Le FASST met le turbo pour les places en crèche en Rhône-Alpes

Le 09 mars 2017, par Eric Loszycer

Enfin une solution rapide pour la garde d’enfants des travailleurs intérimaires. Le Fonds d’Action Sociale du travail temporaire (FASST) a signé une convention de partenariat avec 6 réseaux de crèches d’entreprise présents en Rhône-Alpes. En tout, cela fait 65 crèches pour la Région. Les explications d’Henriette Manoukian, chargée de mission d’action territoriale pour le FASST.

AuvergneRhôneAlpes.info : Quel a été l’élément déclencheur de cette initiative ?

Henriette Manoukian : Le Fonds d’Action Sociale du travail temporaire est une structure qui accompagne les intérimaires dans leur accès à l’emploi. Nous intervenons pour trouver une solution aux freins qui empêchent ces personnes d’obtenir un travail. La demande des intérimaires aujourd’hui porte majoritairement sur le crédit, le logement et la garde d’enfants. Nous avons donc développé des solutions en lien avec ces problématiques. Pour cette dernière, il y a naturellement la crèche mais nous proposons aussi de la garde à domicile qui offre une plus grande souplesse et que l’on peut activer du jour au lendemain.

AuvergneRhôneAlpes.info : Quelqu’un qui obtient un travail dans une agence d’intérim et qui vous contacte se voit-il automatiquement proposer une place en crèche ?

Henriette Manoukian : En premier lieu, nous travaillons aussi bien avec les enseignes, les agences, les grands groupes que les PME. Le FAAST peut être contacté par le numéro vert ou via son site internet. Maintenant, les intérimaires ayant trouvé une mission peuvent également faire une demande. Nous donnons ensuite une réponse sous 48h maximum car l’essence même de l’intérim c’est la réactivité. Malheureusement, nous ne couvrons pas encore tout le territoire de la Région Auvergne Rhône-Alpes. Sur le département de l’Ain par exemple, nous n’avons pas de places de crèche à proposer car il y a peu d’intérimaires. À nous de développer des partenariats pour avoir un maillage plus fort.

AuvergneRhôneAlpes.info : Comment est structuré le FAAST ?

Henriette Manoukian : Le fonds d’action sociale du travail temporaire est un organisme paritaire composé de syndicats, de représentants des salariés et des agences. Nous sommes rémunérés uniquement par les agences d’intérim qui nous versent une cotisation chaque années selon leur masse salariale. Nous ne sommes pas un service public du travail comme le Pôle-Emploi. Nous mettons en place un bouquet de services à destination des intérimaires.

AuvergneRhôneAlpes.info : Les intérimaires connaissent-il plus de difficultés pour faire garder leurs enfants ?

Henriette Manoukian : C’est une catégorie de travailleurs qui connaît davantage la précarité. Je pense aux mères isolées, aux parents trimballés d’un endroit à un autre en raison des missions. Notre action permet une démocratisation des solutions sociales. Ce ne sont plus seulement les personnes qui gagnent bien leur vie qui peuvent se payer une nounou pour aller travailler. Les petits revenus en nous appelant peuvent aussi bénéficier d’une garde pour leurs enfants.

AuvergneRhôneAlpes.info : Vous revendiquez le fait d’apporter des aides pour sécuriser la vie professionnelle des salariés intérimaires. Concrètement, ça se passe comment ?

Henriette Manoukian : Pour la crèche, les intérimaires payent en fonction de leur quotient familial. Ça va de quelques centimes à 2,90 euros de l’heure. Ce faible coût sécurise la garde d’enfants. Nous intervenons aussi sur des solutions logements. À partir de 600 heures de mission, nous nous portons garant de l’intérimaire sur des logements du secteur privé. Nous apportons le loyer de l’intérimaire et ensuite l’intérimaire nous rembourse. Si jamais il y a des carences de paiement, le propriétaire va continuer à percevoir son loyer.

AuvergneRhôneAlpes.info : Sur quelles autres actions travaille le FASST en ce moment ?

Henriette Manoukian : Développer la mobilité des intérimaires. L’année dernière nous avons travaillé sur un accompagnement au permis de conduire. Pour les intérimaires qui n’ont pas le permis nous proposons un coaching et un cofinancement.

Propos recueillis par Éric Loszycer

Rover sera en concert au Bournot à Aubenas le 25 Février 2017 – Interview

Rover a réalisé son deuxième album « Let It Glow » chez lui, en Bretagne, et l’a enregistré au Studio Kerwax Loguivy-Plougras. Le chanteur rock, à la voix singulière, présente après un premier album unanimement remarqué en 2012 par la critique, son dernier album en Ardèche et se livre aux questions de notre rédaction.

AuvergneRhôneAlpes.info : Vos parents sont français et vous ont fait voyager, quelles influences cela a eu sur vous ? Et sur votre formation musicale ?

Rover : Cela est toujours compliqué de savoir ce que l’on retient des voyages. En tout cas, cela transpire dans la façon dont je fais la musique, je le sens… Savoir comment, c’est toujours un peu mystérieux . En tout cas, j’ai toujours retiré des voyages une forme, curieusement, d’amour de mon propre pays. Cela ne veut pas dire que je ne suis pas bien à l’étranger mais de voir son pays de loin et devoir en parler à des gens qui ne le connaissent pas très bien, il y a quelque chose de très romantique en fait. On est en train de parler d’un pays que l’on aime, que l’on a quitté et pour qui on a un sentiment de culpabilité de l’avoir quitté, et que l’on retrouve en savourant chaque jour des petites choses que nous offre ce retour au pays : que ce soit un simple café-croissant ou la culture ou une météo…

C’est tellement intense de voyager pour moi, c’est aussi se déloger de certains repères, savoir se faire discret, observer les gens vivre quelque soit la culture. J’ai eu la chance de voyager au Moyen-Orient et ça a été une expérience assez forte puisque ce sont d’autres mœurs, d’autres rythmes de vie et ce qui est est curieux, c’est que les objectifs de vie sont les mêmes, ils veulent vivre pleinement leurs vies en paix. Voilà ce sont des leçons de vie très fortes et qui mettent du temps à être digérées. Il faut tout prendre dans le voyage.

AuvergneRhôneAlpes.info : Vous avez été guitariste dans un groupe de punk rock à Beyrouth pendant trois ans, quels souvenirs en gardez-vous ?

Rover : Le premier souvenir qui me revient, déjà, c’est d’être un élément parmi d’autres au sein d’un groupe donc la vie en groupe avec un groupe de rock est très différent d’un projet solo où l’on porte seul les responsabilités mais aussi les réussites ou les échecs. C’est savoir vivre en communauté, savoir vivre avec les qualités et les défauts des autres, cela tient presque du sport collectif et faire du punk rock au Liban c’est quand-même assez atypique. Ce n’est pas un pays qui est prédestiné à recevoir une scène de punk rock et nous avons eu à la créer. Nous avons tout créé nous mêmes : un Label, une scène, fédérer des jeunes pour qu’ils viennent aux concerts. C’est apprendre les ficelles du métier sans s’en rendre compte.

AuvergneRhôneAlpes.info : Passer du punk-rock au rock romantique, vous paraît-il allant de soi ? Et musicalement, est-ce sauter le grand pas pour un autodidacte ?

Rover : Il n’y a pas une énorme différence. Je pense que cela réside surtout dans le niveau de volume de l’amplificateur. On baisse un petit peu plus son amplificateur c’est tout et on laisse la place aux chants (rires). Après c’est le lieu qui fait que c’était punk, nous avions peu de moyens, nous répétions dans une ancienne station service, nous faisions tout nous-mêmes, nous avions une vieille coccinelle, nous avions une même voiture où nous mettions tout dedans. Nous avions une vraie démarche punk mais la musique n’était pas si éloignée de celle que je fais seul.

AuvergneRhôneAlpes.info : En 2013, vous interprétez une chanson en français de Jacques Dutronc « Le temps de l’amour », est-ce le message que vous voulez faire passer à travers votre musique ?

Rover : Je ne sais pas s’il y a un message en réalité. Je fais beaucoup de musique pour moi, assez égoïstement pour réveiller des émotions qui sont difficiles à exprimer autrement. C’est une manière d’exprimer ses doutes, ses forces, ses qualités. C’est très complexe en fait la démarche artistique, qu’est-ce qui nous pousse à écrire des chansons, à en faire un disque, à le jouer sur scène ? Je pense que c’est de l’ordre de l’intime, il y a quelque chose de très mystique là-dedans. Il n’y a pas de message, juste l’intention de ne pas se laisser abattre par un quotidien et d’avoir l’ambition de réaliser ses projets, quitte à se tromper, de ne pas avoir peur de se tromper. C’est plus quelque chose de cet ordre-là, quelque chose de sous-jacent et de moins informatif qu’un message.

AuvergneRhôneAlpes.info : Il y a beaucoup d’influence gainsbourienne dans vos albums dont « Let it glow », le premier titre de votre album, nous pensions à Melody, dans Melody Nelson…

Rover : C’est un disque que j’ai beaucoup écouté et que j’aime particulièrement chez Gainsbourg. Il se trouve que la console que j’ai utilisée en studio a servi à Gainsbourg pour enregistrer Melody Nelson. Forcément il y a peut-être une sonorité ou quelque chose de l’inconscient qui a voulu que je fasse cette partie de basse… Sachant que l’album Melody Nelson a été composé essentiellement autour du jeu de basse. S’il y a ne serait-ce qu’un écho à ce disque, c’est déjà un honneur.

AuvergneRhôneAlpes.info : Vous voyez-vous, vous qui aimez l’isolement, composer votre 3ème album aux fins fonds de l’Ardèche ?

Rover : Pourquoi pas ? Le lieu importe peu et en même temps il est très important parce qu’il faut que je m’y sente bien et le fin fond de l’Ardèche je le connais assez peu. Ce serait une expérience de me déloger et de m’installer dans un nouveau lieu. Je ne me l’interdis pas, sait-on jamais ?

Propos recueillis par Marie Cartigny

Crédit photo : Gassian

Le site Internet de Rover
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Rhône : Établissement Français du Sang cherche donneurs

Le 09 février 2017, par Eric Loszycer

Aujourd’hui les besoins en sang et en plaquettes sont très loin d’être comblés. Le docteur Vincent Bost, responsable des prélèvements du Rhône dresse un constat alarmant.

De combien de poches de sang en réserve avez vous besoin ?

Docteur Vincent Bost : Pour la région Rhône-Alpes-Auvergne, nous avons besoin de 1400 dons par jour. Beaucoup de donneurs sortent de nos fichiers pour des raisons médicales, il faut donc un gros renouvellement.

Quelle est la durée de conservation des produits sanguins ?

Dr V.B : On parle de trois produits essentiellement. Le premier ce sont les globules rouges, il s’agit de sang total et la durée de conservation est de 42 jours. On récupère aussi des plaquettes plus fragiles dont la durée de conservation n’est que de 5 jours et le plasma se conserve environ un an congelé.

Est-ce qu’il y a des groupes sanguins dont la pénurie est plus grande ?

Dr V.B : Je dirai plutôt qu’il y a des groupes sanguins qui sont plus facilement distribuables. C’est le AB+ qui est le plus utile pour la transfusion de plasma pour des raisons de complémentarité entre les globules, les antigènes et les anticorps présents chez chaque donneur.

Pouvez-vous rappeler à quoi servent les plaquettes ?

Dr V.B : Les plaquettes interviennent comme un élément qui va permettre de juguler une hémorragie dans le sens de réparer les plaies des vaisseaux. De temps en temps, il ne suffit pas de remplir en remettant du volume avec des globules rouges ou du plasma qui sont les transporteurs d’oxygène. Il faut aussi des plaquettes pour stopper l’écoulement de sang.

La période des vacances de février est-elle une période où les besoins en don du sang augmentent ?

Dr V.B : Avec les vacances, les gens donnent moins. De plus avec la grippe ou la gastro-entérite, le nombre de donneurs se réduit et la pénurie est plus grande. Notre objectif est de fidéliser les donneurs afin qu’ils viennent régulièrement.

Quelles indications donnez-vous avant une prise de sang ?

Dr V.B : Il ne faut venir que lorsque l’on se sent en pleine forme. Le point principal c’est l’hydratation. On enlève un volume sanguin ou plasmatique. Mieux on compense après la prise de sang et meilleur est la tolérance. Les gens n’ont pas souvent la notion des volumes d’hydratation qui sont nécessaires pour compenser une poche de sang qui fait aux alentours d’un demi litre.

Propos recueillis par Éric Loszycer

Si les lecteurs d’AuvergneRhôneAlpes.info veulent donner leur sang, ils peuvent se rendre dans l’établissement français du sang de leur région. Celui du Rhône se situe 3 cours Charlemagne à Lyon. La précaution est de venir bien hydratée. La Maison du don est ouverte du lundi au vendredi de 8h à 19h et le samedi de 9h à 13h.

La ville de Sauxillanges en plein remue-méninges

Le 15 novembre 2016, par Marie Cartigny

Depuis mai 2016, quatre architectes ont transformé l’ancien garage Renault du bourg de Sauxillanges en QG (La Mécanique du Bourg) pour tenter de résoudre, au plus près des habitants, avec leurs propres « caisses à outils », les problématiques liées au bâti, à l’espace public, à la vie sociale et culturelle. Émeline Romanat, architecte-médiatrice au sein de L’association, bureau d’étude associatif, créé il y a un peu plus d’un an à l’occasion de l’appel d’offre sur le bourg d’Ambert, a répondu aux questions de PressNut News.

Vous êtes en résidence depuis mai 2016 à Sauxillanges, quel a été votre premier sentiment sur la ville et ses habitants ?

Très positif. Nous avons été très bien accueilli à la fois par l’équipe municipale en place et les premiers habitants que nous avons rencontrés. Nous avons senti que la ville regorge de « personnes ressources » et qu’il y a plein de projets soit en sommeil, soit en cours. Des projets qui sont assez prometteurs comme le Jardin pédagogique qui vient de démarrer mais aussi il y a tout un groupe de militants autour de l’AMAP et de la Doume, la monnaie locale. C’est un groupe très actif que nous avons rencontré assez rapidement. L’AMAP, ce sont des paniers de produits locaux qui sont distribués une fois toutes les deux semaines au dortoir des moines. Les AMAP sont des ensembles de producteurs qui viennent faire de la vente directe locale.

Votre atout au sein de l’Association est de fédérer des énergies, quelles sont vos actions pour ce faire ?

Nous avons tout un tas d’actions. Déjà le fait d’être en résidence. Pour nous, c’est un peu l’outil central, c’est-à-dire qu’une semaine par mois, nous occupons les lieux. Nous sommes en immersion ce qui nous permet de rencontrer des gens de manière fortuite en allant au marché, en allant faire nos courses. Donc, déjà c’est une chose qui est très importante pour nous. Cela nous permet d’être repérées.

Le local, cet ancien garage, c’est une forme de QG où nous proposons une certaine pédagogie. Cette présence régulière crée des habitudes, une fois sur l’autre les villageois viennent nous revoir. Ils savent que nous sommes là toutes les dernières semaines en fin de mois. Il s’agit donc vraiment d’un travail au long cours avec une confiance qui se crée au fur et à mesure et qui se consolide tout au long de l’étude. Ensuite, nous fédérons les énergies, nous développons tout un tas d’outils autour cette dynamique. Cela représente un important travail de communication. Du coup, comme nous nous sommes installés dans un garage, nous ce que nous aimons faire c’est raconter toute une histoire autour de ça. Par exemple, nous avons renommé le lieu en arrivant : « La Mécanique du Bourg ». Dès lors, dans nos communications, nous travaillons beaucoup autour de cette métaphore de la mécanique, nous proposons aux gens de voir ce qui se passe sous le capot de la ville. Nous recréons un univers : nous sommes en bleu de travail et les habitants nous appellent « les mécaniciennes ».

Fédérer des énergies va passer par des réunions que nous organisons : en fait, au fur et à mesure que l’étude avance, une partie de notre travail consiste aussi à repérer des porteurs de projets et essayer de voir comment les accompagner au mieux et comment faire en sorte qu’ils trouvent leur place dans un projet d’ensemble. Par exemple, ces personnes qui font parties de l’AMAP et de la Doume nous ont sollicitées assez tôt en nous disant qu’ils avaient, suite à la fermeture de la supérette en centre-ville, pour projet de réfléchir soit à créer un magasin de producteurs, soit un magasin géré par des consommateurs. En tout cas quelque chose qui propose à la vente des produits en vrac, des produits locaux et donc quelque chose qui n’existe pas encore à Sauxillanges.

Nous essayons de capter ce qui se passe dans l’air et de réunir les différents interlocuteurs porteurs de projets autour d’une table afin de voir comment passer à l’action. En huit mois, nous ne pourrons pas tout faire mais au moins nous pourrons amorcer des actions et planter des graines.

Vous faites appel à des intervenants extérieurs également ?

Par exemple, nous avons un partenariat avec le DASA, le Développement Animation Sud Auvergne, une association amie à qui nous avons demandé de faire délocaliser une action qui existe déjà. DASA est basé à Brioude et ils font de l’accompagnement aux porteurs de projets, c’est vraiment leur métier. Notre association, qui réunit des architectes, a plutôt vocation à s’occuper de l’aménagement de l’espace. Donc là, nous avons proposé à Marie du DASA de faire une permanence quand nous serions présentes. Et comme nous avions déjà identifié les projets en sommeil ou en attente on lui a calé des rendez-vous, sur toute une matinée, elle a ainsi pu rencontrer 5 ou 6 porteurs de projets et elle a enclenché un premier contact. Elle va pouvoir maintenant avancer avec eux et les accompagner plus loin puisqu’elle a les compétences pour parler de toute la partie économique, poser les problèmes et leurs envies et identifier ce dont les gens ont besoin. Elle a vraiment une méthode pour cela et du coup il y a eu une première permanence qui s’est tenue et qui a été très positive.

Et vous en tant qu’architecte, quel est votre diagnostic sur la ville de Sauxillanges ?

Nous avons fait 3 mois d’enquêtes partagées où nous avons embarqué des habitants avec nous pour élaborer un diagnostic et du coup l’étude que nous menons touche un ensemble de sujets très vastes. Le diagnostic est résumé en 6 carnets.

Les problèmes de circulation en ville est le sujet le plus frappant et la première chose dont le public nous parle. Ce qui se passe à Sauxillanges au niveau de la circulation est que le village n’a pas eu de grosses réfections de voiries depuis un certain temps : la voiture prend énormément de place que ce soit au niveau du stationnement ou de la circulation. Le diagnostic que nous en faisons est que certains axes sont très passants où clairement il n’y a pas d’aménagement pour les piétons ni pour les vélos. Il y a du coup des problèmes de sécurité, de bruit qui sont très compliqués.

Nous pensons que c’est donc la première action à mener : travailler à apaiser la circulation. Pourquoi ne pas créer une zone 30 sur l’ensemble du centre-ville. La manière que nous avons d’avancer est de proposer plusieurs scénarios. Nous avons donc proposé au niveau de la circulation, un scénario qui provoque un grand chamboulement où la voiture est vraiment très restreinte ou un scénario minimum où l’on fait quelques aménagements sur des endroits qui sont très dangereux, par exemple au niveau du château, à l’entrée de la rue des moines, il y a un resserrement, donc nous interviendrons sur des secteurs clés. Soit un scénario intermédiaire.

Que va-t-il se passer à la fin de votre intervention ?

A la fin de notre intervention, vu que nous abordons beaucoup de sujets et que nous devons proposer à la Commune une feuille de route avec toutes les actions à mettre en place dans les années qui arrivent, il va falloir que nous fassions un espèce de bilan financier et démontrer où mettre le paquet, et prioriser les choses.

Nous sommes dans une phase où nous explorons les possibles. Dans la troisième phase qui aura lieu de novembre à Janvier, nous allons commencer à concrètement mettre en place des actions avec l’équipe communale : qu’est-ce que l’on fait et où nous mettons le paquet ? Il se peut que nous mettions l’accent budgétaire sur la circulation parce qu’effectivement, il s’agit d’un gros problème.

Tous les scénarios que nous avons mis en place, nous les avons faits pour essayer de voir s’il y avait une chose qui ressortait, une direction et à l’heure qu’il est, nous ne pouvons pas dire qu’il y ait un scénario qui ait fédéré tout le monde. Le scénario « Village détendu » où Sauxillanges devient un peu un village dortoir (les habitants ne travaillent dans leur commune / ou travaillent tous hors de leur commune, ils sont très dépendants de la voiture) a retenu l’attention de certains habitants. Notre crainte à L’association est que ce scénario risque d’arriver si aucun projet ambitieux ne voit le jour ; c’est la tendance vers laquelle nous allons s’il n’y a pas d’action communale et citoyenne.

Cependant, le scénario au niveau du patrimoine constitue une véritable carte à jouer à Sauxillanges mais avec un bémol : les habitants ne veulent pas être un village mis sous cloche pour faire plaisir aux touristes.

CPIP : les oubliés de la pénitentiaire disent stop !

Le 23 mai 2016, par Rédaction AuvergneRhôneAlpes.info

Les conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation (CPIP) en ont ras-le-bol et ils veulent le faire savoir. Le sentiment de ne pas être suffisamment représenté, les promesses non tenues des gouvernements successifs et leur exclusion des revalorisations salariales ont mis le feu aux poudres. En Auvergne Rhône Alpes, une délégation a été reçue par le directeur de cabinet de Laurent Wauquiez. PressNut a rencontré l’intersyndicale du mouvement*.

PressNut : quels syndicats représentez-vous ?

Intersyndicale CPIP : le SNEPAP FSU syndique des personnels de l’administration pénitentiaire. Au sein de la CGT pénitentiaire UGSP, qui était à la base multi-catégorielle, la filière insertion-probation possède depuis deux ans sa propre entité. Nous avions le sentiment de ne pas être suffisamment représenté et que nos revendications n’étaient pas assez portées, contrairement aux surveillants pénitentiaires.

PressNut : votre métier n’est pas très connu du grand public…

Intersyndicale CPIP : à l’origine il y avait les éducateurs de prison. Une première reforme a créé les comités de probation en milieu ouvert et les services socio-éducatifs en milieu fermé. En 1998, une réforme a créé le service pénitentiaire d’insertion et de probation. Ces services sont rattachés à chaque Tribunal de Grande Instance. Il en existe un par département. Aujourd’hui nous sommes 3 500 conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation au niveau national.

PressNut : c’est quoi votre job ?

Intersyndicale CPIP : nous sommes des fonctionnaires qui dépendons du ministère de la Justice et de l’administration pénitentiaire. Nous sommes là en tant qu’agents de probation mais aussi en tant que travailleurs sociaux pour accompagner les gens et empêcher la récidive. Il faut différencier le métier de CPIP en milieu ouvert et en milieu fermé. En milieu fermé, nous préparons la sortie et en milieu ouvert nous accompagnons la réinsertion. Un CPIP doit savoir faire les deux.

PressNut : oui mais plus précisément, quelles sont vos missions ?

Intersyndicale CPIP : nous maintenons les liens familiaux, nous luttons contre les effets désocialisants de l’incarcération. Nous mettons en place des actions collectives  telles que l’éducation à la santé, des animations autour de l’art ou encore la culture. Nous travaillons surtout avec les condamnés sur la peine qui doit avoir un sens. Nous sommes le lien entre la personne condamnée, l’extérieur et le juge d’application des peines. En milieu ouvert ou en milieu fermé, nous menons une réflexion avec le condamné : quel est son positionnement face à la victime ? Quelle perception a t-il de son avenir ? Quelles stratégies mettre en place afin d’éviter de commettre à nouveau des faits similaires ?

PressNut : pourquoi avoir initié un mouvement de protestation ?

Intersyndicale CPIP : on nous demande de nous former, ce qui demande du temps. Nous manquons cruellement de visibilité. Nous avons toujours eu le sentiment d’être le parent pauvre, le travailleur de l’ombre de l’administration pénitentiaire. Pourtant on nous demande beaucoup de choses. Nous sommes très volontaires pour effectuer de nouvelles missions mais nous n’avons aucun retour. Christiane Taubira a affiché des recrutements qui n’ont pas été menés complètement à leur terme. Il y a eu une revalorisation affichée de l’ensemble des personnels de l’administration pénitentiaire, or dans la réalité, les CPIP n’ont pas été concernés par ces mesures. La filière insertion et probation a été exclue des revalorisations. Ce qui a mis le feu aux poudres.

Les travailleurs de l’ombre

PressNut : quelles sont vos revendications ?

Intersyndicale CPIP : nous demandons une augmentation des effectifs, une reconnaissance statutaire et indemnitaire comme d’autres agents de l’administration pénitentiaire ont pu l’obtenir. Nous avons toujours le sentiment d’être les oubliés de l’administration pénitentiaire, alors que le CPIP a son importance dans le système judiciaire. Nous avons une position centrale dans la chaîne pénale. 250 000 personnes sont suivies par les CPIP en milieu ouvert et 58 000 en milieu fermé. Voilà la réalité du terrain. Les hommes politiques ont tendance à l’oublier. Pourtant, l’informatisation est arrivée, nous avons des rapports à rendre, l’administration veut avoir une meilleure visibilité de nos métiers. Tout cela demande du temps, sans compter les entretiens que nous avons avec les personnes que nous suivons. Nous sommes happés par une multitude de tâches.  C’est toujours important de se remettre en question, mais nous regrettons que cela se fasse au détriment des personnes suivies, faute de moyens.

PressNut : un CPIP suit combien de personnes ?

Intersyndicale CPIP : c’est très variable. Cela peut aller de 70-80 personnes, jusqu’à 180 personnes, ce qui est énorme. Forcement la vigilance du CPIP va être amoindrie en fonction de l’effectif en face de lui. La moyenne tourne plutôt autour de 120 personnes suivies. Pourtant un premier ministre à une époque, Jean-Marc Ayrault pour ne pas le nommer, dans un communiqué de presse, avait annoncé tendre vers une prise en charge de 40 personnes maximum. Nous en sommes loin. On voulait se calquer sur ce qui se passe au Canada, par exemple. C’est bien, mais ils ont des décennies et des décennies de mise en pratique que nous n’avons pas.

PressNut : vous avez interpellé les députés et les sénateurs, avez-vous eu des retours ?

Intersyndicale CPIP : absolument aucun. Sauf la sénatrice de la Loire qui a répondu à la demande de l’intersyndicale. Le directeur de cabinet de Laurent Wauquiez nous a répondu et un entretien a eu lieu. Mais nous n’avons pas eu de retour pour le moment**. Le ministre de la Justice a reçu l’intersyndicale mais il venait d’arriver. Nous notons que Monsieur Urvoas, actuel ministre de la justice, était par ailleurs la rapporteur de la loi sur le renforcement des CPIP. Sa réponse à nos revendications a été : « oui, mais il n’y a pas de budget. » Donc le mouvement perdure.

PressNut : avez-vous manifesté ?

Intersyndicale CPIP : oui, le 10 mai, partout en France. 1 000  agents sur 3 500 ont suivi le mouvement, soit 1/3 des effectifs, en prenant sur leurs congés car nous n’avons pas le droit de grève.

PressNut : quelles sont les prochaines actions que vous comptez mener ?

Intersyndicale CPIP : l’intersyndicale devait être reçue par François Hollande et cela a été reporté à une date ultérieure. Ce qui cristallise l’actualité, c’est la Loi Travail, les manifestations Nuit Debout, donc notre mouvement en pâtit.

PressNut : si vous arrivez à être reçu par le président, vous lui direz quoi ?

Intersyndicale CPIP : le succès d’un suivi judiciaire, c’est lorsque l’on ne revoie plus la personne dans le circuit judiciaire. Le bon résultat, on ne le voit jamais, si la personne ne récidive pas, et c’est tant mieux. Nous sommes plus confrontés à l’échec qu’aux personnes qui réussissent à s’en sortir. Il faut rendre les personnes suivies acteur de leur réinsertion. Il faut qu’ils s’approprient les mesures judiciaires prises à leur égard pour en tirer les conséquences et le bénéfice. Globalement, ce que les CPIP déplorent, c’est le manque de reconnaissance. Même s’ils ont une certaine autonomie professionnelle et une liberté pédagogique, ce qui fait la liberté de ce métier.

Propos recueillis par Marie de Luze et Ferdinand de Menditte

* Les deux agents que nous avons rencontré, s’exprimant au nom de leur syndicat, n’ont pas souhaité voir leurs noms apparaître. Ils figurent donc dans cet article sous l’appellation : « intersyndicale CPIP ».

** Contacté à ce sujet par la rédaction de PressNut.com, le cabinet de Laurent Wauquiez n’a pas apporté de réponse à ce jour.

Bruce tout puissant sur la scène auvergnate

Après un passage à Avignon puis à Lyon, Bruce Fauveau joue son spectacle « Bruce Tout-(im)puissant ! » à La Baie des Singes de Cournon-d’Auvergne ce 21 mai 2016. Rencontre avec un artiste qui mise tout sur la gestuelle pour capter son public.

PressNut : Bruce, tu t’es intéressé au théâtre bien avant de faire une école ?

Bruce Fauveau : Oui, à l’époque, je faisais plus du théâtre conventionnel et je m’apercevais que ce n’était pas tout à fait mon truc, notamment le registre dramatique. Il n’y a que plus tard que j’ai compris que ce qui m’intéresse c’est l’humour et plus spécifiquement le solo.

PressNut : Tu es rentré à l’école Jacques Lecoq. Quelle est sa particularité ?

Bruce Fauveau : On y apprend la gestuelle, ce n’est pas trop basé sur la technique. On y apprend à exprimer des choses avec autre chose que la parole.

PressNut : C’est pour ça que tu as choisi cette école ?

Bruce Fauveau : Oui, durant deux ans on ne travaille sur aucun texte. Il n’y a pas de metteur en scène. C’est le corps qui parle. On travaille avec des masques, ce sont des formes qui changent du théâtre classique. En plus, c’est une école internationale et comme j’ai eu une enfance loin de France, cela m’intéressait de retrouver cet aspect là et de pouvoir avoir des contacts un peu partout dans le monde.

PressNut : Tu savais que tu voulais t’orienter vers l’humour ?

Bruce Fauveau : J’avais déjà suivi des cours de one man show, d’écriture, d’interprétation et d’improvisation. Je me suis aperçu que c’était une piste pour moi. Même si je n’avais pas encore compris que c’est avec le corps que je veux bosser. C’est l’école Lecoq qui a permis de faire le lien entre tout ça.

Des débuts au Québec

PressNut : Quelles ont été tes débuts ?

Bruce Fauveau : Avec mon metteur en scène, rencontré à l’école, nous avons créé un premier spectacle en 2011 et décidé de le jouer au Québec. Les Québecois sont très ouverts à l’humour. Ça a bien fonctionné, je jouais dans un théâtre local et j’ai eu quelques passages télé. Et puis mon visa a expiré. Ce n’est pas simple d’émigrer là-bas en tant qu’artiste. Étant bilingue, j’ai pu jouer aussi mon spectacle au Canada anglophone et après en Angleterre.

PressNut : Tu es revenu en France depuis moins de deux ans donc ?

Bruce Fauveau : Oui, j’ai repris mon spectacle et je viens de démarrer en janvier 2015. J’ai passé quelque temps à Avignon et j’ai rencontré des Lyonnais qui m’ont fait venir à un festival. Dans la foulée j’ai joué à l’Espace Gerson. Un passage télé m’a permis d’obtenir une salle en Auvergne. Voilà, ça se passe pas mal. Je suis un peu le seul dans mon créneau.

PressNut : Est-ce que justement tu t’es inspiré d’anciens humoristes qui ont beaucoup basé leur travail sur le corporel ?

Bruce Fauveau : Michel Courtemanche était vraiment très fort dans ce domaine. Et Jim Carrey, avant de faire du cinéma est aussi une source d’inspiration. Gad Elmaleh dans ses premiers spectacles a été salué pour ses performances de mime. Ce sont des gens que j’admire, bien sûr.

PressNut : Quelle est la réception de ton public à ton spectacle ?

Bruce Fauveau : Ça marche plutôt bien. J’essaie d’offrir quelque chose de différent avec un peu de stand-up et puis j’incarne des objets, des animaux… A chaque début de sketch le public peut s’attendre à tout… Le spectacle en lui-même évolue au fur et à mesure, parfois au gré de l’actualité. Je reste aussi ouvert à tout ce qui peut se passer dans le public. Si un spectacle n’évolue pas, il se renferme un peu sur lui-même…

PressNut : Aujourd’hui tu vas jouer en Auvergne, quelle image as-tu du bougnat, de l’auvergnat moderne si tu devais le caricaturer gentiment ?

Bruce Fauveau : Écoutes, j’entends tellement de belles choses sur cet endroit que je vais  prendre un jour après le spectacle pour aller marcher dans la région. Quant à l’Auvergnat, pour moi, il restera avant tout celui de la chanson de Brassens. Je le sens chaleureux, prêt à découvrir quelque chose de nouveau et à rire…

Bruce Tout-(im)puissant ! par Bruce Fauveau
La Baie des Singes – 21 mai 2016 – 20h35
6 avenue de la République
63800 Cournon d’Auvergne

L’homme qui murmure à l’oreille du cheval d’Auvergne

Le 11 mai 2016, par Rédaction AuvergneRhôneAlpes.info

Laurent Pradier est passionné de chevaux depuis toujours. Lorsqu’il fait l’acquisition du domaine de Moidas sur la commune d’Orbeil, près d’Issoire, une question se pose tout naturellement : comment entretenir les 200 hectares pentus et escarpés autour de la base de loisirs en plein air Crapa’Hutte qu’il gère conjointement avec son activité d’éleveur de chevaux depuis 20 maintenant ? La réponse est dans la question : il s’intéresse aux chevaux de pays et contacte trois éleveurs. Une association de sauvegarde et de relance est créée. Laurent Pradier devient, après un laborieux et trépidant travail de rassemblement des bêtes et de documentation sur celles-ci, le président de l’association nationale du cheval d’ Auvergne. Gros plan sur le sauvetage de cette espèce.

La quasi disparition du cheval d’Auvergne est intimement liée à l’histoire militaire de notre pays : l’armée au 19ème siècle est devenue une armée d’occupation, une armée coloniale avec l’Afrique du Nord. Ce dont l’armée avait besoin, ce n’était plus d’une cavalerie mais d’occuper un territoire en assurant la logistique. Or, la logistique se fait avec des mulets et non pas avec des chevaux : le mulet a donc remplacé le cheval. Les seuls à avoir gardé quelques étalons sont les haras nationaux qui avaient pour politique de faire ou du lourd ou du léger : « Par exemple dans la plaine du Forez, on s’est mis à faire du Trotter, on a allégé le cheval de pays. Dans le Massif Central, la tendance a été à l’alourdir. Au 20ème siècle , il y a eu la mécanisation de l’agriculture et le seul débouché pour les chevaux, c’était la viande. En 4 générations, nous sommes passés de ce petit cheval qui faisait 500 kg à un cheval qui faisait 800 kg à 1 tonne. », explique Laurent Pradier.

Tout le travail de l’éleveur et de son association a été de se battre, depuis 1996, pour préserver le « Bidet osseux » comme l’écrivait Alexandre Dumas dans ses Trois Mousquetaires. « Ce cheval a été sélectionné pendant des siècles pour être un cheval de travail. Contrairement aux chevaux de compétition, c’est un animal qui s’inscrit dans la durée. Il est petit et trapu, comme tous les chevaux dans les territoires d’altitude. Il est résistant, rustique, il se nourrit de peu et passe l’hiver en montagne avec son double poil, comme à l’état sauvage. Le cheval d’Auvergne est typiquement ce que l’on appelle un cheval de montagne : robe sombre, du crin, double poil, des sabots noirs parce que la corne noire est plus solide que la corne blanche, pas très grand, environ 1m50… »

Reconnaissance de la race du cheval d’Auvergne

Pour relancer la race, Laurent Pradier a commencé avec seulement 32 bêtes. C’était en 1996 et ces quelques têtes étaient tout ce qui restait du cheval d’Auvergne. L’avantage, qui fut aussi un inconvénient, a été que le berceau de race est immense. La distance entre les départements a quelque peu freiné le regroupement. Mais la nature fait bien les choses : tous les gênes de rusticité sont des gênes dominants. A partir des années 1950, les juments ayant été croisées avec des chevaux plus lourds, donnaient de temps en temps naissance à un poulain plutôt de souche Auvergne. Pendant 10 ans, tout le travail de l’association a été de réunir ces chevaux et de « réabsorber » tous ces gênes et de refaire des croisements. Jusqu’à retrouver la race d’origine. Quinze ans après avoir démarré ce sauvetage, et grâce au soutien de la Région, l’association est arrivée à obtenir plusieurs centaines de chevaux. Aujourd’hui, l’association possède 500 animaux et avec les naissances de cette année, elle va approcher les 600 têtes.

En 2010, Laurent Pradier a réussi à faire reconnaître la race du cheval d’Auvergne : « L’association a signé une convention avec les haras nationaux , l’IFCE, et à partir de 2010 nous avons entamé un processus de reconnaissance. C’est en 2013 que la race a été reconnue, sur la foi d’écrits très anciens, tels que les descriptions d’Antoine de Pluvinel, véritable précurseur de l’école d’équitation française au XVIème siècle, et de tableaux d’époque. A présent, les éleveurs ont une petite aide financière pour la garde des étalons et pour les saillies. La gestion des lignées et des reproducteurs est assurée par l’IFCE. Tout est informatisé. L’association a des pleins papiers, c’est-à-dire qu’elle est sûre de la traçabilité des chevaux. »

Suivant l’âge, suivant le travail, un poulain d’Auvergne coûte entre 800 et 1 000€ . Il est possible d’atteindre les 3 000€ pour un cheval bien dressé d’environ 4 ans. L’association participe à des salons et à des concours. Il y a plusieurs types de concours : pour les éleveurs, ce sont des concours de modèles et d’allures, l’intérêt étant de sélectionner les reproducteurs. Ensuite, il y a les concours d’utilisation afin de mettre en valeur le cheval. Enfin, il y a les concours labellisation loisir : quasiment toute la cavalerie du Domaine de Moidas est labellisée loisir. Le cheval d’Auvergne a un caractère qui se prête particulièrement bien à cette activité : il est petit, trapu et n’a peur de rien. Et puis, l’association occupe des salons pour la promotion de la race : le salon de l’agriculture à Paris, le sommet de l’élevage à Cournon d’Auvergne, le salon du cheval à Lyon, Equita’Lyon. La race du cheval d’Auvergne est très dynamique. A tel point que des réflexions sont en cours pour la développer au delà des « frontières » de l’Auvergne. Et notamment en Rhône-Alpes qui ne possède pas de race de cheval typiquement régionale, ni de réelle vitalité d’un point de vue de l’élevage.

Auvergne Rhône-Alpes vue de Mexico !

Le 27 avril 2016, par Rédaction AuvergneRhôneAlpes.info

11 heures de vol ! 21 enfants, 14 bébés à bord d’un A380 de la compagnie Air France. Les hôtesses sont au bord de la crise de nerfs. Le Mexique, ça se mérite !  Me voici donc « gringa » sur les terres d’El Chapo. Embarquée dans un Uber, je regarde les passants défiler le long de Frey Servando Teresa de Mier. Stupeur ! Ils sont tous gras, gavés de tacos, de guacamole et de sodas. J’ai rendez-vous avec Benjamin Daumas dans un hôtel sur Paseo de la Reforma. Rencontre avec un globe-trotter…

Aglaë Feelgood : quelle est ta formation ?

Benjamin Daumas : je suis corrézien, originaire de Tulle. J’ai fait une licence de langues étrangères appliquées à Clermont-Ferrand. J’ai ensuite passé des concours et intégré une école de commerce. J’ai fait un an de césure à Paris chez AccorHotels et l’école m’a proposé de faire un  master aux Etats-Unis, donc je suis parti à New-York durant un an et demi. Ensuite, j’étais à Miami en tant que coordinateur marketing. Maintenant je suis à Mexico où je gère la chaîne ibis. Nous avons 15 hôtels dans tout le pays, dont 3 à Mexico city.

Aglaë Feelgood  : pourquoi avoir choisi Clermont-Ferrand pour tes études ?

Benjamin Daumas : cette formation LEA me permettait de partir un semestre à l’étranger donc je suis parti à Grenade la dernière année. J’ai beaucoup de chance d’avoir des parents qui m’ont permis de faire tout ça aussi, parce que je n’étais jamais sorti de France avant mes 19 ans.

Aglaë Feelgood  : finalement, il y a certaine logique dans ton parcours ?

Benjamin Daumas : ce qui est sûr, c’est que j’ai toujours voulu voyager. Je me voyais steward, dans le voyage. Je me suis dit que pour travailler à l’international, il fallait connaître les langues. J’ai donc appris l’anglais, l’espagnol et l’italien. Quand on commence à voyager, on y prend goût. L’hôtellerie m’a permis de découvrir des gens brillants.

Aglaë Feelgood  : tu as eu un vrai coup de cœur pour ta boîte ?

Benjamin Daumas : oui, absolument. Et encore une fois j’ai eu de la chance que le groupe AccorHotels ait eu besoin de quelqu’un ici, à Mexico, alors que je cherchais un poste. Tout se goupille bien. J’aime parler d’autres langues, rencontrer des gens de cultures différentes. J’aurais peut être la possibilité par la suite d’évoluer dans d’autres régions du monde.

Aglaë Feelgood  : ici, à Mexico, tu as rencontré d’autres expatriés ? Des auvergnats ? Des rhône-alpins ?

Benjamin Daumas : oui, des parisiens principalement. Mais jamais un seul habitant de l’Auvergne ou de Rhône-Alpes. Désolé (rires). Je fais partie d’un réseau d’expatriés, Internations. Il y a des événements qui sont organisés régulièrement. C’est une façon de faire du networking d’une façon un peu informelle.

Aglaë Feelgood  :  tu as adopté le mode de vie mexicain ?

Benjamin Daumas : pas vraiment. Je vais régulièrement dans des restaurants français. J’achète ma baguette tous les jours. A côté il y a une petite épicerie où je peux trouver du fromage. C’est quelque chose que je ne pouvais pas faire aux États-Unis. Ici, je retrouve un peu mes marques françaises à moindre coût, donc j’en profite. Je ne sais pas si tu auras le temps d’aller dans le quartier de la Condesa, au sud de Mexico. Il y a beaucoup de restaurants français. J’ai même gouté là-bas de la truffade dans un restaurant qui s’appelle « La vie en rose ». Ce n’était pas la meilleure truffade du monde (rires) mais elle était disponible, au moins…

Aglaë Feelgood  : mais tu peux trouver des produits d’Auvergne ou de Rhône-Alpes ici, à Mexico ?

Benjamin Daumas : pas directement. Il existe un site Internet qui s’appelle Mon Épicerie française. Il est destiné aux expatriés mais je ne l’ai pas encore testé.

Aglaë Feelgood  : tu es passé d’une des villes les moins polluées de France, Clermont-Ferrand, à l’une des plus polluées au monde, Mexico. Ça fait un choc ?

Benjamin Daumas : ça m’a gêné. En plus, il y a l’altitude. Si j’accélère un peu trop le pas, je m’essouffle. Les premières fois, à la salle de sport, j’ai cru que j’allais mourir. J’avoue que le week-end j’aime bien partir en excursion dans des petits villages autour de Mexico.

Les européens renvoient une image froide et distante

Aglaë Feelgood  : qu’est ce que les mexicains ont comme image de la France ?

Benjamin Daumas : ils nous connaissent assez bien. Nous sommes élégants pour eux, distingués. Mais froids aussi, et distants. Enfin c’est l’image que renvoient les européens en général. Nous avons l’habitude de nous serrer la main pour dire bonjour. Ici, on s’embrasse comme du bon pain ! Même pour le business. Quand je recevais les fournisseurs, au début, j’étais un peu sur la réserve mais je m’y suis fait. Ils sont plus chaleureux et souriants que nous.

Aglaë Feelgood : tu as entendu parler de la fusion entre les régions Auvergne et Rhône-Alpes ?

Benjamin Daumas : oui, j’ai suivi un peu ça. On en parlait entre expatriés et on se demandait si les nouveaux noms de régions avaient été déterminés.

Aglaë Feelgood  : pas encore. Auvergne Rhône-Alpes est devenu la seconde région de France, tu penses qu’il peut y avoir des passerelles économiques avec Mexico ?

Benjamin Daumas : oui, ne serait ce que grâce à la gastronomie française qui est assez bien développée.

Aglaë Feelgood : sais-tu que Michelin vient de décider d’ouvrir une usine au Mexique et que cela représente un investissement de 510 millions de dollars ?

Benjamin Daumas : oui, je suppose que c’est pour toucher le marché nord-américain.

Aglaë Feelgood  : exactement ! Michelin, c’est une marque connue ici ?

Benjamin Daumas : il y a pas mal de voitures françaises mais je n’ai jamais vu une seule fois le logo Michelin, pour être honnête. Mais je vais regarder attentivement les pneus dorénavant !

Aglaë Feelgood  : à ton avis, comment pourrait-on promouvoir l’Auvergne Rhône-Alpes d’un point de vue touristique auprès des mexicains ?

Benjamin Daumas : justement, le marché mexicain est un marché que j’étudie pour la marque ibis. En ce qui concerne l’Auvergne Rhône-Alpes, je mettrais en valeur les espaces verts, la randonnée et la gastronomie. C’est un aspect de la France que les mexicains connaissent moins. Pour tout ce qui est patrimoine ou culture, ils iront d’abord à Paris. Il faut jouer la différenciation pour leur donner envie d’aller en Auvergne Rhône-Alpes. Il faut les attirer grâce à la nature et ils découvriront ensuite qu’il y a aussi un grand patrimoine culturel.

Aglaë Feelgood : bon, bref. Tu n’as pas croisé un auvergnat ni un lyonnais depuis que tu es là… il y en avait peut être plus à Miami ?

Benjamin Daumas : (rires) non, pas vraiment… mais dès que j’en croise un, je t’envoie un message…

Clermont-Ferrand : « the place to be », selon TheLocal.fr

Le 19 avril 2016, par Thomas Fauveau

Décidément, l’Auvergne a la cote auprès des anglos-saxons ! Après le guide de voyages australien Lonely Planet qui a l’a classée parmi les 10 régions du monde à visiter en 2016, PressNut a repéré un article publié sur TheLocal.fr qui met lui aussi Clermont-Ferrand à l’honneur. Pressnut.com s’est entretenu avec Katie Warren, la journaliste auteur de l’article, une américaine qui a vécu neuf mois à Clermont-Ferrand.

Katie Warren n’y va pas par 4 chemins : selon elle, Clermont-Ferrand n’est rien de moins que la meilleure ville de France. Et la jeune femme sait de quoi elle parle puisqu’elle a résidé dans la capitale auvergnate durant près d’une année. A Chamalières et à Montferrand, elle a travaillé comme professeur d’anglais pour le compte du ministère de l’Éducation Nationale. Née aux États-Unis, formée à l’université du Montana, la journaliste est passionnée depuis longtemps par la langue française et la littérature.

Katie Warren travaille aujourd’hui pour TheLocal.fr, un site d’information en langue anglaise implanté dans neuf pays d’Europe. Sur la totalité de ses éditions, le site compte plus de 4 millions de lecteurs chaque mois. Paul Rapacioli, le fondateur de TheLocal, est originaire de Londres et s’est installé en Suède en 2004 afin de lancer son site d’information. Sa vocation est d’abattre les barrières qui existent entre les pays et de faire se rapprocher les communautés. C’est ce à quoi s’affaire Katie Warren, dans le bureau parisien de TheLocal.fr. Mais visiblement l’Auvergne lui manque.

Clermont-Ferrand, « Liverpool de la France »

« J’ai décidé d’écrire sur Clermont-Ferrand parce que j’en avais marre de tous ces gens disant que Paris, c’est la meilleure ville de France ! Je pense que Clermont-Ferrand est une ville vraiment sous-estimée. C’est vraiment une honte qu’il n’y ait pas plus de gens qui connaissent cette ville. » Dans son article, Katie Warren recense 15 bonnes raisons de venir visiter la ville. De l’environnement à la cathédrale en pierre de lave, nous n’échappons certes pas à quelques clichés mais la jeune femme a su aussi capter l’esprit particulier qui règne à Clermont-Ferrand, notamment lorsqu’elle évoque les 800 groupes de rock qui en font le « Liverpool de la France ».

TheLocal.fr a publié cet article le 13 avril 2016. Il a suscité bon nombre de réactions de la part des internautes. Il faut dire qu’en invitant ses lecteurs a oublier Bordeaux et Toulouse, à se sortir Paris de la tête et à éviter Nice et Marseille à tout prix, la journaliste à su intriguer. L’article qui a compté 10 000 lecteurs le jour de sa parution a été l’article le plus lu sur l’édition française de TheLocal. Clermont-Ferrand, « secret le mieux gardé de France », selon Katie Warren, ne va pas le rester très longtemps…

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pressnut.thelocal.frCrédit photo : Comité Régional de Développement Touristique d’Auvergne – Joël Damase