Grenoble : pourquoi ne pas essayer le menu vegan ?

Le 08 décembre 2016, par Thomas Fauveau

Vous vous demandez parfois ce qui se cache dans vos saucisses knackis, vos rillettes ou encore votre boudin noir purée ? Vous en avez assez des produits à base de cochon industriel infâme ? Votre esprit est torturé par les images épouvantables des bêtes agonisantes suspendues à la chaîne de l’abattoir, découpées parfois vivantes et conduites à la mort pour remplir nos rayons de supermarchés en boites de cassoulet, de choucroute ou de tripes insipides ? Dans ce cas, il est peut-être temps de vous tourner vers le menu vegan…

Imaginez un menu exempt de produits animaux

Initiative de l’association de défense des animaux L214, VegOresto référence les restaurants qui proposent chaque jour un menu vegan et lance régulièrement des défis aux chefs. « Imaginez un menu exempt de produits animaux et proposez-le l’espace d’un repas ! » Un challenge accepté par Nathalie Coranti du restaurant Le 292 à Grenoble. Elle proposera un menu complet 100% végétal, de l’amuse bouche au dessert. Le repas de découverte se déroulera ce samedi 10 décembre à 19h30. La soirée est ouverte à tous et à toutes, uniquement sur réservation via le site VegOresto.

une tendance de fond de végétalisation des menus

Alain Passard, Joël Robuchon, Alain Ducasse sont des figures de proue d’un virage dans la haute cuisine : une tendance de fond de végétalisation des menus, orientée vers l’innovation, la responsabilité et l’éthique.

« Aujourd’hui, de nombreux consommateurs diminuent leur consommation de produits animaux et de plus en plus de chefs se familiarisent avec la gastronomie végane. Les défis VegOresto sont des occasions pour les convives et les restaurateurs de tester cette cuisine innovante. Le contenu de nos assiettes de demain sera résolument végétal, commençons à le découvrir dès maintenant ! », se réjouit Bérénice Riaux, porte-parole de VegOresto.

Europe 1 s’installe à Lyon pour la Fête des Lumières

Le 06 décembre 2016, par Marie Cartigny

Europe 1, partenaire de la Fête des Lumières, qui se déroule du 8 au 10 décembre 2016, réalisera quatre émissions depuis Lyon, le vendredi 9 décembre de 9h00 à 18h00. Thomas Joubert, Franck Ferrand, Anne Roumanoff et Alessandra Sublet investiront, à cette occasion, la Capitale des Gaules.

Au programme de cette journée exceptionnelle :

· De 9h00 à 10h30, Thomas Joubert s’installera avec son équipe au Palais de la Mutualité pour proposer en public son Grand direct des médias. Il recevra EnjoyPhoenix, célèbre bloggeuse et Youtubeuse française aux deux millions d’abonnés.

· De 12h00 à 12h30, Anne Roumanoff et sa bande recevront Gérard Collomb, Sénateur-Maire de Lyon dans l’émission Ça a pique mais c’est bon.

· De 14h00 à 15h00, Franck Ferrand s’intéressera à la ville de Lyon à l’époque romaine et, plus particulièrement au développement du christianisme en son sein. Il consacrera son récit aux Martyres de Lyon et s’entretiendra à cette occasion avec l’historien François Richard. L’animateur d’Europe 1 se penchera également sur le patrimoine de la colline de Fourvière.

· Puis de 16h00 à 18h00, Alessandra Sublet, de retour sur ses terres lyonnaises, sera aux commandes de La cour des grands et accueillera à cette occasion la comédienne et humoriste Bérengère Krief également originaire de Lyon. Entourée de Jérémy Michalak, Jean-Louis Debré, Matthieu Noël, Valérie Bègue et Guy Carlier, la sémillante animatrice d’Europe 1 jouera avec l’actualité dans la joie et la bonne humeur.

Pour assister à ces émissions, inscription sur Europe1.fr :

http://clube1.europe1.fr/Europe1-a-la-fete-des-lumieres-de-lyon

Retrouvez ces émissions sur Europe 1.fr et sur Twitter avec les #LGDM #ACDH #CPMCB #LCDG et le #E1FDL

Henri Matisse au Musée des Beaux-Arts à Lyon

Le 21 novembre 2016, par Marie Cartigny

Le musée des beaux-arts de Lyon présente à partir du 2 décembre 2016 « Henri Matisse, le laboratoire intérieur » que le centre Pompidou soutient à travers un ensemble de prêts exceptionnels. Cette exposition du 40e anniversaire du centre Pompidou témoigne ainsi d’une complicité de longue date et d’un travail commun entre les deux institutions en faveur de la diffusion au plus grand nombre de l’art et de la culture.

L’exposition retrace, autour d’environ 250 œuvres, l’épanouissement de l’œuvre de Matisse dessiné autour de quelques séries : les académies, les dessins au pinceau fauves de 1905-1906, le travail du portrait dans les années 1910, les « Cinquante dessins » ingresques de 1919-1920, annonçant les odalisques de la période niçoise, les dessins au trait transparents de 1935-1937, aussitôt suivis de grands fusains longuement travaillés en 1938-1939, la « floraison » des Thèmes et Variations en 1941-1942 et les derniers dessins au pinceau monumentaux des années 1947-1952.

Henri Matisse, un touche à tout

Le travail de dessin de Matisse est cependant si étroitement lié à sa peinture, à sa sculpture, comme bien évidemment à sa pratique de graveur, qu’il ne saurait être regardé séparément. Il devance, prépare, accompagne et prolonge toutes les autres pratiques de Matisse.

Autour de quelques motifs et de quelques figures de modèles, qui constituent autant de dossiers rythmant l’exposition, un certain nombre de peintures et de sculptures majeures sont ainsi mises en relation avec leur environnement dessiné ou gravé, comme elles le furent autrefois dans l’atelier.

Le musée avait déjà présenté les œuvres de Matisse conservées au Centre Pompidou lors de sa réouverture en 1998, et rend, par cette exposition, un nouvel hommage à l’artiste qui en 1941, subit une opération à Lyon. Matisse en ressortira « ressuscité », riche d’une énergie nouvelle, comme en témoigne l’épanouissement de son œuvre à venir.

Sébastien Bouillet : un artisan lyonnais lauréat national Stars & Métiers 2016

Le 18 novembre 2016, par Marie Cartigny

Sébastien Bouillet, artisan chocolatier-pâtissier à Lyon, est lauréat national du prix Stars & Métiers, organisé par les chambres de métiers et de l’artisanat et les Banques Populaires. Ce pâtissier fou de chocolat a repris l’entreprise familiale en 2002. A force d’innovations, il en a fait un fleuron de l’artisanat français connaissant un succès commercial et médiatique jusqu’au Japon ! Il recevra son prix le 13 décembre prochain à la Salle Gaveau, à Paris, lors d’une soirée « événement » qui célèbrera également le dixième anniversaire du prix.

Sébastien Bouillet, artisan à Lyon, champion national de la dynamique commerciale

C’est par son dynamisme commercial et sa capacité d’innovation que Sébastien Bouillet a retenu l’attention du jury Stars & Métiers.Quand il reprend l’entreprise familiale en 2002, il insuffle sa « patte » au sein de l’établissement : il renouvelle la gamme et multiplie les recettes originales – dont le fameux macaron Maca’Lyon au caramel beurre salé enrobé de chocolat -, se lance dans les grands travaux et fait de la maison-mère une boutique sensorielle, véritable hymne au chocolat et à la pâtisserie.

Porté par le succès commercial et médiatique, il ouvre une seconde vitrine dans le Carré d’or de Lyon et enchaîne avec « Chokola » : une boutique aménagée dans l’esprit d’un loft
new-yorkais, où il expose des rayonnages entiers de tablettes de chocolat exotiques (Pérou, Équateur…) à la manière d’une librairie. Alors qu’il vient à peine d’inaugurer sa dernière boutique aux Halles Paul Bocuse de Lyon, il mise sur l’ouverture d’un nouveau laboratoire de 1200m² dans l’Ain et de quatre nouvelles boutiques cette année, dont deux au Japon. L’irrésistible ascension de Sébastien Bouillet se poursuit !

De la Croix-Rousse au Japon, un chocolatier à l’ambition internationale

Tel un héros bien connu, Sébastien Bouillet est « né dans la marmite » de chocolat : il passe son enfance à jouer dans la pâtisserie de ses parents à Lyon, quartier de la Croix-
Rousse. A seize ans, il part faire son apprentissage à Val-d’Isère chez Patrick Chevallot : « J’ai découvert un univers très créatif, artistique, mais aussi le goût du travail bien fait ». Il passe ensuite trois ans à Aix-en-Provence chez Philippe Segond, devient responsable de pâtisserie au sein d’une maison-traiteur à Enghein-les-Bains, puis rencontre Gérard Mulot, dont il devient le second pendant deux ans avant de rentrer à Lyon.Dans les années qui suivent, son amour pour l’Asie se conjugue avec son ambition internationale: adoubé par le « Pays du Soleil-Levant », il y développe la marque Bouillet au travers de corners éphémères pour la Saint-Valentin et de boutiques dans les plus prestigieux centres commerciaux de Tokyo. Ses «rouges à lèvres», de petits bâtonnets chocolatés aux parfums de mûre, thé vert et piment d’Espelette, enchâssés dans des écrins d’argent, rencontrent un véritable succès.

Mais la vision du pâtissier-stratège ne s’arrête pas là : de retour en France, il ouvre une « gâteau-école» dédiée aux séminaires d’entreprise et inaugure une boutique nommée « Goûter », dont les gâteaux d’antan font le bonheur des Lyonnais.

Tranche de vie d’un crevard underground

Le 17 novembre 2016, par Christophe Siébert

« Qu’arrivera-t-il aux artistes sérieux qui souhaitent conserver [leurs] qualités dans leur travail ? » « Ils seront underground »
(Marcel Duchamp, 1962)

C’est l’histoire d’un type qui écrit dans des revues littéraires et dans des fanzines de poésie. C’est l’histoire d’un type qui passe des heures et des heures à travailler sur des textes ensuite lus par deux cent, trois cent, cinq cent lecteurs et ce type n’en retire pas un sou, c’est l’histoire d’un type qui bosse gratuitement. Mais pourquoi est-ce que ces revues, ces fanzines vendus dix ou quinze balles, ne paient-ils pas leurs auteurs ? Sont-ils radins ? Eh ! non. Simplement, les personnes qui les dirigent ont fait le choix de refuser les subventions, ou bien alors en ont demandées et attendent encore une réponse. Alors tout le fric que génèrent les ventes et les abonnements sert à payer l’imprimeur. Et quelques autres frais fixes, en tout cas pas à enrichir les auteurs, ni les maquettistes, ni les rédac’chef, ni personne qui est lié de près ou de loin au contenu de l’objet, en fait. L’encre et le papier valent plus cher que les mots, mes amis.

C’est l’histoire d’un type qui écrit des recueils de poésie, des recueils de nouvelles, des romans. Tous ces livres sont publiés à quelques centaines d’exemplaires par des éditeurs courageux et pas très connus, certains sont quelquefois prestigieux dans ce qu’on appelle en France l’underground, et ils luttent d’une année sur l’autre pour simplement ne pas crever. C’est l’histoire d’un écrivain le plus souvent payé en exemplaires qu’il doit vendre lui-même (théoriquement, ça n’est pas légal), parfois en droit d’auteurs, et tout ça correspond, en gros, à quelques centaines d’euros gagnés chaque année pour des livre qui vont être lus par deux ou trois cent personnes, cinq cent les années fastes, des livres qui auront demandé un an, deux ans, trois ans de travail.

Serait-ce l’histoire d’un type dont les éditeurs sont radins ? Eh ! non. Simplement, ils refusent de demander de l’aide au Centre National du Livre (ou bien la demandent mais le CNL considère que ça ne vaut pas le coup de les aider, qu’il vaut mieux filer son fric à Verticales ou à Actes Sud, ces maisons menacées par l’indigence). Mais où va le fric, alors, si les bouquins se vendent aussi bien, aussi mal, qu’ailleurs ? Chez l’imprimeur, essentiellement, un petit peu dans les poches du libraire et, pour les plus téméraires d’entre eux, dans celle du diffuseur – le diffuseur, c’est le VRP qui va de librairie en librairie pour convaincre le cher commerçant de prendre tel ou tel livre, un peu comme le représentant Ricard dans les bistrots. En fait, la plupart des livres se vendent à perte et chaque fois que vous en achetez un, vous coûtez du pognon à l’éditeur, arrêtez !

RSA ET BIÈRE LIDL

Blague à part, ce qui fait tenir les revues, ce sont les pubs et les subventions, et les revues indépendantes n’ont ni l’une ni l’autre, et ce qui fait tenir les éditeurs ce sont les subventions et les gros succès, et les éditeurs dont je parle ici n’ont ni l’une, ni l’autre : quand un auteur commence à marcher un peu, il fuit à toute jambe les Marais Maudits de l’Underground pour aller lui aussi signer chez Gallimard et serrer la louche aux pigistes de Libération. Évidemment, vous croyez quoi ? Qu’ils sont des missionnaires ?

Alors, voilà, pas de sou pour payer l’éditeur (tous ceux dont parle cette chronique sont au RSA, ou bien en fin de droit, ou bien dépendants d’un travail alimentaire), encore moins pour payer l’auteur.

C’est l’histoire d’un type qui, pour faire connaître son travail à de nouveaux lecteurs, a cherché un moyen de faire de la promo qui ne passe pas par la télé (vu qu’il n’en ont rien à foutre de lui), ni par France Inter (vu qu’ils n’en ont rien à foutre de lui), ni par la presse culturelle (vu que la presse culturelle, en France, a pour mission de faire connaître au public des auteurs que le public connaît déjà). Alors, que fait-il ? Il lit ses textes sur scène. Il monte quelquefois de belles tournées. La prochaine, en duo avec une collègue à lui, va durer trois semaines et enchaînera presque vingt dates en France, Belgique, Suisse. Bien sûr, comme ils ne sont pas intermittents et ne jouent que dans des lieux qui ne sont pas subventionnés et refusent de faire payer l’entrée quinze balles et vendre le demi de bière à cinq euros, ils leur restera dans les poches, une fois déduits tous les frais, entre cinq cent et mille euros s’ils se démerdent bien. Au black, évidemment, et qui viendront s’ajouter aux quelques autres sources de revenu. L’une d’elles, c’est l’écriture de chroniques comme celle que vous êtes en train de lire. Chaque chronique écrite pour PressNut lui rapporte cent euros, il en écrit deux par mois. Il accepte aussi des commandes de toutes sortes, des choses qui l’intéressent, d’autres qui l’intéressent moins, en tout cas il dit oui à peu près à tout du moment que ça paie les factures, car il a choisi de ne rien faire d’autre qu’écrire, et comme il est têtu comme une brique il ne changera pas d’idée. Heureusement qu’il y a le RSA, les bus pas cher et qu’Internet est accessible à tout le monde, sinon y a bien longtemps qu’il serait redevenu clochard.

L’UNDERGROUND SENT LA CHAUSSETTE SALE

L’underground est un mot aimable pour désigner, dans l’art et la culture, l’ensemble des gens qui ne vivent pas de leur travail et sont trop cons pour envisager de faire autre chose de plus lucratif. Si vous connaissez des boulangers que la faillite menace, des médecins qui devraient faire deux fois plus de consultations pour vivre correctement, des garagistes ou des agriculteurs qui vivent de l’aide sociale pour compléter leurs revenus, si vous connaissez des mères célibataires cumulant deux ou trois mi-temps sous-payés pour joindre le deux bouts, alors vous pouvez vous faire une bonne idée de ce qu’est l’underground.

Petite parenthèse pour que vous pigiez comment ça se passe dans le monde réel, en-dehors de l’underground : vendre cinq cent bouquins, c’est pas si mal. Des tas de type que vous connaissez parce qu’ils sont chroniqués dans Télérama n’en font pas autant. J’en connais un – j’ai pas le droit de dire son nom ni de nommer son éditeur mais c’est de source sûre, faites-moi confiance, mon indic a vu les factures – qui pour son dernier livre, une centaine de pages écrites tellement gros que ta grand-mère pourrait les lire dans le noir, a touché 80.000 euros. L’éditeur est-il richissime et généreux ? Point du tout ! C’est le ministère de la culture qui paie, tout va bien. Qu’on s’entende bien : je ne dis pas ça pour pourfendre la corruption. 80.000 euros pour un mauvais bouquin et que personne ne lira, c’est du fric qui ne servira pas à financer une nouvelle centrale nucléaire, qui ne servira pas à fabriquer un nouveau char d’assaut, et j’aime autant qu’il serve à promouvoir l’embourgeoisement des écrivains sans talent plutôt que l’asservissement des peuples – par contre, j’aimerais bien en croquer moi aussi, du bon pognon !

Bon. Remettons les pendules à l’heure un instant. Cette chronique n’est pas là pour faire couiner les violons. Le but n’est pas qu’on plaigne ces pauvres gens qui après tout ont choisi cette vie et qui se marrent pas mal. C’est une existence superbe et je vous recommande, à tous, de lâcher vos boulots et de vous y mettre. C’est l’histoire d’un type qui bosse quinze heures par jour parce qu’il ne sait, ni n’aime, rien faire d’autre. C’est l’histoire d’un type qui peut faire l’amour à l’heure qu’il veut, manger quand il en a envie et dormir quand il a sommeil plutôt qu’à des horaires imposés par un contexte qu’il ne maîtrise pas. C’est l’histoire d’un type qui est libre, aussi libre qu’on peut l’être dans ce monde, et qui accepte joyeusement d’en payer le prix. C’est l’histoire d’un type qui a autant de chance de devenir riche qu’un joueur de Loto, sauf qu’au lieu de jouer au Loto il pratique un jeu autrement plus passionnant : il écrit.

Bref, tout ça pour dire, chers lecteurs, que je pars en tournée du 16 novembre au 9 décembre et que par conséquent, dans quinze jours, il n’y aura pas de chronique, je n’aurai pas le temps de l’écrire : je vais passer les trois prochaines semaines à dormir dans des bus et des sleepings qui puent la chaussette, à me saouler la gueule à la bière Lidl, à stresser comme un maboule avant de monter sur scène. La chronique que vous venez de lire est la lettre de justification la plus putassière de toute l’histoire de cette longue discipline, autrement dit.

Cette chronique est dédiée à tous mes copains et à toutes mes copines qui écrivent, dessinent, font de la musique, créent des revues et des fanzines, éditent des livres.

Une chronique de la rédaction d’AuvergneRhôneAlpes.info – Christophe Siébert

L’ Auvergne représentée au Salon International du Patrimoine Culturel

Le 04 novembre 2016, par Marie Cartigny

La 22ème édition du Salon International du Patrimoine Culturel a ouvert ses portes au Carrousel du Louvre hier et ce jusqu’au 6 novembre 2016 sous la nouvelle thématique des « chantiers remarquables du patrimoine ». Le Salon révèle une nouvelle fois la richesse historique des territoires français et étrangers, qui font intervenir de multiples savoirs-faire. De la réfection des toitures jusqu’à la réédition des sols, les techniques et matériaux sont poussés jusqu’à l’excellence, au cœur de bâtiments anciens ou plus récents. Ce Salon est l’occasion pour PressNut News de nous entretenir avec François Pouraud, président de l’entreprise Louis Geneste, implantée en Auvergne. Vous pourrez le rencontrer sur le Salon, salle Le Notre, à l’emplacement G27…

Louis Geneste restaure depuis 1866 le patrimoine bâti. Cette illustre entreprise existe depuis 150 ans et son savoir-faire se passait de génération en génération au sein de la famille Geneste jusqu’à ce que François Pouraud reprenne le flambeau depuis une douzaine d’années, parce qu’il n’y avait pas de successeur familial. François Pouraud a donc racheté l’entreprise il y a douze ans et est très fier de mentionner qu’il s’agit d’une entreprise indépendante : « c’est une entreprise familiale avec des capitaux privés », souligne le président. Ce qui constitue en soi, une rareté.

Les travaux de l’entreprise Louis Geneste mettent en avant l’excellence et la singularité du savoir-faire de restauration des lieux, qu’ils soient publics ou privés. Les chantiers terminés mêlent avec talent, respect de la tradition et volonté de repousser les limites de la technicité : ainsi, Louis Geneste s’est fait un nom dès la création de l’entreprise en réalisant les flèches de la cathédrale de Clermont-Ferrand.

«  Depuis 150 ans, nous intervenons en maçonnerie pierre de taille et désormais en charpente et couverture sur le bâti ancien avec la qualification Monument Historique. Nous sommes à peu près une centaine de personnes et nous sommes basés principalement en Auvergne avec une antenne parisienne. », poursuit François Pouraud. Parmi les 100 personnes, il y a les tailleurs de pierre-sculpteurs, des maçons traditionnels qui savent monter de la pierre, faire des enduits, mais aussi des charpentiers bois ou encore des couvreurs qui ne travaillent que sur des méthodes traditionnelles.

L’entreprise Louis Geneste fait du sur-mesure à la main

François Pouraud a un atelier de sculpture de pierre qui fabrique des statuaires de jardin, fontaines ou sculptures ornementales qu’il exporte. Cet atelier est basé à Cellule, à côté de Riom, au Nord de Clermont-Ferrand. Cinq personnes travaillent dans cet atelier de sur-mesure. « Nous essayons d’aller chercher de nouveaux territoires pour vendre notre savoir-faire artisanal français. Nous n’avons pas d’endroit spécifique, nous vendons à des propriétaires privés et à des propriétés privées aux États-Unis. », explique le chef d’entreprise.

Fidèle aux méthodes traditionnelles, l’entreprise Louis Geneste n’est pas mécanisée : « nous achetons du bois, nous le débitons et nous le façonnons : tout est fait à la main. De la même manière, je n’ai pas de machines numériques pour usiner les pierres : nous faisons tout à la main, nous dessinons, nous produisons et nous achetons la matière. De même pour les couvertures : nous faisons du zinc, du plomb et tout cela est fait sur-mesure. Nous sommes des transformateurs de matière mais pas par des machines mais par des mains. Il n’y a pas de lien entre le dessin et la machine. C’est un vrai savoir-faire, on y tient et la beauté de l’œuvre tient parce qu’il y a un geste qui a accompli l’ouvrage sinon on se positionne au niveau de la mécanique et on perd tout savoir-faire. » Chaque œuvre est donc unique.

Pour conclure, François Pouraud regrette « le déficit d’accompagnement de l’artisanat par la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Celle-ci est représentée faiblement en terme d’entreprises. La région n’est pas très active par rapport à l’accompagnement des entreprises à la différence de la région Centre qui, elle, est hyper dynamique… »

À Jacques Noël, un regard à jamais moderne

Le 20 octobre 2016, par Christophe Siébert

« Quand je suis parti de chez moi, j’avais 16 ans et je n’avais qu’un livre, le Ulysse de Joyce. J’ai fait le voyage et je n’en suis jamais sorti. Ce livre pourrait me suffire en définitive. Tout est dedans et moi ça m’a fait un peu peur. Heureusement qu’après je me suis remis à lire, énormément. C’est dangereux de trouver un livre de vie. Mais il le faut, il faut que tu grandisses, que tu saches te confronter à des choses quand elles te paraissent énormes. »

La dernière fois que je suis allé dans la librairie Un regard moderne, à Paris, c’était quand, au juste ? Je ne me souviens plus très bien. Au printemps dernier, peut-être ? Possible. En tout cas il faisait beau – enfin, beau selon les critères parisiens, c’est-à-dire que ce qui tombait du ciel ressemblait plus à de l’eau qu’à de la merde de pigeon. Pour ma part j’étais d’excellente humeur, j’avais du pognon dans les poches et j’ai eu envie de le dépenser chez Jacques Noël. Ça faisait longtemps.

(Oui, je sais, c’est pas très « Auvergne-Rhône-Alpes », comme chronique – mais bon, la littérature, hein, comme beaucoup de choses importantes, n’a pas de patrie et encore moins de clocher)

D’accord, je ne sais plus trop quelle était la dernière fois que j’ai franchi le seuil de la librairie, mais ce dont je me rappelle en revanche très bien, c’est des bouquins que j’y ai achetés cette fois-là. Il y avait entre autres Histoire des monstres, de Ernest Martin, chez Jérôme Millon, paru en 2002 et qui est une sorte d’essai complètement fou sur le monstre à travers les âges, les cultures, les traditions. Le monstre examiné sous toutes ses coutures, si j’ose dire – on y trouve par exemple un chapitre comme celui-ci : « Idée esthétique que suggèrent les monstres composés et les monstres simples comparés entre eux », ou comme celui-là : « Législation allemande à l’égard des hermaphrodites ».

C’était ce genre de bouquin qu’on pouvait trouver à Un Regard Moderne. Et aussi des incunables de Burroughs. Des raretés de Bataille. Le premier numéro de Elles sont de sortie. Un essai sur la scatophilie, une demi-douzaine d’autres sur Dada. Et aussi tout le catalogue du Dernier Cri et celui de Jean-Jacques Pauvert, et aussi tous les fanzines bizarres, violents, malsains, énervés des années quatre-vingts à nos jours, et aussi les livres publiés par Blanquet, et puis Costes, et Anne Van Der Linden, et Marc Brunier-Mestas, et de la poésie, du porno, des VHS aberrantes, des revues oubliées par piles entières, des monographies sur tous les sujets du monde, des graphzines en veux-tu, en voilà, et des livres sur la musiques louche, et des livres sur le cinéma déviant, et des livres sur la bédé underground et sur la free-press, sur le gore, sur le nazisme et sur tous les autres sujets qui ont fait lever les yeux au ciel de milliers de parents, quand on leur en parlait avec les nôtres qui brillaient.

Bonne nouvelle : les ados avaient grandi, ils avaient écrit des milliers de bouquins, et la plupart on les retrouvait à Un Regard Moderne.

« En gros la masse n’a le droit qu’aux déchets et tout ce qui est créatif, intelligent, passe dans de tout petits circuits ! »

La première chose qu’on voyait en arrivant, c’était la vitrine. Entièrement remplie de couvertures de livres, du Pakito Bolino, du Fredox, du Topor, du Charles Burns, du Mattt Konture, cinquante autres en fonction des nouveautés, des saisons, des découvertes, des idées, des humeurs – pas un centimètre carré de libre qui permette de risquer un œil à l’intérieur de la boutique. Il fallait entrer, en espérant qu’il n’y ait pas trop de clients, parce qu’il n’y avait pas beaucoup de place, là-dedans.

Ça, on peut dire que Jacques Noël avait bien pigé le truc : une librairie, c’est fait pour ranger des livres, pas des lecteurs.

La première salle était remplie de bouquins. Littéralement. Du sol au plafond. Les piles avaient fini par former des murs et par construire une sorte de labyrinthe menant de l’entrée au comptoir, qui lui-même disparaissait peu à peu sous les fanzines. Si, en progressant le long de ces quelques mètres, vous penchant ici pour saisir une obscure revue, vous dressant là sur la pointe des pieds pour attraper un recueil de poésie paru chez un éditeur inconnu, si, au cours de ce périple, disais-je, vous croisiez quelqu’un, ça se jouait à la dégonfle, comme dans La Caravane de Lucky Luke : entre ces murs de livres, les couloirs étaient trop étroits pour se croiser, il fallait que l’un des deux rebrousse chemin.

Cette première salle, c’était plutôt la littérature générale, le polar, la SF, le graphisme, la musique, le cinéma, les fanzines, la poésie, les arts plastiques, les essais, ce genre de choses.

Et il y avait une deuxième salle, plus conventionnelle dans son architecture, je veux dire que les livres et les revues s’entassaient du sol au plafond mais ne construisaient pas de labyrinthe, et celle-là était consacrée surtout au cul. On y trouvait d’étranges revues pornos, des trucs fétichistes, des bouquins oubliés, assez de Media 1000 pour se branler jusqu’à la fin des temps. C’était, encore plus que la salle principale, une caverne folle, un lieu qui me rendait heureux et enthousiaste. C’était là que j’aimais bien me réfugier quand il y avait trop de clients (c’est-à-dire plus de deux) dans l’autre pièce. J’y ouvrais des revues que personne n’avait, si ça se trouve, touchées depuis des années, j’y feuilletais des recueils de gravures SM magnifiques, et surtout je laissais vagabonder mes pensées librement, rebondissant d’une page à l’autre, glissant sur une couverture, rêvassant sur un titre.

« Il faut avoir des yeux pour voir. Et c’est la meilleure façon de marcher en littérature »

À chaque fois que je venais ici j’avais envie d’acheter dix, vingt, cinquante bouquins, d’en offrir la moitié, de garder les autres, mais Jacques Noël a cassé sa pipe avant que je devienne millionnaire, eh merde.

Bin oui, cette chronique n’est pas une invitation à vous rendre rue Gît-Le-Coeur (oui, la rue du célèbre Beat Hôtel, là où Burroughs a écrit son Festin Nu, l’hôtel existe encore, d’ailleurs, même s’il n’est plus aussi délabré qu’à la grande époque) et à faire chauffer votre CB dans la boutique de Jacques Noël. C’est trop tard les amis. Jacques Noël est mort et cette chronique est une nécrologie. La librairie est fermée.

Jacques, je ne lui avais parlé qu’une fois, au milieu des années 2000. J’étais venu à la librairie avec une amie qui le connaissait bien et nous avions laissé en dépôt une poignée d’exemplaires de L’Angoisse, le fanzine que j’éditais à l’époque. Et vous savez quoi ? La dernière fois que je suis venu à Un Regard Moderne, j’ai eu la surprise d’en découvrir un, au détour d’une pile, sans doute l’ultime exemplaire de ce fanzine que même moi je ne possède plus. Et maintenant, L’Angoisse n’est plus disponible nulle part et Jacques Noël non plus. Et quand je me trouverai à Paris avec quelqu’un qui ne connaît pas cette librairie, je n’aurais plus le loisir de l’y emmener et de voir son regard s’illuminer, de l’entendre penser : « Bon sang ! Ça existe, un endroit pareil ?! »

Un Regard Moderne, pour les amateurs de bouquins, pour les passionnés de bizarreries, c’était, comment dire ça, quelle comparaison trouver ? C’était comme si, alors que vous aviez huit ans, on vous montrait une ruelle qui ne paie pas de mine et qu’on vous dise tu vois, petit, là, au numéro dix, c’est ici que le Père Noël stocke tous ses jouets. Tu veux qu’on aille y faire un tour ?

Le Père Noël. Ahah. Elle est bien bonne. Je l’ai même pas faite exprès, celle-là.

NB : toutes les citations sont de Jacques Noël, et proviennent de l’excellente interview qu’il a accordée à Gonzaï en avril 2012, et dont je vous recommande vivement la lecture en cliquant ici

Suivez PressNut News sur Telegram pour ne jamais manquer les actualités les plus importantes grâce à nos sélections du matin et du soir. Pour recevoir les actualités de notre chaîne, il suffit de télécharger l’application Telegram sur n’importe quel smartphone, tablette ou ordinateur puis cliquer sur le lien et appuyer sur « Join ».

TRUST en concert à La Voulte-sur-Rhône

Le mythique goupe de rock des années 80, TRUST, annonce ses premières dates de concert partout en France. La bande de Bernie Bonvoisin soulèvera-t-elle encore les foules ? Réponse notamment le 17 décembre 2016 à La Voulte-sur-Rhône, en Ardèche.  

TRUST, cinq lettres qui claquèrent tel un coup de canon salvateur dans une France giscardienne assoupie.

TRUST qui, à l’instar de son patronyme, a su redonner confiance à un rock français moribond à coups d’injections de riffs puissants et de textes martelés sur l’enclume.

TRUST, sauvages, rebelles dont l’« Antisocial », plus qu’un hymne, devient le symbole d’une jeunesse qui refuse les magouilles politiques, et se forge dans le béton des cités dortoirs.

TRUST, dont l’immense talent fit trembler l’Europe du Reading au Rockpalast, reste encore à ce jour une référence inégalée pour bien des icônes de la musique d’AC/DC à Iron Maiden en passant par Metallica ou Scorpions, qui n’ont pas oublié la déflagration sonique des « frenchies ».

TRUST, l’icône d’une génération est de retour pour réveiller l’adrénaline car rien n’a changé, pire…

TRUST, « Au nom de la Rage » tour !

Line Up :

Bernie Bonvoisin (Lead Vocal)
Norbert « Nono » Krief (Lead Guitar)
Ismaila « Izo » Diop (Guitar)
David Jacob (Bass)
Franck Mantegari (Drums)

Pour plus d’infos :

www.facebook.com/TrustOfficiel
www.twitter.com/TrustOfficiel
www.instagram.com/TrustOfficiel

Semaine du goût 2016 à Montélimar

Le 12 octobre 2016, par Thomas Fauveau

Placée sous le Haut Patronage du Ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, La Semaine du Goût® est le programme référent de la transmission et de l’éducation au goût pour le plus grand nombre. Pour sa 27e édition, la Semaine du Goût annonce une programmation à son image, riche, variée et étonnante. Nous avons sélectionné cette année une animation dans la ville de Montélimar.

Ce rendez-vous annuel incontournable qu’est La Semaine du Goût® favorise les rencontres entre professionnels de la terre à l’assiette et le grand public partout en Auvergne-Rhône-Alpes pour sauvegarder la culture des patrimoines culinaires.

L’édition 2016 placée sous le thème du «Mieux manger pour vivre mieux » du 10 au 16 octobre 2016 s’annonce riche en événements et enseignements, comme le prouve la création du Club France du Goût®, groupe de réflexion composé de scientifiques, chercheurs, industriels de l’agro-alimentaire, associations, prescripteurs qui se retrouvent toute l’année autour des grands enjeux sociétaux  en relation avec le goût pour encourager de nouvelles habitudes de production et de consommation.

La caviste Florence Mouton à Montélimar donne rendez-vous le 13 octobre

Cette animation conserve ce même esprit de convivialité, d’échange et de partage qui a séduit les participants des précédentes éditions. Lors de cette soirée, chaque caviste invite un chef de son choix pour lui demander de créer les accords parfaits avec une sélection de ses vins coup de cœur. Plats gastronomiques, recettes régionales, créations personnelles: chaque chef a carte blanche selon son inspiration et envie. Un seul objectif : faire découvrir son art et donner du plaisir à une clientèle d’amateurs comme de néophytes.

Lors de sa soirée « Un chef en cave », la caviste Florence Mouton s’entourera de Luc Dartois, chef du restaurant « Le petit théâtre » à Montélimar. Ce dernier concoctera différents mets, avec l’aide des invités : beignet grec, feuilleté de magret ou encore craquant mangue & noisette.

Informations pratiques :

Soirée Un Chef en Cave organisée par la cave Comptoir des Vignes de Montélimar le jeudi 13 octobre à partir de 19h.
Sur réservation, 20€/personne. Limité à 19 participants. Interdit aux moins de 18 ans.
Cave Comptoir des Vignes, 202 route de Marseille, 26200 Montélimar
Téléphone : 04 75 92 36 03

 Semaine du Goût : page officielle

 

Robert Rochefort serrant la main au président

Le 06 octobre 2016, par Christophe Siébert

Sa main était si près que je ne pus m’empêcher de la saisir et de la fourrer dans ma braguette. Elle se leva vivement, pâle et effrayée. Mais déjà ma verge était dehors et frémissait de joie.
(Henry Miller, Tropiques du Capricorne)

En politique on connaît des menteurs, des voleurs, des escrocs, des magouilleurs et des mafieux, et une assez grande quantité de types qui ont du sang sur les mains. Il y a aussi dans le tas quelques violeurs, et bien sûr on ne compte plus les parjures, les traîtres ni ceux qui contre vents et marées tournent leur veste à chaque saison.

Leur point commun, à tous ceux-là, c’est leur étonnante capacité à ressusciter. Procès ? Scandale ? Prison ? Collection complète de casseroles ? Rien à fiche ! Une nouvelle coupe de cheveux, une cravate plus jolie, de beaux remords et hop ! Retour aux affaires ! Un coup ministre, un coup président, un coup consultant, un coup avocat, un coup expert, un coup donneur très cher payé de leçon quelconque, un coup signataire d’un intelligent livre à succès écrit par on ne sait qui, un coup autre chose, et à la fin, quoi ? Sénateur ou député et les voitures de fonction, et le chauffeur, et la soupe à midi, tranquille, les truffes à Noël, le champagne, la belle vie.

Robert Rochefort, rien de tout ça. Il est fini, Robert Rochefort, terminé, lessivé, en voilà un qui s’en ira la queue entre les jambes, qui ne reviendra pas, il peut bien changer de cravate ou écrire lui-même sa lettre d’excuses. Qu’a-t-il fait ? Qui a-t-il étranglé de ses propres mains ? Personne. Lui-même, peut-être, à la rigueur. Robert Rochefort s’est branlé en public, il est grillé, il est foutu – en tout cas, si j’en crois les torrents de haine que l’annonce de son crime a déclenchés il y a un mois, et l’absolu silence qui a suivi depuis.

Il aurait copulé en public, on l’aurait surpris dans une voiture et la bouche d’une prostituée au mauvais endroit, on l’aurait photographié attaché à une croix de Saint-André ou en train de s’amuser dans une backroom avec un copain, c’était toujours le scandale, certes, mais avec lui la gloire, une forme de gloire en tout cas, gloriole scandaleuse mais gloriole quand même, et l’admiration de quelques-uns, l’admiration que les singes timides vouent au grand singe déluré. Mais là ? Opprobre, opprobre, opprobre ! Exhibition solitaire, plaisir solitaire, qui va admirer ça ? Quel pervers refoulé pour tirer son chapeau au pervers au grand jour ? Personne. Il n’y a que des vertueux, des salauds, oui ! Des salauds aux mains propres et qui jettent des pierres à celui qui les a occupées.

PAS D’ACTIVITÉ PLUS INOFFENSIVE QUE CELLE-LÀ

Comment revenir après un coup pareil ? Lui il ne sera jamais au Sénat, et encore moins payé cinquante mille euros de l’heure pour expliquer à une bande de très riches quelques subtilités de droit et de fiscalité, personne ne le prendra au sérieux, tout le monde aura l’image en tête. Même s’il trouve une chaire pas trop tarte à HEC ou au Collège de France. Quolibets sur quolibets et s’ils ont encore des tableaux noirs là-bas, je vois d’ici les graffitis, chaque matin.

C’est l’histoire d’un type qui pour une raison qu’on peut trouver un peu bête, c’est-à-dire quand il est stressé, se masturbe compulsivement. J’en connais, moi, qui dans la même situation frappent leurs enfants, gueulent sur leurs employés, s’enfilent du whisky ou insultent tous ceux qui passent à leur portée.

Celui-là se branle. Oui, on peut se moquer, mais je ne connais pas d’activité plus inoffensive que celle-là. J’aurais bien aimé que certains hommes politiques, au lieu d’utiliser la gégène pendant la guerre d’Algérie, ou de serrer la pogne à Omar Bongo, ou de planter leur zizi dans des employées d’hôtel guère consentantes, ou de se faire financer le narcissisme par la Libye  ou d’envoyer les CRS taper sur les mécontents, fassent de même.
Et les assassins ? Et les suicidaires ? Et les braqueurs de banque ? Et tous ceux qui chaque jour commettent d’irréparables conneries ? Et si ce matin-là, Wolfgang Přiklopil s’était branlé ? Et Andréas Lubitz ? Et Abdelhamid Abaaoud ?

Le 11 septembre ? Branlette !
Hiroshima ? Branlette !
Qui a tué Jaurès ? Personne ! Raoul Villain avait les deux mains occupées !
Hitler, Staline, Napoléon, César ? Branlettes, branlettes, branlettes !

JERK-OFF, NOT WAR !

C’est curieux, quand même, que la masturbation soit le dernier tabou, l’infranchissable, la honte suprême.

Moi, finalement, je le trouve assez courageux, ce geste. Alors, en hommage non-ironique à Robert Rochefort (non-ironique, j’aime autant préciser), hommage non pas à ses idées (dont j’ignore le premier mot) mais à son geste étrange et pacifique, à ce rempart de chair qu’il dresse entre la violence du monde et lui, je vais raconter quelques-unes de mes anecdotes les plus foireuses en la matière.

Bibliothèque d’Agde, début des années quatre-vingt-dix.
Je passe dans la salle de lecture la plupart des mes pauses de midi. Je ne vais pas à la cantine, je ne fréquente personne : j’avale un sandwich et fonce là-bas, pour lire. Je suis en seconde ou en première, je suis fabuleusement mal dans ma peau, j’aimerais être au moins un paria mais on ne me remarque pas assez pour ça, je suis juste invisible. De plus en plus souvent, je me planque dans un coin pour me masturber à travers la poche en lisant des passages de La Louve, d’Emmanuelle Arsan, et j’envoie tout dans mon pantalon, contre ma cuisse, frisson supplémentaire quand il y a d’autres lecteurs.

Un cybercafé situé sur le quai des Bateliers, à Strasbourg, début des années deux mille. Je m’y rends le matin pour écrire quelques pages de mon roman en cours (une chose médiocre qui ne sera jamais éditée sous forme de livre), mais avant cela je visite quelques sites pornographiques et ça se passe de la même manière qu’à l’époque de la bibliothèque d’Agde.

Même cybercafé, à peu près à la même époque. Une femme avec qui je corresponds sur MSN m’encourage à sortir mon sexe devant la webcam et je m’exécute, émoustillé, alors que l’endroit est plein craquer, chaque ordinateur occupé par un client. J’ai l’objet du délit dans une main et la boule en plastique gris de la webcam dans l’autre, son câble tiré au maximum. Cette fois-là, je suis trop timide pour aller jusqu’au bout.

Il y en a d’autres, plus ou moins spectaculaires ou honteuses, je ne vais pas les raconter toutes. Dans des bars, chez des gens, dans la rue, dans des trains, et toutes ont une chose en commun et c’est pour ça que je me sens le frère de Robert Rochefort : elles m’ont rendu le monde un peu, un peu moins insupportable, à des moments où j’avais les meilleures raisons de le détester, lui et ses habitants.

Henry Miller en a quelques-unes aussi à raconter, et Bukowski, et Topor, et Houellebecq, et Fante, et il faudrait aller voir du côté de Balzac et de Flaubert, et des Russes, et il y a aussi Edgar Hilsenrath et même sans parler de Sade je ne suis pas en mauvaise compagnie – les écrivains sont des gens doux et raisonnables, vous voyez bien. Quand la situation devient difficile ils font comme Robert Rochefort, ou plutôt c’est lui qui fait comme eux, ils se recentrent sur eux-mêmes et tels des escargots s’enroulent à l’infini dans le secret de leur coquille, jusqu’à l’extase, jusqu’à la paix, qui jamais ne dure, mais c’est toujours ça de pris, et qu’importe qu’on se trouve en pleine rue ou dans un magasin de bricolage, que je sache Clark Kent se transforme en Superman dans des cabines téléphoniques aux vitres parfaitement transparentes et personne ne trouve à y redire.

Vous devriez essayer. Je suis certain que vous y prendriez goût.

Note de l’auteur – Serrer la main du président : Cette jolie expression désignant la masturbation est d’origine roumaine et se dit, dans la langue d’origine, A da mâna cu presedintele.

Suivez PressNut News sur Telegram pour ne jamais manquer les actualités les plus importantes grâce à nos sélections du matin et du soir. Pour recevoir les actualités de notre chaîne, il suffit de télécharger l’application Telegram sur n’importe quel smartphone, tablette ou ordinateur puis cliquer sur le lien et appuyer sur « Join ».