L’homme qui murmure à l’oreille du cheval d’Auvergne

Le 11 mai 2016, par Rédaction AuvergneRhôneAlpes.info

Laurent Pradier est passionné de chevaux depuis toujours. Lorsqu’il fait l’acquisition du domaine de Moidas sur la commune d’Orbeil, près d’Issoire, une question se pose tout naturellement : comment entretenir les 200 hectares pentus et escarpés autour de la base de loisirs en plein air Crapa’Hutte qu’il gère conjointement avec son activité d’éleveur de chevaux depuis 20 maintenant ? La réponse est dans la question : il s’intéresse aux chevaux de pays et contacte trois éleveurs. Une association de sauvegarde et de relance est créée. Laurent Pradier devient, après un laborieux et trépidant travail de rassemblement des bêtes et de documentation sur celles-ci, le président de l’association nationale du cheval d’ Auvergne. Gros plan sur le sauvetage de cette espèce.

La quasi disparition du cheval d’Auvergne est intimement liée à l’histoire militaire de notre pays : l’armée au 19ème siècle est devenue une armée d’occupation, une armée coloniale avec l’Afrique du Nord. Ce dont l’armée avait besoin, ce n’était plus d’une cavalerie mais d’occuper un territoire en assurant la logistique. Or, la logistique se fait avec des mulets et non pas avec des chevaux : le mulet a donc remplacé le cheval. Les seuls à avoir gardé quelques étalons sont les haras nationaux qui avaient pour politique de faire ou du lourd ou du léger : « Par exemple dans la plaine du Forez, on s’est mis à faire du Trotter, on a allégé le cheval de pays. Dans le Massif Central, la tendance a été à l’alourdir. Au 20ème siècle , il y a eu la mécanisation de l’agriculture et le seul débouché pour les chevaux, c’était la viande. En 4 générations, nous sommes passés de ce petit cheval qui faisait 500 kg à un cheval qui faisait 800 kg à 1 tonne. », explique Laurent Pradier.

Tout le travail de l’éleveur et de son association a été de se battre, depuis 1996, pour préserver le « Bidet osseux » comme l’écrivait Alexandre Dumas dans ses Trois Mousquetaires. « Ce cheval a été sélectionné pendant des siècles pour être un cheval de travail. Contrairement aux chevaux de compétition, c’est un animal qui s’inscrit dans la durée. Il est petit et trapu, comme tous les chevaux dans les territoires d’altitude. Il est résistant, rustique, il se nourrit de peu et passe l’hiver en montagne avec son double poil, comme à l’état sauvage. Le cheval d’Auvergne est typiquement ce que l’on appelle un cheval de montagne : robe sombre, du crin, double poil, des sabots noirs parce que la corne noire est plus solide que la corne blanche, pas très grand, environ 1m50… »

Reconnaissance de la race du cheval d’Auvergne

Pour relancer la race, Laurent Pradier a commencé avec seulement 32 bêtes. C’était en 1996 et ces quelques têtes étaient tout ce qui restait du cheval d’Auvergne. L’avantage, qui fut aussi un inconvénient, a été que le berceau de race est immense. La distance entre les départements a quelque peu freiné le regroupement. Mais la nature fait bien les choses : tous les gênes de rusticité sont des gênes dominants. A partir des années 1950, les juments ayant été croisées avec des chevaux plus lourds, donnaient de temps en temps naissance à un poulain plutôt de souche Auvergne. Pendant 10 ans, tout le travail de l’association a été de réunir ces chevaux et de « réabsorber » tous ces gênes et de refaire des croisements. Jusqu’à retrouver la race d’origine. Quinze ans après avoir démarré ce sauvetage, et grâce au soutien de la Région, l’association est arrivée à obtenir plusieurs centaines de chevaux. Aujourd’hui, l’association possède 500 animaux et avec les naissances de cette année, elle va approcher les 600 têtes.

En 2010, Laurent Pradier a réussi à faire reconnaître la race du cheval d’Auvergne : « L’association a signé une convention avec les haras nationaux , l’IFCE, et à partir de 2010 nous avons entamé un processus de reconnaissance. C’est en 2013 que la race a été reconnue, sur la foi d’écrits très anciens, tels que les descriptions d’Antoine de Pluvinel, véritable précurseur de l’école d’équitation française au XVIème siècle, et de tableaux d’époque. A présent, les éleveurs ont une petite aide financière pour la garde des étalons et pour les saillies. La gestion des lignées et des reproducteurs est assurée par l’IFCE. Tout est informatisé. L’association a des pleins papiers, c’est-à-dire qu’elle est sûre de la traçabilité des chevaux. »

Suivant l’âge, suivant le travail, un poulain d’Auvergne coûte entre 800 et 1 000€ . Il est possible d’atteindre les 3 000€ pour un cheval bien dressé d’environ 4 ans. L’association participe à des salons et à des concours. Il y a plusieurs types de concours : pour les éleveurs, ce sont des concours de modèles et d’allures, l’intérêt étant de sélectionner les reproducteurs. Ensuite, il y a les concours d’utilisation afin de mettre en valeur le cheval. Enfin, il y a les concours labellisation loisir : quasiment toute la cavalerie du Domaine de Moidas est labellisée loisir. Le cheval d’Auvergne a un caractère qui se prête particulièrement bien à cette activité : il est petit, trapu et n’a peur de rien. Et puis, l’association occupe des salons pour la promotion de la race : le salon de l’agriculture à Paris, le sommet de l’élevage à Cournon d’Auvergne, le salon du cheval à Lyon, Equita’Lyon. La race du cheval d’Auvergne est très dynamique. A tel point que des réflexions sont en cours pour la développer au delà des « frontières » de l’Auvergne. Et notamment en Rhône-Alpes qui ne possède pas de race de cheval typiquement régionale, ni de réelle vitalité d’un point de vue de l’élevage.

Vers un tourisme artificiel en Auvergne Rhône-Alpes ?

Le 09 mai 2016, par Thomas Fauveau

La Région a annoncé, au mois de mars dernier, sa politique touristique. Au programme : de la pleine nature, toujours plus de nature. Où en sommes-nous réellement ?

Un mois tout juste après le programme de la nouvelle politique touristique d’Auvergne Rhône-Alpes, la Région a voté une subvention de 4,7 millions d’euros pour aider à la construction d’un Center Parc à Roybon, un projet pourtant stoppé par la justice. La bulle climatisée, véritable usine à touristes, ne ravit par tout le monde. En ce début de printemps 2016, après un hiver catastrophique pour les professionnels de la montagne, Laurent Wauquiez vient d’annoncer que 50 millions d’euros seront investis au cours de son mandat dans la production de neige artificielle.

Les stations de ski semblent bel et bien engagées dans une course folle à la production de neige de culture. Il faut dire qu’elles ont sans doute moins bien anticipé le réchauffement climatique que leurs consœurs autrichiennes ou italiennes, beaucoup mieux équipées. A tel point que nous avons vu une station savoyarde se faire livrer 100 tonnes de neige par hélicoptère l’hiver dernier pour faire plaisir aux skieurs. Loin de se satisfaire d’utiliser des canons à neige au pied des pistes afin d’éviter une extension de l’exploitation dans les sommets, au détriment de la nature, certaines stations en installent même à 3 000 mètres d’altitude.

Lorsqu’on la retourne, il se met à neiger dans la boule

Avec ces nouvelles mesures, les usines à neige vont tourner à plein régime dès l’hiver prochain. D’un point de vue écologique, les canons à neige ont certes fait beaucoup de progrès. Surtout depuis l’abandon des adjuvants depuis maintenant plusieurs années. Il n’en reste par moins que ce procédé génère des nuisances pour l’environnement. Les sols recouverts de neige de culture ont une fâcheuse tendance à l’imperméabilisation, ce qui facilite leur érosion. La production de neige artificielle nécessite en outre des millions de mètres cubes d’eau et une dépense en énergie absolument phénoménale.

Avec tout ça, on en oublierait presque que le ski est à l’origine un sport de nature. Mais une question cruciale reste en suspens. Il ne suffit pas de vouloir fabriquer de la neige pour y parvenir. Nous pouvons investir autant de millions que possible dans des enneigeurs, si le thermomètre ne veut pas descendre en dessous de zéro, rien n’y fera. Et Dame Nature semble bien déterminée à inverser la courbe des températures et à nous imposer sa loi. Il va falloir s’y faire. Mais il existe peut-être une solution : installer un globe, non pas à Roybon, mais au dessus de Notre Dame de France, au Puy-en-Velay. On pourrait y mettre de la neige artificielle dedans. Ce serait joli. En secouant le tout, nous aurions ainsi une magnifique boule à neige, idéale en guise de vitrine touristique pour notre belle région.

Nuit Debout à Lyon : « du miel dans les ruches du patronat »

Alors que la mayonnaise peine un peu à prendre dans quelques villes, notamment à Bordeaux, le mouvement Nuit Debout Lyon continue son petit bonhomme de chemin. Pour finir la semaine, PressNut.com est allé faire un tour sur le « chat » du site Internet du collectif. Et ça bourdonne !

A première vue, le design du site lyonnais consacré à Nuit Debout est bien moins attractif que le site national. Mais qu’importe ! Ce site régional a au moins le mérite d’exister. Contrairement à beaucoup d’autres villes de l’hexagone, qui se contentent d’une sous-section du site parisien, le site lyonnais semble avoir un ou des administrateur(s) et il est mis à jour régulièrement. En plus de proposer les informations classiques sur les dates et heures des rassemblements, il offre également la possibilité d’accéder à quantité d’autres services, tels un forum, un chat, des liens vers les réseaux sociaux ainsi que la webradio.

La webradio, en construction, propose quelques interviews des participants au mouvement. Dans un extrait intitulé « c’est les media qui nous font chier », un individu déclare : « On vit dans un système de merde, de corrompus ! En réalité c’est médiatisé par les media (sic). J’ai juste un truc à dire : je suis contre les antisémites et je pense que les arabes ils sont toujours maltraités. Je suis franco-algérien-allemand et j’ai des lointains parents qui étaient nazis. » Bon. Nous compatissons. Un autre à qui il est demandé ce qui le fait rêver, répond juste : «Rien ! Je suis une personne révoltée. La politique c’est tout du blabla. »

« Y’a bien quelqu’un qui va se lever le cul pour me libérer ? »

Sur le Chat, nous accédons à la discussion par le canal général. Nous sommes très loin des revendications de Nuit Debout. Un certain « Lutch » vient de se connecter. Il a un gros problème. Un dénommé Abdel a dormi chez lui et il est parti avec son téléphone en l’enfermant dans son propre appartement. « MarieFakir » tente de venir à son secours en localisant Abdel. Peine perdue. « Lutch » sort de ses gonds : « Il m’a laissé un sac avec un calebard sale à l’intérieur ! » (calme-toi, Lutch ! Au moins, tu as l’ADN d’Abdel). Après quelques instants, il finit par relativiser : « Il m’a pris mes clés et mon téléphone mais il m’a laissé sa bouteille de Schweppes. Beau geste, quand même. » Le pseudo « LeJu » réagit : « Fair play ! Au frigo, au moins ? » « Même pas » se désespère « Lutch » qui finira par être libéré à 17h47 !

« Lutch » a finalement pu rejoindre la place Guichard, juste à temps pour la première assemblée de 19h. Espérons qu’avec la poisse qu’il se trimballe, il ne se fasse pas attaquer par un homme ivre et déguisé en Tigrou, comme c’est arrivé à des participants de la Nuit Debout de Toulouse mardi dernier (voir l’édition du Parisien du 19 avril 2016). Fort heureusement, les compte-rendus des assemblées générales redonnent un peu de dignité au mouvement Lyonnais. La dernière mouture ne fait aucune mention de la mésaventure de « Lutch » et se concentre plutôt sur les revendications, l’organisation générale et la préparation d’un grand bal populaire le 24 avril. Le groupe « Tractage et diffusion de textes politiques » demande des nouvelles de Bernard Arnault, dont les oreilles doivent fortement siffler. Car, attention messieurs les patrons, « il y a du miel dans les ruches du patronat », et certains semblent bien avoir l’intention de se préparer quelques tartines.

Clermont-Ferrand : « the place to be », selon TheLocal.fr

Le 19 avril 2016, par Thomas Fauveau

Décidément, l’Auvergne a la cote auprès des anglos-saxons ! Après le guide de voyages australien Lonely Planet qui a l’a classée parmi les 10 régions du monde à visiter en 2016, PressNut a repéré un article publié sur TheLocal.fr qui met lui aussi Clermont-Ferrand à l’honneur. Pressnut.com s’est entretenu avec Katie Warren, la journaliste auteur de l’article, une américaine qui a vécu neuf mois à Clermont-Ferrand.

Katie Warren n’y va pas par 4 chemins : selon elle, Clermont-Ferrand n’est rien de moins que la meilleure ville de France. Et la jeune femme sait de quoi elle parle puisqu’elle a résidé dans la capitale auvergnate durant près d’une année. A Chamalières et à Montferrand, elle a travaillé comme professeur d’anglais pour le compte du ministère de l’Éducation Nationale. Née aux États-Unis, formée à l’université du Montana, la journaliste est passionnée depuis longtemps par la langue française et la littérature.

Katie Warren travaille aujourd’hui pour TheLocal.fr, un site d’information en langue anglaise implanté dans neuf pays d’Europe. Sur la totalité de ses éditions, le site compte plus de 4 millions de lecteurs chaque mois. Paul Rapacioli, le fondateur de TheLocal, est originaire de Londres et s’est installé en Suède en 2004 afin de lancer son site d’information. Sa vocation est d’abattre les barrières qui existent entre les pays et de faire se rapprocher les communautés. C’est ce à quoi s’affaire Katie Warren, dans le bureau parisien de TheLocal.fr. Mais visiblement l’Auvergne lui manque.

Clermont-Ferrand, « Liverpool de la France »

« J’ai décidé d’écrire sur Clermont-Ferrand parce que j’en avais marre de tous ces gens disant que Paris, c’est la meilleure ville de France ! Je pense que Clermont-Ferrand est une ville vraiment sous-estimée. C’est vraiment une honte qu’il n’y ait pas plus de gens qui connaissent cette ville. » Dans son article, Katie Warren recense 15 bonnes raisons de venir visiter la ville. De l’environnement à la cathédrale en pierre de lave, nous n’échappons certes pas à quelques clichés mais la jeune femme a su aussi capter l’esprit particulier qui règne à Clermont-Ferrand, notamment lorsqu’elle évoque les 800 groupes de rock qui en font le « Liverpool de la France ».

TheLocal.fr a publié cet article le 13 avril 2016. Il a suscité bon nombre de réactions de la part des internautes. Il faut dire qu’en invitant ses lecteurs a oublier Bordeaux et Toulouse, à se sortir Paris de la tête et à éviter Nice et Marseille à tout prix, la journaliste à su intriguer. L’article qui a compté 10 000 lecteurs le jour de sa parution a été l’article le plus lu sur l’édition française de TheLocal. Clermont-Ferrand, « secret le mieux gardé de France », selon Katie Warren, ne va pas le rester très longtemps…

Lire l’article :

pressnut.thelocal.frCrédit photo : Comité Régional de Développement Touristique d’Auvergne – Joël Damase

Une innovation fun en Auvergne-Rhône-Alpes : la paire de raquettes luminescente

Le 15 avril 2016, par Rédaction AuvergneRhôneAlpes.info

On connaissait les randonnées de raquettes aux flambeaux se pratiquant en France et surtout au Canada, idéales pour les amateurs de nature souhaitant se régaler devant une fondue ou devant un lever de soleil dans un décor de neige . Pour ce faire, une paire de raquette, une lampe frontale ou une lampe de poche suffisaient. Mais, chers amis du futur, nous en voulons toujours plus en terme d’innovation. Voici donc la Lumio Light, une raquette photo-luminescente pour les randonnées nocturnes fabriquée par la société JMM à Thonon-les-Bains.

6 000 paires par an

Nous sommes déjà très fiers que le prototype ait été présenté au salon international du sport à Munich qui s’est déroulé du 5 au 8 février 2015. L’ISPO Munich est le salon leader international des articles de sport et de la mode sportive. En 2014, plus de 80.000 visiteurs professionnels en provenance de plus de 100 pays s’y sont rendus afin de découvrir la large gamme de produits présentée par environ 2 500 exposants, venus respectivement de 51 pays. Or la Lumio Light, puisque c’est son nom, a déjà séduit nombre de clients potentiels. L’objectif était de vendre 3 000 exemplaires d’ici fin 2016. Et à terme, ce nouveau modèle devrait représenter 10 % du chiffre d’affaires du groupe thononais. Le groupe JMM a l’ambition de produire 6 000 paires de Lumio Light par an à l’horizon 2019.

Comment ça marche ?

Cette raquette photo-luminescente agit comme une batterie. Elle se recharge par exposition à la lumière solaire, électrique ou ultraviolet en un temps maximum de 10 minutes. Une fois chargée, la Lumio Light restitue dans l’obscurité l’énergie accumulée. Ces raquettes ont une longue durée de vie, grâce aux pigments cristallins extraits de « terres rares ». L’atout est la sécurité éprouvée dans la nuit noire. Entre les essais, la mise au point, les tests (notamment sur neige par trois skieurs), le marketing…, l’investissement atteint les 15 000 euros.

Le Haut-Savoyard JMM fabrique les raquettes à neige de l’Otan

JMM a fourni depuis 2013 déjà 5 000 paires aux armées de l’Otan et équipe les armées polonaises, espagnoles et norvégiennes. Le Groupe JMM, situé en Haute-Savoie, conçoit également depuis 1990 des raquettes à neige en plastique, commercialisées sous la marque Morpho. Elles ont la particularité de s’adapter à tous les types de chaussures.

Morpho affiche un chiffre d’affaire de 500 000 euros, vend 12 000 paires chaque année et exporte 98% de sa production dans 35 pays, principalement en Finlande, aux États-Unis, en Suisse et en Italie. Les raquettes sont conçues à Thonon-les-Bains et produites dans l’usine Gepstar à la Monnerie-le-Montel, à côté de Thiers.

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Le saint-nectaire s’invite dans les studios de France Culture

Le 07 avril 2016, par Marie Cartigny

Cécile Coulon, jeune et talentueuse romancière originaire de Clermont-Ferrand, ne peut écrire qu’avec de la musique, son « deuxième stylo » et, si possible, en mangeant du saint-nectaire. Son passage sur l’antenne de France Culture le 21 mars 2016 démarre par une dégustation de saint-nectaire. Belle entrée en matière pour parler de ce fromage d’Auvergne.

Personne n’a plus appelé son fils Nectaire depuis des lustres ! Et pourtant, ce saint existe bel et bien. Converti au christianisme, baptisé par l’apôtre Saint-Pierre, il ne s’appelle plus Ypace mais Nectaire. Il fut ordonné prêtre et participa avec Baudime et Auditeur à l’évangélisation de la Limagne d’Issoire aux Monts Dore, à la fin du IIIème siècle. De cette époque, il reste un joyau roman : l’église de Saint-Nectaire, dans le village éponyme. Le bourg qui compte aujourd’hui 728 habitants est (osons le mot) mondialement connu pour ses producteurs de fromages.

Avant d’élucider le mystère de la provenance de ce fromage d’Auvergne Rhône-Alpes, laissons nous saliver et parler fabrication ! Pour faire un bon saint-nectaire, il faut 13 à 14 litres de lait cru, transformé immédiatement après chaque traite. Il faut également 4 à plus de 8 semaines d’affinage sur de la paille de seigle, avec des frottages réguliers à l’eau salée. Une fois que la croûte a pris sa couleur gris orangé, le fromage est prêt à être dégusté par Cécile Coulon sur France Culture. Mais aussi ailleurs puisque le saint-nectaire est la première AOC fermière de France en volume.

Pas bon le savaron…

Où peut-on trouver les vaches laitières ? Exclusivement sur la zone d’appellation, à savoir à cheval sur les départements du Puy-de-Dôme et du Cantal. L’aire d’appellation du saint-nectaire, la plus petite d’Europe avec seulement 1 800 km2, se situe sur les terres des Monts Dore à une altitude comprise entre 800 et 1 500 mètres. Attention à ne pas confondre le saint-nectaire avec le savaron qui n’est qu’une pâle copie inventée par l’administration française en 1945 pour tromper son monde.

Mais revenons aux origines du Saint-Nectaire qui, historiquement, se situent au 17ème siècle : après la signature du traité de paix entre la France et l’Espagne, le Maréchal Henri II de Sennecterre, est fait Gouverneur de Metz et Vic de l’Evêché de Verdun. En 1666, Louis XIV érige la baronnerie de la Ferté Saint-Nectaire en Duché-Prairie. Henry II de Sennecterre se consacrera alors à la promotion du fromage qui porta, dès lors, le nom de cette illustre famille auvergnate.

Écoutez Cécile Coulon sur France Culture :

L’Institut Paul Bocuse crée une école de formation en Asie

Le 06 avril 2016, par Rédaction AuvergneRhôneAlpes.info

Le Groupe DUSIT, en partenariat avec l’Institut Paul Bocuse, a officialisé le 31 mars 2016, en présence du Ministre du Tourisme Philippin, M. Ramon Jimenez, Jr. et de 250 représentants locaux du monde de l’Hospitality, le lancement de programmes de formation continue à destination des professionnels de l’hôtellerie et de la restauration. Dispensés sur son nouveau campus à Manille qui ouvrira en 2017, ils accompagneront ces professionnels vers une montée en compétences opérationnelles et managériales pour répondre aux enjeux d’un marché asiatique en plein développement.

Parmi les références mondiales en formation, l’Institut Paul Bocuse basé à Ecully, combine historiquement savoir-faire français et innovation en arts culinaires. Associés aux valeurs d’éducation véhiculées par le groupe international thaïlandais DUSIT, en fort développement (une quarantaine d’ouvertures d’hôtels programmées en Asie), ils entendent ensemble révolutionner les standards de l’hôtellerie-restauration et de la gastronomie pour créer des programmes exclusifs et professionnalisants adaptés aux évolutions d’un secteur très dynamique.

Paul Bocuse « Chef du siècle »

Dominique Giraudier, Directeur général de l’Institut Paul Bocuse, a commenté cette information : « Je me réjouis de cet accord stratégique avec ce leader de l’hôtellerie asiatique : le Groupe DUSIT. Il consolide la reconnaissance de la qualité de notre formation au niveau international et doit faire rayonner notre savoir-faire français en matière d’hôtellerie et de restauration dans une zone touristique stratégique. Il nous permet également d’accompagner la montée en compétences des jeunes Philippins dans le respect de leur culture. Avec cette nouvelle étape, nous poursuivons notre stratégie d’alliances et de partenariats internationaux afin de donner l’opportunité à nos étudiants de bénéficier au cours de leur formation, d’échanges internationaux privilégiés ; à nos futurs diplômés de pouvoir jouer un rôle dans le développement de ces nouvelles zones de croissance. D’autres concrétisations devraient être rapidement annoncées en ce sens. »

Auvergne Rhône-Alpes : fusion des Régions et éruption du tourisme ?

Le 05 avril 2016, par Marie Cartigny

Le rassemblement des régions Auvergne et Rhône-Alpes a eu pour conséquence l’émergence d’une nouvelle entité administrative. Il se trouve que ce nouvel ensemble est devenu de fait la deuxième région touristique de la première destination mondiale.

Lyon, seconde capitale économique après Paris est une destination attractive pour les étrangers. En témoigne la Fête des Lumières qui a accueilli lors de sa 16ème édition, en 2014, plus de 3 millions de personnes venues du monde entier. On imagine les rues étroites de Lyon grouillantes et embellies par les jeux de lumières… On imagine seulement, car la fête prévue pour 2015 a été reportée au mois de décembre 2016 en raison des attentats survenus le 13 novembre dernier à Paris. La Ville de Lyon a souhaité ainsi faire acte de résistance et de solidarité.

Et l’Auvergne dans tout ça ? Est-ce un nouvel eldorado pour le patrimoine français ? L’ancienne région Rhône-Alpes saura t-elle réussir la fusion et tirer parti des terres auvergnates, terres d’aventure et de patrimoine ? L’ancien Conseil régional d’Auvergne avait pour slogan sur son site : « La région juste et grande ». Les responsables du tourisme auvergnats ont même réussi à attirer les rédacteurs du célèbre guide touristique australien « Lonely Planet » pour leur faire visiter l’un des plus beaux villages de France, Montpeyroux. Ce guide de voyage a ainsi hissé l’Auvergne au 6ème rang mondial des régions incontournables à visiter !

Jugez par vous même de l’extrême extase dans laquelle le « Lonely Planet » fût plongé en lisant cet extrait : « L’Auvergne, sixième région du classement, est un joyau méconnu, avec ses vallées glaciaires et ses sommets volcaniques. Elle se réinvente pour mieux accueillir les voyageurs (activités de plein air, ambitieux projets artistiques…), le tout sans céder une once à son charme rural. »

Un nouvel eldorado touristique ?

Conscient de cette attractivité, Laurent Wauquiez, président de la nouvelle Région Auvergne Rhône-Alpes, s’est engagé, aux côtés de la mégalopole lyonnaise, à dynamiser l’ensemble du parc touristique en Auvergne. Ceci génère déjà des emplois grâce, notamment, au thermalisme auvergnat. Avec 20 milliards d’euros de consommation touristique, 138 000 emplois directs et 180 millions de nuitées, Auvergne Rhône-Alpes est la deuxième région touristique de la première destination mondiale.

Le tout est de trouver une cohésion à ce nouvel ensemble. Ainsi, des thématiques d’excellence telles que la pleine nature, le thermalisme et la pleine santé ou encore les stations de montagne constitueront le cadre d’intervention privilégié de la Région en matière d’investissements. Une réflexion sur l’accompagnement en faveur des hébergements sera menée dans les semaines à venir.

En parallèle, la fusion des deux Comités Régionaux de Tourisme (CRT) Auvergne et Rhône-Alpes est prévue pour mi-2016. Ce rapprochement permettra de disposer d’une plateforme performante au service des destinations infra régionales, dont l’Auvergne qui bénéficiera toujours d’une promotion ad hoc. Le projet finalisé en faveur de l’économie touristique régionale sera ensuite présenté aux partenaires concernés début septembre pour une entrée en vigueur le 1er Janvier 2017.

Reste que je ne peux n’empêcher de me souvenir de ces paroles de ma chère grand-mère : « Marie, ne dites jamais à quel point l’Auvergne est belle, sinon tout le monde va vouloir venir. »

Le Clust’R Numérique d’Auvergne-Rhône-Alpes devient le plus grand cluster numérique de France

Le 04 avril 2016, par Rédaction AuvergneRhôneAlpes.info

Le Clust’R Numérique continue de se déployer dans la nouvelle grande Région Auvergne-Rhône-Alpes, avec l’ouverture de l’Antenne Deux Savoie qui sera animée par Stéphanie Peray et la création, à Clermont-Ferrand, de deux postes d’administrateurs pour l’Auvergne. Avec plus de 300 entreprises cotisantes, il est désormais le plus grand cluster numérique de France et pèse près de 50 % du poids économique de la filière numérique de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Cette dernière vient de mandater le Clust’R Numérique pour accompagner, à ses côtés, la dynamique régionale French Tech.

En trois ans, sous les présidences de Laurent Fiard et de Jean-Michel Bérard et sous la direction de Thierry Alvergnat, le Clust’R Numérique aura connu une accélération sans précédent. Avec la transformation de son modèle économique, il aura réussi à fédérer plus de 300 adhérents cotisants, soit 8 nouveaux adhérents par mois, dont 85 % d’ETI de la région. Selon l’étude de la DIRRECTE, il représente 22 000 emplois et 2,2 Md€ de CA consolidé.

S’il bénéficie historiquement du soutien des collectivités comme la Région Auvergne-Rhône-Alpes, la Métropole de Lyon et la Metro, Grenoble-Alpes Métropole, le Clust’R Numérique a su convaincre plus récemment des acteurs privés de premier ordre de soutenir son développement : Hiscox, IBM, F-Initiativas, Appolo, Wis… (Startups, PME, ETI, Entreprises), des laboratoires de recherche et des organismes de formation. Son équipe de 6 personnes contribue à favoriser la performance et l’innovation de ses adhérents, par l’organisation de networking, le partage de bonnes pratiques et de l’état de l’art au travers d’actions concernant le business et l’innovation, l’export, l’entrepreneuriat, la formation et l’expertise.

3 500 participants

Le Clust’R Numérique organise ou co-organise, chaque année, plus d’une cinquantaine d’événements alliant information, formation et networking qui fédèrent 3 500 participants. Il diffuse environ 5 000 appels d’offres à ses membres, initie une quarantaine de rencontres business qualifiées, et accompagne une trentaine de PME à l’international lors de manifestations majeures telles que le CES, ou le WebSummit,… Le concours régional de pitch 333 permet à des startups d’être identifiées (26 startups en 2015) et d’être mises en relation avec des grands comptes comme Schneider Electric, Alsthom Hydro, Procter & Gamble (33 startups en 2015).

Les projets labellisés par le Clust’R Numérique bénéficient d’un accès privilégié aux acteurs du financement de l’innovation : BPI, INPI, ARDI. 3 projets ont été financés en 2015. Le Clust’R Numérique agit également pour faciliter les recrutements dans la filière. Son JobBoard a permis d’organiser une soixantaine de mises en relation entre candidats et employeurs. Il conduit, en partenariat avec la Web@cademie et la fondation CEGID, des opérations d’information auprès des collégiens pour les sensibiliser aux débouchés de la filière numérique en région.

La Région fait de l’apprentissage sa priorité et maintient son soutien aux CFA, au plus près de leurs besoins

Le 02 avril 2016, par Rédaction AuvergneRhôneAlpes.info

Stéphanie Pernod-Beaudon, Vice-présidente à la Région Auvergne Rhône-Alpes, déléguée à la formation professionnelle et à l’apprentissage, s’est rendue depuis janvier à la rencontre de plusieurs centres de formations d’apprentis (CFA) sur le territoire, et souhaite réaffirmer le soutien de la Région à l’apprentissage, « voie royale » vers l’emploi. « Il est primordial que nous fassions d’Auvergne Rhône-Alpes une région leader en matière d’apprentissage » insiste-t-elle.

La Région Auvergne Rhône-Alpes entretient un dialogue fort et de qualité avec chaque CFA afin de connaître au plus précis les spécificités et la qualité pédagogiques, ainsi que la situation financière de chacun des établissements du territoire. La réforme de la taxe professionnelle de 2014 a eu pour effet d’augmenter les ressources autres que régionales de certains CFA. En 2015, les 60 CFA du territoire rhônalpin ont ainsi perçu plus de 10 M€ supplémentaires de taxe d’apprentissage et l’évolution de l’activité économique et de la masse salariale permet d’estimer une collecte de taxe d’apprentissage globalement aussi bonne en 2016.

Par cette connaissance pointue des établissements, de leur environnement et de leurs particularités, la Région Auvergne Rhône-Alpes est en mesure d’apporter à chaque CFA un soutien financier correspondant à ses besoins de fonctionnement et à la réalisation de ses projets. Cela permet également, dans un rôle de péréquation, de soutenir plus fortement les CFA qui attirent structurellement moins de taxe d’apprentissage que ceux qui en ont des recettes importantes.

Un fort investissement dans les CFA

Cette connaissance de la performance des CFA grâce à des indicateurs qualitatifs et quantitatifs permet à la Région de gérer de manière efficiente le soutien à l’apprentissage : elle renforce son attention concernant la qualité de la formation et le suivi des apprentis, et conditionne une partie des financements à l’atteinte des objectifs régionaux en la matière.

Les marges de manœuvre ainsi dégagées vont permettre à la Région Auvergne Rhône-Alpes d’accroitre son effort en faveur de l’investissement dans les CFA et pour le développement de l’apprentissage (préapprentissage, problématique du transport, hébergement et restauration des apprentis, promotion de l’apprentissage…)

« La Région Auvergne Rhône-Alpes s’appuie sur l’effet levier de la réforme de la taxe d’apprentissage : les CFA renforcent leur autonomie grâce à la perception de recettes autres que régionales et la Région renforce son action de péréquation entre les CFA et garantit son effort pour le développement de l’apprentissage sur des actions qualitatives et d’avenir. » résume Stéphanie Pernod-Beaudon. « Notre soutien à l’apprentissage reste indéfectible. »