiffée en noir comme ça avec un turban. Elle est habillée comme une ex-bonne-soeur. C’est un personnage froid. Pas du tout Lucette telle que nous avons pu la voir sur les photos prises à Korsør lors de l’exil au Danemark. Elle était habillée très librement avec des robes souples et elle ne se coiffait pas, là-bas, elle est toujours restée ébouriffée. Et si elle se coiffait, c’était pour mettre un chignon, pas un turban. Le personnage de Lucette est à contre-emploi.

Marie de Luze : en dehors de ces incohérences au niveau de certains personnages, que pensez-vous plus globalement du film ?

François Gibault : le film n’est pas mauvais. Les dialogues sont fort intéressants et les prises de vues très belles. Le décor est juste. Mais les deux personnages principaux sont ratés.

Marie de Luze : historiquement, la confrontation entre Céline et Milton Hindus est-elle exacte ?

François Gibault : c’est vrai que Hindus a aidé Céline qui lui avait demandé de venir lui rendre visite au Danemark. Au début, il avait une espèce d’enthousiasme pour ce jeune professeur. Mais Hindus n’avait pas vécu la guerre. C’est un choc entre deux personnalités, l’une qui a énormément vécu, connu beaucoup de choses et un jeune américain qui était en dehors de la guerre et qui arrive avec toutes ses illusions. De ce point de vue, le film est assez vrai. Je pense que c’est comme ça que ça s’est passé.

Marie de Luze : avez-vous montré le film à Lucette Destouches ?

François Gibault : non, non, je n’ai pas voulu bien sûr. J’ai un DVD chez moi, mais je n’ai pas voulu lui montrer. Ça la rendrait hors d’elle.

Marie de Luze : quelles nouvelles pouvez-vous nous donner de Lucette Destouches ?

François Gibault : elle est dans une forme assez bonne pour son âge. Elle a toute sa mémoire, toute son intelligence. Elle a gardé le sens de l’humour et à près de 104 ans, c’est exceptionnel !

A propos de François Gibault

François Gibault est l’auteur d’une biographie en trois volumes de Louis-Ferdinand Céline parue aux éditions Mercure de France. Sans doute la biographie la plus complète sur cet écrivain. François Gibault est également l’exécuteur testamentaire de Louis-Ferdinand Céline et l’avocat de sa femme, Lucette Destouches.

Où voir « Louis-Ferdinand Céline » (deux clowns pour une catastrophe) dans notre région ?

En région Auvergne Rhône-Alpes, le film est assez mal distribué. Il peut être visionné à Lyon au cinéma Opéra dans le 1er arrondissement. A Clermont-Ferrand, la prochaine séance est prévue le 11 avril au cinéma Le Rio, 178, rue Sous-les-Vignes.

La bande annonce du film :

Louis-Ferdinand Céline dans la vraie vie :

Le saint-nectaire s’invite dans les studios de France Culture

Le 07 avril 2016, par Marie Cartigny

Cécile Coulon, jeune et talentueuse romancière originaire de Clermont-Ferrand, ne peut écrire qu’avec de la musique, son « deuxième stylo » et, si possible, en mangeant du saint-nectaire. Son passage sur l’antenne de France Culture le 21 mars 2016 démarre par une dégustation de saint-nectaire. Belle entrée en matière pour parler de ce fromage d’Auvergne.

Personne n’a plus appelé son fils Nectaire depuis des lustres ! Et pourtant, ce saint existe bel et bien. Converti au christianisme, baptisé par l’apôtre Saint-Pierre, il ne s’appelle plus Ypace mais Nectaire. Il fut ordonné prêtre et participa avec Baudime et Auditeur à l’évangélisation de la Limagne d’Issoire aux Monts Dore, à la fin du IIIème siècle. De cette époque, il reste un joyau roman : l’église de Saint-Nectaire, dans le village éponyme. Le bourg qui compte aujourd’hui 728 habitants est (osons le mot) mondialement connu pour ses producteurs de fromages.

Avant d’élucider le mystère de la provenance de ce fromage d’Auvergne Rhône-Alpes, laissons nous saliver et parler fabrication ! Pour faire un bon saint-nectaire, il faut 13 à 14 litres de lait cru, transformé immédiatement après chaque traite. Il faut également 4 à plus de 8 semaines d’affinage sur de la paille de seigle, avec des frottages réguliers à l’eau salée. Une fois que la croûte a pris sa couleur gris orangé, le fromage est prêt à être dégusté par Cécile Coulon sur France Culture. Mais aussi ailleurs puisque le saint-nectaire est la première AOC fermière de France en volume.

Pas bon le savaron…

Où peut-on trouver les vaches laitières ? Exclusivement sur la zone d’appellation, à savoir à cheval sur les départements du Puy-de-Dôme et du Cantal. L’aire d’appellation du saint-nectaire, la plus petite d’Europe avec seulement 1 800 km2, se situe sur les terres des Monts Dore à une altitude comprise entre 800 et 1 500 mètres. Attention à ne pas confondre le saint-nectaire avec le savaron qui n’est qu’une pâle copie inventée par l’administration française en 1945 pour tromper son monde.

Mais revenons aux origines du Saint-Nectaire qui, historiquement, se situent au 17ème siècle : après la signature du traité de paix entre la France et l’Espagne, le Maréchal Henri II de Sennecterre, est fait Gouverneur de Metz et Vic de l’Evêché de Verdun. En 1666, Louis XIV érige la baronnerie de la Ferté Saint-Nectaire en Duché-Prairie. Henry II de Sennecterre se consacrera alors à la promotion du fromage qui porta, dès lors, le nom de cette illustre famille auvergnate.

Écoutez Cécile Coulon sur France Culture :

(Vidéo) Hollywood prépare un remake du film « Papillon »

La Région Auvergne Rhône-Alpes compte nombre d’illustres personnages. L’ardéchois Henri Charrière en fait partie. Ce bagnard, sans doute l’un des plus célèbres, a conté ses aventures dans le best-seller « Papillon » vendu à plus de 13 millions d’exemplaires. Une adaptation cinématographique de 1973 réunissait à l’écran Steve McQueen et Dustin Hoffman. Aujourd’hui, un remake est en préparation à Hollywood. PressNut a rencontré Vincent Didier, le biographe d’Henri Charrière.

Leonardo DiCaprio à l’affiche ?

D’après nos informations, c’est la maison de production Red Granite Pictures qui a racheté en Suisse les droits pour tourner un remake du film de 1973. Les deux associés de Red Granite Pictures, Riza Aziz et Joey McFarland, ont déjà produit « Le loup de Wall-Street » avec dans le rôle principal Leonardo DiCaprio. Le remake de « Papillon » sera réalisé par le Danois Michael Noer, d’après un scénario signé Aaron Guzikowski. Les acteurs pressentis pour reprendre le rôle tenu par Steve McQueen dans le film original sont Brad Pitt, Leonardo DiCaprio et Johnny Depp. Le producteur Joey McFarland a laissé entendre qu’il aurait une préférence pour voir le personnage d’Henri Charrière interprété par Leonardo DiCaprio. Reste à savoir si l’agenda de l’acteur le permettra.

La légende de « Papillon »

Henri Charrière embarque le 29 septembre 1933 à bord du bateau-cage le La Martinière, direction Cayenne. Il a été condamné aux travaux forcés à perpétuité pour un meurtre qu’il niera toujours avoir commis. Le doute subsiste encore aujourd’hui sur cette affaire.

Henri Charrière n’a qu’une idée en tête : la cavale. Il réussit à s’évader une première fois le 5 septembre 1934 et après un périple de plusieurs mois sur l’océan, il s’échoue en compagnie d’un camarade sur les côtes colombiennes. Malheureusement, la Colombie et la France possèdent des accords d’extradition et c’est le retour vers le bagne le 30 mai 1935 où il est condamné à la réclusion dans les cellules de l’île Saint-Joseph. C’est sans doute là, au fond de cette minuscule case dans laquelle il croupira durant deux ans, qu’il faut chercher l’origine de la prolixité (certains diront la mythomanie) d’Henri Charrière. Cerné par la solitude, l’obscurité et le silence, il s’évadera par la pensée, il repensera à son enfance, voyagera, vivra des aventures. Et ces aventures sont celles qu’il racontera plus tard dans son livre, « Papillon ou le chemin de la pourriture ».

Sorti de la réclusion et après encore huit ans passés au bagne, notamment sur l’île du Diable rendue célèbre par Dreyfus, cette fois c’est la bonne : Henri Charrière s’évade et après une escale de plusieurs mois en Guyane anglaise, il rejoint Caracas en 1946. Il a 40 ans, un lourd passé derrière lui, mais il est enfin libre et il décide de refaire sa vie et de devenir un citoyen respectable.

En à peine 3 mois et 13 cahiers d’écoliers, il écrit son livre. Reste à trouver un éditeur. Ce sera chose faite lorsque le manuscrit tombera dans les mains de Robert Laffont qui déclarera : « Si ce livre ne devient pas un best-seller, je ne m’appelle plus Robert Laffont ». La suite est connue. Le succès du livre est fulgurant puisqu’il atteint déjà un million d’exemplaires trois mois seulement après sa parution. C’est la vraie renaissance pour Henri Charrière. La chrysalide s’est bien transformée en papillon. Il va parcourir le monde, donner des centaines d’interviews. Sans que jamais le succès ne lui monte à la tête. Il restera toujours fidèle à sa femme Rita. Quatre ans après la sortie de « Papillon », Henri Charrière est un homme célèbre. Mais il décède seulement quelques mois plus tard, le 29 juillet 1973. Henri Charrière est enterré au petit cimetière de Lanas, en Ardèche, au côté de sa mère.

Vincent Didier, gardien de la mémoire

Vincent Didier est l’auteur de « Papillon libéré », une biographie complète d’Henri Charrière éditée en novembre 2006 par la Fontaine de Siloé. Cette Maison d’édition régionale basée à Montmélian est spécialisée dans les livres d’histoire. L’ouvrage de Vincent Didier a été préfacé par Robert Laffont en personne, l’éditeur d’Henri Charrière. Il a reçu le Prix Villard du Conseil Général de l’Ardèche en 2007.

Vincent Didier est par ailleurs le dépositaire des archives privées d’Henri Charrière et de son épouse Rita. La photo de Papillon qui illustre cet article a été prise en 1973 à Caracas et n’avait jamais été publiée jusqu’à présent.

Papillon Libéré – La Fontaine de Siloé – ISBN 2842063449 et 9782842063443