CPIP : les oubliés de la pénitentiaire disent stop !

Le 23 mai 2016, par Rédaction AuvergneRhôneAlpes.info

Les conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation (CPIP) en ont ras-le-bol et ils veulent le faire savoir. Le sentiment de ne pas être suffisamment représenté, les promesses non tenues des gouvernements successifs et leur exclusion des revalorisations salariales ont mis le feu aux poudres. En Auvergne Rhône Alpes, une délégation a été reçue par le directeur de cabinet de Laurent Wauquiez. PressNut a rencontré l’intersyndicale du mouvement*.

PressNut : quels syndicats représentez-vous ?

Intersyndicale CPIP : le SNEPAP FSU syndique des personnels de l’administration pénitentiaire. Au sein de la CGT pénitentiaire UGSP, qui était à la base multi-catégorielle, la filière insertion-probation possède depuis deux ans sa propre entité. Nous avions le sentiment de ne pas être suffisamment représenté et que nos revendications n’étaient pas assez portées, contrairement aux surveillants pénitentiaires.

PressNut : votre métier n’est pas très connu du grand public…

Intersyndicale CPIP : à l’origine il y avait les éducateurs de prison. Une première reforme a créé les comités de probation en milieu ouvert et les services socio-éducatifs en milieu fermé. En 1998, une réforme a créé le service pénitentiaire d’insertion et de probation. Ces services sont rattachés à chaque Tribunal de Grande Instance. Il en existe un par département. Aujourd’hui nous sommes 3 500 conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation au niveau national.

PressNut : c’est quoi votre job ?

Intersyndicale CPIP : nous sommes des fonctionnaires qui dépendons du ministère de la Justice et de l’administration pénitentiaire. Nous sommes là en tant qu’agents de probation mais aussi en tant que travailleurs sociaux pour accompagner les gens et empêcher la récidive. Il faut différencier le métier de CPIP en milieu ouvert et en milieu fermé. En milieu fermé, nous préparons la sortie et en milieu ouvert nous accompagnons la réinsertion. Un CPIP doit savoir faire les deux.

PressNut : oui mais plus précisément, quelles sont vos missions ?

Intersyndicale CPIP : nous maintenons les liens familiaux, nous luttons contre les effets désocialisants de l’incarcération. Nous mettons en place des actions collectives  telles que l’éducation à la santé, des animations autour de l’art ou encore la culture. Nous travaillons surtout avec les condamnés sur la peine qui doit avoir un sens. Nous sommes le lien entre la personne condamnée, l’extérieur et le juge d’application des peines. En milieu ouvert ou en milieu fermé, nous menons une réflexion avec le condamné : quel est son positionnement face à la victime ? Quelle perception a t-il de son avenir ? Quelles stratégies mettre en place afin d’éviter de commettre à nouveau des faits similaires ?

PressNut : pourquoi avoir initié un mouvement de protestation ?

Intersyndicale CPIP : on nous demande de nous former, ce qui demande du temps. Nous manquons cruellement de visibilité. Nous avons toujours eu le sentiment d’être le parent pauvre, le travailleur de l’ombre de l’administration pénitentiaire. Pourtant on nous demande beaucoup de choses. Nous sommes très volontaires pour effectuer de nouvelles missions mais nous n’avons aucun retour. Christiane Taubira a affiché des recrutements qui n’ont pas été menés complètement à leur terme. Il y a eu une revalorisation affichée de l’ensemble des personnels de l’administration pénitentiaire, or dans la réalité, les CPIP n’ont pas été concernés par ces mesures. La filière insertion et probation a été exclue des revalorisations. Ce qui a mis le feu aux poudres.

Les travailleurs de l’ombre

PressNut : quelles sont vos revendications ?

Intersyndicale CPIP : nous demandons une augmentation des effectifs, une reconnaissance statutaire et indemnitaire comme d’autres agents de l’administration pénitentiaire ont pu l’obtenir. Nous avons toujours le sentiment d’être les oubliés de l’administration pénitentiaire, alors que le CPIP a son importance dans le système judiciaire. Nous avons une position centrale dans la chaîne pénale. 250 000 personnes sont suivies par les CPIP en milieu ouvert et 58 000 en milieu fermé. Voilà la réalité du terrain. Les hommes politiques ont tendance à l’oublier. Pourtant, l’informatisation est arrivée, nous avons des rapports à rendre, l’administration veut avoir une meilleure visibilité de nos métiers. Tout cela demande du temps, sans compter les entretiens que nous avons avec les personnes que nous suivons. Nous sommes happés par une multitude de tâches.  C’est toujours important de se remettre en question, mais nous regrettons que cela se fasse au détriment des personnes suivies, faute de moyens.

PressNut : un CPIP suit combien de personnes ?

Intersyndicale CPIP : c’est très variable. Cela peut aller de 70-80 personnes, jusqu’à 180 personnes, ce qui est énorme. Forcement la vigilance du CPIP va être amoindrie en fonction de l’effectif en face de lui. La moyenne tourne plutôt autour de 120 personnes suivies. Pourtant un premier ministre à une époque, Jean-Marc Ayrault pour ne pas le nommer, dans un communiqué de presse, avait annoncé tendre vers une prise en charge de 40 personnes maximum. Nous en sommes loin. On voulait se calquer sur ce qui se passe au Canada, par exemple. C’est bien, mais ils ont des décennies et des décennies de mise en pratique que nous n’avons pas.

PressNut : vous avez interpellé les députés et les sénateurs, avez-vous eu des retours ?

Intersyndicale CPIP : absolument aucun. Sauf la sénatrice de la Loire qui a répondu à la demande de l’intersyndicale. Le directeur de cabinet de Laurent Wauquiez nous a répondu et un entretien a eu lieu. Mais nous n’avons pas eu de retour pour le moment**. Le ministre de la Justice a reçu l’intersyndicale mais il venait d’arriver. Nous notons que Monsieur Urvoas, actuel ministre de la justice, était par ailleurs la rapporteur de la loi sur le renforcement des CPIP. Sa réponse à nos revendications a été : « oui, mais il n’y a pas de budget. » Donc le mouvement perdure.

PressNut : avez-vous manifesté ?

Intersyndicale CPIP : oui, le 10 mai, partout en France. 1 000  agents sur 3 500 ont suivi le mouvement, soit 1/3 des effectifs, en prenant sur leurs congés car nous n’avons pas le droit de grève.

PressNut : quelles sont les prochaines actions que vous comptez mener ?

Intersyndicale CPIP : l’intersyndicale devait être reçue par François Hollande et cela a été reporté à une date ultérieure. Ce qui cristallise l’actualité, c’est la Loi Travail, les manifestations Nuit Debout, donc notre mouvement en pâtit.

PressNut : si vous arrivez à être reçu par le président, vous lui direz quoi ?

Intersyndicale CPIP : le succès d’un suivi judiciaire, c’est lorsque l’on ne revoie plus la personne dans le circuit judiciaire. Le bon résultat, on ne le voit jamais, si la personne ne récidive pas, et c’est tant mieux. Nous sommes plus confrontés à l’échec qu’aux personnes qui réussissent à s’en sortir. Il faut rendre les personnes suivies acteur de leur réinsertion. Il faut qu’ils s’approprient les mesures judiciaires prises à leur égard pour en tirer les conséquences et le bénéfice. Globalement, ce que les CPIP déplorent, c’est le manque de reconnaissance. Même s’ils ont une certaine autonomie professionnelle et une liberté pédagogique, ce qui fait la liberté de ce métier.

Propos recueillis par Marie de Luze et Ferdinand de Menditte

* Les deux agents que nous avons rencontré, s’exprimant au nom de leur syndicat, n’ont pas souhaité voir leurs noms apparaître. Ils figurent donc dans cet article sous l’appellation : « intersyndicale CPIP ».

** Contacté à ce sujet par la rédaction de PressNut.com, le cabinet de Laurent Wauquiez n’a pas apporté de réponse à ce jour.

Vers un tourisme artificiel en Auvergne Rhône-Alpes ?

Le 09 mai 2016, par Thomas Fauveau

La Région a annoncé, au mois de mars dernier, sa politique touristique. Au programme : de la pleine nature, toujours plus de nature. Où en sommes-nous réellement ?

Un mois tout juste après le programme de la nouvelle politique touristique d’Auvergne Rhône-Alpes, la Région a voté une subvention de 4,7 millions d’euros pour aider à la construction d’un Center Parc à Roybon, un projet pourtant stoppé par la justice. La bulle climatisée, véritable usine à touristes, ne ravit par tout le monde. En ce début de printemps 2016, après un hiver catastrophique pour les professionnels de la montagne, Laurent Wauquiez vient d’annoncer que 50 millions d’euros seront investis au cours de son mandat dans la production de neige artificielle.

Les stations de ski semblent bel et bien engagées dans une course folle à la production de neige de culture. Il faut dire qu’elles ont sans doute moins bien anticipé le réchauffement climatique que leurs consœurs autrichiennes ou italiennes, beaucoup mieux équipées. A tel point que nous avons vu une station savoyarde se faire livrer 100 tonnes de neige par hélicoptère l’hiver dernier pour faire plaisir aux skieurs. Loin de se satisfaire d’utiliser des canons à neige au pied des pistes afin d’éviter une extension de l’exploitation dans les sommets, au détriment de la nature, certaines stations en installent même à 3 000 mètres d’altitude.

Lorsqu’on la retourne, il se met à neiger dans la boule

Avec ces nouvelles mesures, les usines à neige vont tourner à plein régime dès l’hiver prochain. D’un point de vue écologique, les canons à neige ont certes fait beaucoup de progrès. Surtout depuis l’abandon des adjuvants depuis maintenant plusieurs années. Il n’en reste par moins que ce procédé génère des nuisances pour l’environnement. Les sols recouverts de neige de culture ont une fâcheuse tendance à l’imperméabilisation, ce qui facilite leur érosion. La production de neige artificielle nécessite en outre des millions de mètres cubes d’eau et une dépense en énergie absolument phénoménale.

Avec tout ça, on en oublierait presque que le ski est à l’origine un sport de nature. Mais une question cruciale reste en suspens. Il ne suffit pas de vouloir fabriquer de la neige pour y parvenir. Nous pouvons investir autant de millions que possible dans des enneigeurs, si le thermomètre ne veut pas descendre en dessous de zéro, rien n’y fera. Et Dame Nature semble bien déterminée à inverser la courbe des températures et à nous imposer sa loi. Il va falloir s’y faire. Mais il existe peut-être une solution : installer un globe, non pas à Roybon, mais au dessus de Notre Dame de France, au Puy-en-Velay. On pourrait y mettre de la neige artificielle dedans. Ce serait joli. En secouant le tout, nous aurions ainsi une magnifique boule à neige, idéale en guise de vitrine touristique pour notre belle région.

Emmanuel Macron visite l’Auvergne, le web s’agite !

Le 29 avril 2016, par Thomas Fauveau

La visite du ministre de l’économie en Auvergne en ce début de semaine n’est pas passée inaperçue. Et pour cause ! Emmanuel Macron n’en a pas été réduit à escalader une grille, la chemise en lambeau pour échapper à une foule en colère. Non. Mais il a tout de même encaissé des critiques d’une rare violence de la part de quelques syndicalistes. Et il a eu chaud aux fesses. Car les bougnats ont le sang chaud ! Petite revue de web…

25 avril matin. Issoire, dans le Puy-de-Dôme. Le ministre de l’économie vient visiter l’usine aéronautique Rexxia située dans la ZI des Listes. La visite prévue initialement au mois de mars avait été reportée pour cause de réunions sur la loi Travail. Cette fois, tout est bien cadré. Bercy lance son invitation presse avec le programme détaillé. Oui mais voilà, tout ne se déroule pas comme prévu. Emmanuel Macron est accueilli sous les huées des syndicalistes : « Vous allez le payer de vous foutre de la gueule du peuple ! », peut-on entendre notamment. Le ministre affiche un rictus d’anthropophage et reste imperturbable. « Issoire, bon vin à boire, belles filles à voir! ». Nul doute qu’Emmanuel Macron s’en souviendra.

Du côté de la presse, la séance fait rapidement le buzz. Les images d’iTélé tournent en boucle. Le Monde rapporte qu’une fois rentré dans l’usine, Emmanuel Macron aurait lancé, comme pour se rassurer : « Ca va mieux en moyenne, c’est la vérité, ce sont les chiffres. » Si ses tableaux Excel le disent… Dans La Montagne, le ministre explique que Rexxia est en train d’opérer une large transformation de son modèle classique vers ce que l’on appelle « l’entreprise du futur ». Une transformation qui, si elle est inéluctable, ne sera sans doute pas sans conséquences en terme de suppressions de postes. A quand un revenu universel, monsieur le ministre ? Le site NewsAuvergne rapporte que le ministre a décidé de s’intéresser à la vie des gens et de ne plus parler de la présidentielle. Qui va croire ça ?

« Hé Ho, t’es socialo et t’as pas d’électeurs ! »

Tout cela n’a pas laissé les internautes indifférents. Certains même se déchaînent. Sur Facebook, les commentaires fusent : « Un bon à rien le macaron ! », « mangeons-le ! », « Le pauvre Manu, mamie le consolera à son retour… » Certains commentaires sont même carrément insultants, tel ce « Connard, dégage », resté 8 heures durant sur la page de La Montagne sans que les modérateurs ne jugent bon de le supprimer. Sur le post du Point, même si quelques excités ont envie de déchirer la chemise du ministre, les réactions sont globalement à l’opposé : « Les syndicalistes sont-ils capables d’autre chose que de faire la grève et pourrir la vie des gens ? », « Moi président, je mettrais tous les syndicalistes à l’ombre pour six mois. », « Les syndicalistes sont des militants certainement sincères mais manipulés par un ramassis de guignols opportunistes se prostituant avec l’extrême gauche ».

A l’issue de sa visite, Emmanuel Macron finira tout de même par s’exprimer sur « Hé Ho La Gauche », ce qui ne manquera pas non plus de faire réagir immédiatement les internautes : « Hé Ho, t’es socialo et t’as pas d’électeurs ! », peut-on lire ici ou là. Nabilla, ou l’obsolescence programmée de la pensée ! Une brèche dans laquelle s’est royalement engouffré Raphaël Enthoven, philosophe bobo sorti d’une pub pour L’Oréal, dans sa chronique du 26 avril matin sur Europe 1 : « C’est l’interpellation magnanime d’un groupe de colonels dépourvu de soldats, une armée mexicaine qui emprunte le lexique de Nabilla pour envoyer sur le champ de bataille l’homme exténué qui sur un malentendu l’avait emporté 5 ans plus tôt ». Doutant fort qu’Emmanuel Macron soit venu lundi se faire écharper à Issoire comme un bon petit soldat de la République, c’est son mouvement « En marche » qui, en réalité, vient de connaître en Auvergne quelques soubresauts. Mais il en faudra plus pour le désarçonner.

Photo : capture d’écran itélé

Nuit Debout à Lyon : « du miel dans les ruches du patronat »

Alors que la mayonnaise peine un peu à prendre dans quelques villes, notamment à Bordeaux, le mouvement Nuit Debout Lyon continue son petit bonhomme de chemin. Pour finir la semaine, PressNut.com est allé faire un tour sur le « chat » du site Internet du collectif. Et ça bourdonne !

A première vue, le design du site lyonnais consacré à Nuit Debout est bien moins attractif que le site national. Mais qu’importe ! Ce site régional a au moins le mérite d’exister. Contrairement à beaucoup d’autres villes de l’hexagone, qui se contentent d’une sous-section du site parisien, le site lyonnais semble avoir un ou des administrateur(s) et il est mis à jour régulièrement. En plus de proposer les informations classiques sur les dates et heures des rassemblements, il offre également la possibilité d’accéder à quantité d’autres services, tels un forum, un chat, des liens vers les réseaux sociaux ainsi que la webradio.

La webradio, en construction, propose quelques interviews des participants au mouvement. Dans un extrait intitulé « c’est les media qui nous font chier », un individu déclare : « On vit dans un système de merde, de corrompus ! En réalité c’est médiatisé par les media (sic). J’ai juste un truc à dire : je suis contre les antisémites et je pense que les arabes ils sont toujours maltraités. Je suis franco-algérien-allemand et j’ai des lointains parents qui étaient nazis. » Bon. Nous compatissons. Un autre à qui il est demandé ce qui le fait rêver, répond juste : «Rien ! Je suis une personne révoltée. La politique c’est tout du blabla. »

« Y’a bien quelqu’un qui va se lever le cul pour me libérer ? »

Sur le Chat, nous accédons à la discussion par le canal général. Nous sommes très loin des revendications de Nuit Debout. Un certain « Lutch » vient de se connecter. Il a un gros problème. Un dénommé Abdel a dormi chez lui et il est parti avec son téléphone en l’enfermant dans son propre appartement. « MarieFakir » tente de venir à son secours en localisant Abdel. Peine perdue. « Lutch » sort de ses gonds : « Il m’a laissé un sac avec un calebard sale à l’intérieur ! » (calme-toi, Lutch ! Au moins, tu as l’ADN d’Abdel). Après quelques instants, il finit par relativiser : « Il m’a pris mes clés et mon téléphone mais il m’a laissé sa bouteille de Schweppes. Beau geste, quand même. » Le pseudo « LeJu » réagit : « Fair play ! Au frigo, au moins ? » « Même pas » se désespère « Lutch » qui finira par être libéré à 17h47 !

« Lutch » a finalement pu rejoindre la place Guichard, juste à temps pour la première assemblée de 19h. Espérons qu’avec la poisse qu’il se trimballe, il ne se fasse pas attaquer par un homme ivre et déguisé en Tigrou, comme c’est arrivé à des participants de la Nuit Debout de Toulouse mardi dernier (voir l’édition du Parisien du 19 avril 2016). Fort heureusement, les compte-rendus des assemblées générales redonnent un peu de dignité au mouvement Lyonnais. La dernière mouture ne fait aucune mention de la mésaventure de « Lutch » et se concentre plutôt sur les revendications, l’organisation générale et la préparation d’un grand bal populaire le 24 avril. Le groupe « Tractage et diffusion de textes politiques » demande des nouvelles de Bernard Arnault, dont les oreilles doivent fortement siffler. Car, attention messieurs les patrons, « il y a du miel dans les ruches du patronat », et certains semblent bien avoir l’intention de se préparer quelques tartines.

Budget de la Région Auvergne Rhône-Alpes : Debat fuit le débat !

Le 18 avril 2016, par Thomas Fauveau

Le jeu de mots est un peu facile, j’en conviens volontiers. Il n’en reste pas moins qu’il illustre bien le niveau auquel se situe le débat politique, particulièrement délétère dans notre région. Jeudi 14 avril 2016, une partie seulement des élus a voté le premier budget de la nouvelle mandature. Les élus du PS et du FN ont en effet décidé de boycotter la session.

Ambiance tendue lors de l’assemblée plénière qui s’est tenue au Conseil régional jeudi dernier. Jean-François Debat, le chef de file du parti socialiste, a décidé de se retirer de l’hémicycle, entrainant avec lui ses camarades. Dans un bel élan de solidarité, les élus du FN lui ont emboité le pas. Nous avons donc pu assister à un cortège d’élus FNPS quittant, ulcérés, l’assemblée. Gageons qu’ils n’en renonceront pas pour autant à leurs indemnités. Dans une conférence de presse improvisée, Jean-François Debat a déclaré : « Laurent Wauquiez ne se place pas au niveau des responsabilités qui lui ont été confiées et on ne veut pas participer à cette mascarade ». Ce à quoi le même Laurent Wauquiez a rétorqué : « vous préférez fuir le débat ».

Quelle est la raison de cet embrouillamini ? Il semble bien que ce soit l’attitude de Laurent Wauquiez qui pose problème, plutôt que le budget en lui même. Qualifié à la fois de « prince », de « populiste » et « d’autocrate », le président de Région en prend pour son grade. Juste avant le vote, Jean-François Debat a publié sur son blog un « bilan des 100 jours » de la mandature de Laurent Wauquiez, dans lequel il dénonce le clientélisme, le copinage et les effets de « com ». Rien de bien nouveau, en somme, si ce n’est ce que les politiques se reprochent habituellement les uns les autres à mesure qu’ils s’échangent les majorités. La Région, elle, continue sa « com » et annonce un beau budget, tout bien ficelé, tout bon, tout chaud.

Le poète a toujours raison

De leur côté, les élus du Rassemblement citoyen écologique et solidaire, ont sorti la sulfateuse. Dans un long communiqué de presse, ils dressent de Laurent Wauquiez le portrait d’un homme « brutal et dangereux ». Rien que ça ! Mais ils dénoncent surtout « des choix budgétaires destructeurs ». Si tout est discutable, comme toujours en politique, il semble bien que la décision d’allouer 4,7 millions d’argent public à Pierre & Vacances pour la construction d’un Center Parc leur reste en travers de la gorge. Et convenons que cela pose questions ! En quoi cette usine à touristes est-elle en adéquation avec la politique touristique affichée par Laurent Wauquiez ? La « pleine nature » sous une bulle climatisée, cherchez l’erreur !

Quel est le fond du problème ? Et bien, la vraie question, c’est sans doute celle de la faiblesse du pouvoir actuellement en place au niveau national. La faiblesse d’un gouvernement qui se retrouve obligé de négocier la Loi Travail avec des étudiants qui n’ont jamais travaillé. La faiblesse d’un gouvernement en train de danser le rigodon. Un pas en avant, deux en arrière ! Laurent Wauquiez cherche peut-être tout simplement à prendre la posture inverse, à se positionner en homme fort et providentiel. Il n’en reste pas moins que le système semble à bout. Le mouvement Nuit Debout est un signal fort. D’aucuns diront à Jean-Louis Murat de s’occuper de ses chansons, mais il a déclaré dans une récente interview : « La politique ne m’intéresse pas. Sauf pour en dire du mal. C’est le fumier de la démocratie. Les générations futures, si elles veulent s’en sortir, devront inventer autre chose. Le suffrage universel, ça ne marche plus. » Le poète aurait-il toujours raison ?

Le point sur la bourse au mérite qui vient d’être rétablie en Auvergne-Rhône-Alpes

Le 11 avril 2016, par Rédaction AuvergneRhôneAlpes.info

Lui-même titulaire d’un baccalauréat mention « Bien », Laurent Wauquiez n’aurait pas eu droit à la bourse qu’il a décidé de rétablir en faveur des élèves les plus méritants. En effet, celle-ci est destinée à tous les nouveaux bacheliers de la région obtenant la mention « Très Bien », sans condition de ressources.

Sous Charlemagne déjà, l’enseignement était en principe gratuit. Mais c’est au cours du XIXe siècle que l’on observe une évolution progressive vers la réelle gratuité. Auparavant, il revenait aux conseils municipaux de fixer le montant de la rétribution scolaire payée par les famille et de dresser la liste des familles qui en étaient exemptées. Les lois Jules Ferry votées en 1881-1882, instaurent l’école gratuite, l’instruction obligatoire et l’enseignement public laïque. Le secondaire restera toutefois payant jusqu’en 1933. Mais jamais il n’a été question de bourses au mérite pour les élèves. Seul le professorat secondaire et supérieur était presque gratuit grâce à ce type de bourses dans les années 1890.

C’est uniquement en 2009 qu’une bourse au mérite est mise en place pour les lycéens obtenant le bac avec la mention « très Bien ». Seulement 4 ans plus tard, et un changement de majorité survenu entre-temps, décision est prise par le ministère de l’Enseignement Supérieur de supprimer cette mesure. La mise en application a été effective à la rentrée 2014. Et ce malgré le tollé général du côté des étudiants et de la part de nombreuses associations. Le Gouvernement a avancé l’augmentation du nombre de mentions pour justifier cette suppression et expliqué vouloir privilégier les boursiers sur des critères sociaux. Face à la protestation, le Gouvernement a finalement reculé et rétabli cette bourse en 2015… mais divisée de moitié.

Le mérite, une valeur qui divise

Existerait-il un certain malaise entre la gauche et la valeur « mérite » ? Il semble bien que oui. Le mérite serait en définitive une « repoussante » idée de droite. Mais les choses ne sont pas si simples car la droite traditionaliste semble elle-même divisée sur le sujet. Le premier courant, qui privilégie l’excellence, assimile l’égalité des chances à la reconnaissance du mérite. Le président Pompidou, passé des classes d’un village du fin fond du Cantal à Normale Sup est un exemple typique de promotion sociale par l’instruction publique. Le second courant, technocratique, entend assurer la promotion scolaire du peuple à travers l’enseignement technique.

La nouvelle mesure prise par la Région va concerner tous les lycéens inscrits en formation initiale dans un établissement d’enseignement secondaire d’Auvergne Rhône-Alpes (centre de formation des apprentis, lycée public, ou privé sous contrat d’association avec l’État), dépendant du Ministère de l’Éducation Nationale ou du Ministère de l’Agriculture. Cette bourse au mérite régionale de 500 euros viendra se rajouter à la bourse nationale. Laurent Wauquiez, président du Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes, a déclaré que « face à une décision profondément injuste de la Ministre de l’Éducation nationale, il était très important de valoriser et récompenser les efforts accomplis par nos jeunes lycéens et de les accompagner dans les meilleures conditions dans leur parcours d’étude. » Cette mesure pourrait concerner jusqu’à 6 000 lycéens, ce qui représente donc une enveloppe globale de 3 millions d’euros.

Le mouvement « Nuit Debout » s’implante à Lyon

Le 05 avril 2016, par Rédaction AuvergneRhôneAlpes.info

Avis aux insomniaques révolutionnaires ! Après Paris, Rennes, Strasbourg et Toulouse c’est au tour de Lyon d’appeler à la mobilisation ce mardi 5 avril 2016 pour un rassemblement à partir de 18h00 sur la place Mazagran.

Le collectif « Nuit Debout », né à Paris dans le sillage de la contestation de la Loi El Khomri (ou ce qu’il en reste), semble vouloir essaimer dans tout l’hexagone. Composé de citoyens engagés, d’intermittents, de syndicalistes, d’étudiants et parfois même de lycéens, ce rassemblement informel souhaite prendre de l’ampleur au point de, pourquoi pas, venir s’inscrire dans la continuité de mouvements nés dans différents pays européens comme « Occupy » ou encore « les indignés de la Puerta del Sol » apparu en 2011 à Madrid.

Pour le moment les revendications sont floues. Elles dépassent en tout cas largement les oppositions à la loi travail pourtant à l’origine de la contestation. Chose intéressante, le revenu universel fait partie de ces revendications. Très à la mode en ce moment, le sujet fait largement débat au sein de l’Europe. Certains pays comme la Finlande l’on même déjà programmé pour novembre 2016, date à laquelle chaque citoyen recevra la somme de 800 € par mois. Les Pays-Bas vont le tester dans plusieurs villes et la Suisse se prononcera dans le courant de cette année.

Férinel, tous propriétaires à la montagne !

Parmi les autres revendications du collectif « Nuit Debout » figurent le droit au logement, la démocratie directe ou encore le plafonnement des hauts-revenus. Le mouvement s’appuie largement sur les idées du collectif « Convergence des Luttes », né de la dynamique du documentaire satirique « Merci Patron ! » réalisé par François Ruffin. Dans ce film, Bernard Arnault, ancien promoteur immobilier Férinel reconverti dans le luxe, se voit subtilement délesté de 40 000 € par un couple du nord au chômage. Là réside sans doute toute la symbolique des tensions sociales actuelles.

Quoi qu’il en soit, les réseaux sociaux s’agitent fortement. On ne compte plus les pages Facebook, Twitter, Tumblr et même les chaînes YouTube dédiées au mouvement. Dans notre région, Le compte Twitter @NuitDeboutLyon compte déjà 856 abonnés et tweet à tout va.

La Région fait de l’apprentissage sa priorité et maintient son soutien aux CFA, au plus près de leurs besoins

Le 02 avril 2016, par Rédaction AuvergneRhôneAlpes.info

Stéphanie Pernod-Beaudon, Vice-présidente à la Région Auvergne Rhône-Alpes, déléguée à la formation professionnelle et à l’apprentissage, s’est rendue depuis janvier à la rencontre de plusieurs centres de formations d’apprentis (CFA) sur le territoire, et souhaite réaffirmer le soutien de la Région à l’apprentissage, « voie royale » vers l’emploi. « Il est primordial que nous fassions d’Auvergne Rhône-Alpes une région leader en matière d’apprentissage » insiste-t-elle.

La Région Auvergne Rhône-Alpes entretient un dialogue fort et de qualité avec chaque CFA afin de connaître au plus précis les spécificités et la qualité pédagogiques, ainsi que la situation financière de chacun des établissements du territoire. La réforme de la taxe professionnelle de 2014 a eu pour effet d’augmenter les ressources autres que régionales de certains CFA. En 2015, les 60 CFA du territoire rhônalpin ont ainsi perçu plus de 10 M€ supplémentaires de taxe d’apprentissage et l’évolution de l’activité économique et de la masse salariale permet d’estimer une collecte de taxe d’apprentissage globalement aussi bonne en 2016.

Par cette connaissance pointue des établissements, de leur environnement et de leurs particularités, la Région Auvergne Rhône-Alpes est en mesure d’apporter à chaque CFA un soutien financier correspondant à ses besoins de fonctionnement et à la réalisation de ses projets. Cela permet également, dans un rôle de péréquation, de soutenir plus fortement les CFA qui attirent structurellement moins de taxe d’apprentissage que ceux qui en ont des recettes importantes.

Un fort investissement dans les CFA

Cette connaissance de la performance des CFA grâce à des indicateurs qualitatifs et quantitatifs permet à la Région de gérer de manière efficiente le soutien à l’apprentissage : elle renforce son attention concernant la qualité de la formation et le suivi des apprentis, et conditionne une partie des financements à l’atteinte des objectifs régionaux en la matière.

Les marges de manœuvre ainsi dégagées vont permettre à la Région Auvergne Rhône-Alpes d’accroitre son effort en faveur de l’investissement dans les CFA et pour le développement de l’apprentissage (préapprentissage, problématique du transport, hébergement et restauration des apprentis, promotion de l’apprentissage…)

« La Région Auvergne Rhône-Alpes s’appuie sur l’effet levier de la réforme de la taxe d’apprentissage : les CFA renforcent leur autonomie grâce à la perception de recettes autres que régionales et la Région renforce son action de péréquation entre les CFA et garantit son effort pour le développement de l’apprentissage sur des actions qualitatives et d’avenir. » résume Stéphanie Pernod-Beaudon. « Notre soutien à l’apprentissage reste indéfectible. »

Les vins d’Auvergne Rhône-Alpes présents sur les étapes du Tour de France 2016 dans notre Région

Le 02 avril 2016, par Rédaction AuvergneRhôneAlpes.info

Profitant de la présentation du Critérium du Dauphiné à l’Hôtel de Région ce jeudi 31 mars, Laurent Wauquiez, président de la Région Auvergne Rhône-Alpes, a organisé une rencontre entre Christian Prudhomme, le Directeur du Tour de France, et des représentants du Comité Vins Rhône-Alpes, afin de discuter des modalités de la présence de nos viticulteurs et de leurs produits sur le Tour de France.

A l’occasion de cette rencontre, née de l’incompréhension du partenariat conclu entre ASO et les vins chiliens, Laurent Wauquiez a appuyé la proposition avancée par le Comité Vins Rhône-Alpes, visant à mettre en avant, au départ de toutes les villes étapes, l’œnothèque Auvergne Rhône-Alpes représentant tous les vignobles de la région, sur la base d’un fil rouge « paysages et oenotourisme », avec une animation dégustation organisée par les vignerons locaux (interprofessions et/ou syndicats d’appellation).

Un élément patrimonial fort

Cela permettra de valoriser la grande richesse et la diversité de nos vins régionaux en insistant sur l’offre oenotouristique variée. Une proposition qui a aussi le mérite de rappeler qu’on peut communiquer intelligemment sur le vin, qui est un élément patrimonial fort, tout comme nos paysages qui sont l’âme de notre région, sans entraîner les gens dans la consommation excessive d’alcool. Une animation spécifique distincte sera en outre organisée par Inter Rhône sur l’étape de Bourg-Saint-Andéol qui promet d’être un temps fort de l’édition 2016 de la Grande Boucle.

Christian Prudhomme a réaffirmé les engagements pris au Salon de l’Agriculture devant les représentants de la filière viticole, à savoir d’offrir la possibilité, dans le respect de la législation française, de mettre en avant les vins français dans l’ensemble des espaces réceptifs du Tour de France.

Des échanges particulièrement intéressants et constructifs pour Laurent Wauquiez qui a fait part de sa satisfaction de « pouvoir profiter de l’exceptionnelle vitrine que constitue le Tour de France pour valoriser et sublimer nos vins d’Auvergne Rhône-Alpes, qui, tout comme la Grande Boucle, font l’âme et l’identité de notre région et de notre pays ».