Auvergne Rhône-Alpes vue de Mexico !

Le 27 avril 2016, par Rédaction AuvergneRhôneAlpes.info

11 heures de vol ! 21 enfants, 14 bébés à bord d’un A380 de la compagnie Air France. Les hôtesses sont au bord de la crise de nerfs. Le Mexique, ça se mérite !  Me voici donc « gringa » sur les terres d’El Chapo. Embarquée dans un Uber, je regarde les passants défiler le long de Frey Servando Teresa de Mier. Stupeur ! Ils sont tous gras, gavés de tacos, de guacamole et de sodas. J’ai rendez-vous avec Benjamin Daumas dans un hôtel sur Paseo de la Reforma. Rencontre avec un globe-trotter…

Aglaë Feelgood : quelle est ta formation ?

Benjamin Daumas : je suis corrézien, originaire de Tulle. J’ai fait une licence de langues étrangères appliquées à Clermont-Ferrand. J’ai ensuite passé des concours et intégré une école de commerce. J’ai fait un an de césure à Paris chez AccorHotels et l’école m’a proposé de faire un  master aux Etats-Unis, donc je suis parti à New-York durant un an et demi. Ensuite, j’étais à Miami en tant que coordinateur marketing. Maintenant je suis à Mexico où je gère la chaîne ibis. Nous avons 15 hôtels dans tout le pays, dont 3 à Mexico city.

Aglaë Feelgood  : pourquoi avoir choisi Clermont-Ferrand pour tes études ?

Benjamin Daumas : cette formation LEA me permettait de partir un semestre à l’étranger donc je suis parti à Grenade la dernière année. J’ai beaucoup de chance d’avoir des parents qui m’ont permis de faire tout ça aussi, parce que je n’étais jamais sorti de France avant mes 19 ans.

Aglaë Feelgood  : finalement, il y a certaine logique dans ton parcours ?

Benjamin Daumas : ce qui est sûr, c’est que j’ai toujours voulu voyager. Je me voyais steward, dans le voyage. Je me suis dit que pour travailler à l’international, il fallait connaître les langues. J’ai donc appris l’anglais, l’espagnol et l’italien. Quand on commence à voyager, on y prend goût. L’hôtellerie m’a permis de découvrir des gens brillants.

Aglaë Feelgood  : tu as eu un vrai coup de cœur pour ta boîte ?

Benjamin Daumas : oui, absolument. Et encore une fois j’ai eu de la chance que le groupe AccorHotels ait eu besoin de quelqu’un ici, à Mexico, alors que je cherchais un poste. Tout se goupille bien. J’aime parler d’autres langues, rencontrer des gens de cultures différentes. J’aurais peut être la possibilité par la suite d’évoluer dans d’autres régions du monde.

Aglaë Feelgood  : ici, à Mexico, tu as rencontré d’autres expatriés ? Des auvergnats ? Des rhône-alpins ?

Benjamin Daumas : oui, des parisiens principalement. Mais jamais un seul habitant de l’Auvergne ou de Rhône-Alpes. Désolé (rires). Je fais partie d’un réseau d’expatriés, Internations. Il y a des événements qui sont organisés régulièrement. C’est une façon de faire du networking d’une façon un peu informelle.

Aglaë Feelgood  :  tu as adopté le mode de vie mexicain ?

Benjamin Daumas : pas vraiment. Je vais régulièrement dans des restaurants français. J’achète ma baguette tous les jours. A côté il y a une petite épicerie où je peux trouver du fromage. C’est quelque chose que je ne pouvais pas faire aux États-Unis. Ici, je retrouve un peu mes marques françaises à moindre coût, donc j’en profite. Je ne sais pas si tu auras le temps d’aller dans le quartier de la Condesa, au sud de Mexico. Il y a beaucoup de restaurants français. J’ai même gouté là-bas de la truffade dans un restaurant qui s’appelle « La vie en rose ». Ce n’était pas la meilleure truffade du monde (rires) mais elle était disponible, au moins…

Aglaë Feelgood  : mais tu peux trouver des produits d’Auvergne ou de Rhône-Alpes ici, à Mexico ?

Benjamin Daumas : pas directement. Il existe un site Internet qui s’appelle Mon Épicerie française. Il est destiné aux expatriés mais je ne l’ai pas encore testé.

Aglaë Feelgood  : tu es passé d’une des villes les moins polluées de France, Clermont-Ferrand, à l’une des plus polluées au monde, Mexico. Ça fait un choc ?

Benjamin Daumas : ça m’a gêné. En plus, il y a l’altitude. Si j’accélère un peu trop le pas, je m’essouffle. Les premières fois, à la salle de sport, j’ai cru que j’allais mourir. J’avoue que le week-end j’aime bien partir en excursion dans des petits villages autour de Mexico.

Les européens renvoient une image froide et distante

Aglaë Feelgood  : qu’est ce que les mexicains ont comme image de la France ?

Benjamin Daumas : ils nous connaissent assez bien. Nous sommes élégants pour eux, distingués. Mais froids aussi, et distants. Enfin c’est l’image que renvoient les européens en général. Nous avons l’habitude de nous serrer la main pour dire bonjour. Ici, on s’embrasse comme du bon pain ! Même pour le business. Quand je recevais les fournisseurs, au début, j’étais un peu sur la réserve mais je m’y suis fait. Ils sont plus chaleureux et souriants que nous.

Aglaë Feelgood : tu as entendu parler de la fusion entre les régions Auvergne et Rhône-Alpes ?

Benjamin Daumas : oui, j’ai suivi un peu ça. On en parlait entre expatriés et on se demandait si les nouveaux noms de régions avaient été déterminés.

Aglaë Feelgood  : pas encore. Auvergne Rhône-Alpes est devenu la seconde région de France, tu penses qu’il peut y avoir des passerelles économiques avec Mexico ?

Benjamin Daumas : oui, ne serait ce que grâce à la gastronomie française qui est assez bien développée.

Aglaë Feelgood : sais-tu que Michelin vient de décider d’ouvrir une usine au Mexique et que cela représente un investissement de 510 millions de dollars ?

Benjamin Daumas : oui, je suppose que c’est pour toucher le marché nord-américain.

Aglaë Feelgood  : exactement ! Michelin, c’est une marque connue ici ?

Benjamin Daumas : il y a pas mal de voitures françaises mais je n’ai jamais vu une seule fois le logo Michelin, pour être honnête. Mais je vais regarder attentivement les pneus dorénavant !

Aglaë Feelgood  : à ton avis, comment pourrait-on promouvoir l’Auvergne Rhône-Alpes d’un point de vue touristique auprès des mexicains ?

Benjamin Daumas : justement, le marché mexicain est un marché que j’étudie pour la marque ibis. En ce qui concerne l’Auvergne Rhône-Alpes, je mettrais en valeur les espaces verts, la randonnée et la gastronomie. C’est un aspect de la France que les mexicains connaissent moins. Pour tout ce qui est patrimoine ou culture, ils iront d’abord à Paris. Il faut jouer la différenciation pour leur donner envie d’aller en Auvergne Rhône-Alpes. Il faut les attirer grâce à la nature et ils découvriront ensuite qu’il y a aussi un grand patrimoine culturel.

Aglaë Feelgood : bon, bref. Tu n’as pas croisé un auvergnat ni un lyonnais depuis que tu es là… il y en avait peut être plus à Miami ?

Benjamin Daumas : (rires) non, pas vraiment… mais dès que j’en croise un, je t’envoie un message…

Clermont-Ferrand : « the place to be », selon TheLocal.fr

Le 19 avril 2016, par Thomas Fauveau

Décidément, l’Auvergne a la cote auprès des anglos-saxons ! Après le guide de voyages australien Lonely Planet qui a l’a classée parmi les 10 régions du monde à visiter en 2016, PressNut a repéré un article publié sur TheLocal.fr qui met lui aussi Clermont-Ferrand à l’honneur. Pressnut.com s’est entretenu avec Katie Warren, la journaliste auteur de l’article, une américaine qui a vécu neuf mois à Clermont-Ferrand.

Katie Warren n’y va pas par 4 chemins : selon elle, Clermont-Ferrand n’est rien de moins que la meilleure ville de France. Et la jeune femme sait de quoi elle parle puisqu’elle a résidé dans la capitale auvergnate durant près d’une année. A Chamalières et à Montferrand, elle a travaillé comme professeur d’anglais pour le compte du ministère de l’Éducation Nationale. Née aux États-Unis, formée à l’université du Montana, la journaliste est passionnée depuis longtemps par la langue française et la littérature.

Katie Warren travaille aujourd’hui pour TheLocal.fr, un site d’information en langue anglaise implanté dans neuf pays d’Europe. Sur la totalité de ses éditions, le site compte plus de 4 millions de lecteurs chaque mois. Paul Rapacioli, le fondateur de TheLocal, est originaire de Londres et s’est installé en Suède en 2004 afin de lancer son site d’information. Sa vocation est d’abattre les barrières qui existent entre les pays et de faire se rapprocher les communautés. C’est ce à quoi s’affaire Katie Warren, dans le bureau parisien de TheLocal.fr. Mais visiblement l’Auvergne lui manque.

Clermont-Ferrand, « Liverpool de la France »

« J’ai décidé d’écrire sur Clermont-Ferrand parce que j’en avais marre de tous ces gens disant que Paris, c’est la meilleure ville de France ! Je pense que Clermont-Ferrand est une ville vraiment sous-estimée. C’est vraiment une honte qu’il n’y ait pas plus de gens qui connaissent cette ville. » Dans son article, Katie Warren recense 15 bonnes raisons de venir visiter la ville. De l’environnement à la cathédrale en pierre de lave, nous n’échappons certes pas à quelques clichés mais la jeune femme a su aussi capter l’esprit particulier qui règne à Clermont-Ferrand, notamment lorsqu’elle évoque les 800 groupes de rock qui en font le « Liverpool de la France ».

TheLocal.fr a publié cet article le 13 avril 2016. Il a suscité bon nombre de réactions de la part des internautes. Il faut dire qu’en invitant ses lecteurs a oublier Bordeaux et Toulouse, à se sortir Paris de la tête et à éviter Nice et Marseille à tout prix, la journaliste à su intriguer. L’article qui a compté 10 000 lecteurs le jour de sa parution a été l’article le plus lu sur l’édition française de TheLocal. Clermont-Ferrand, « secret le mieux gardé de France », selon Katie Warren, ne va pas le rester très longtemps…

Lire l’article :

pressnut.thelocal.frCrédit photo : Comité Régional de Développement Touristique d’Auvergne – Joël Damase

(Vidéo) Hollywood prépare un remake du film « Papillon »

La Région Auvergne Rhône-Alpes compte nombre d’illustres personnages. L’ardéchois Henri Charrière en fait partie. Ce bagnard, sans doute l’un des plus célèbres, a conté ses aventures dans le best-seller « Papillon » vendu à plus de 13 millions d’exemplaires. Une adaptation cinématographique de 1973 réunissait à l’écran Steve McQueen et Dustin Hoffman. Aujourd’hui, un remake est en préparation à Hollywood. PressNut a rencontré Vincent Didier, le biographe d’Henri Charrière.

Leonardo DiCaprio à l’affiche ?

D’après nos informations, c’est la maison de production Red Granite Pictures qui a racheté en Suisse les droits pour tourner un remake du film de 1973. Les deux associés de Red Granite Pictures, Riza Aziz et Joey McFarland, ont déjà produit « Le loup de Wall-Street » avec dans le rôle principal Leonardo DiCaprio. Le remake de « Papillon » sera réalisé par le Danois Michael Noer, d’après un scénario signé Aaron Guzikowski. Les acteurs pressentis pour reprendre le rôle tenu par Steve McQueen dans le film original sont Brad Pitt, Leonardo DiCaprio et Johnny Depp. Le producteur Joey McFarland a laissé entendre qu’il aurait une préférence pour voir le personnage d’Henri Charrière interprété par Leonardo DiCaprio. Reste à savoir si l’agenda de l’acteur le permettra.

La légende de « Papillon »

Henri Charrière embarque le 29 septembre 1933 à bord du bateau-cage le La Martinière, direction Cayenne. Il a été condamné aux travaux forcés à perpétuité pour un meurtre qu’il niera toujours avoir commis. Le doute subsiste encore aujourd’hui sur cette affaire.

Henri Charrière n’a qu’une idée en tête : la cavale. Il réussit à s’évader une première fois le 5 septembre 1934 et après un périple de plusieurs mois sur l’océan, il s’échoue en compagnie d’un camarade sur les côtes colombiennes. Malheureusement, la Colombie et la France possèdent des accords d’extradition et c’est le retour vers le bagne le 30 mai 1935 où il est condamné à la réclusion dans les cellules de l’île Saint-Joseph. C’est sans doute là, au fond de cette minuscule case dans laquelle il croupira durant deux ans, qu’il faut chercher l’origine de la prolixité (certains diront la mythomanie) d’Henri Charrière. Cerné par la solitude, l’obscurité et le silence, il s’évadera par la pensée, il repensera à son enfance, voyagera, vivra des aventures. Et ces aventures sont celles qu’il racontera plus tard dans son livre, « Papillon ou le chemin de la pourriture ».

Sorti de la réclusion et après encore huit ans passés au bagne, notamment sur l’île du Diable rendue célèbre par Dreyfus, cette fois c’est la bonne : Henri Charrière s’évade et après une escale de plusieurs mois en Guyane anglaise, il rejoint Caracas en 1946. Il a 40 ans, un lourd passé derrière lui, mais il est enfin libre et il décide de refaire sa vie et de devenir un citoyen respectable.

En à peine 3 mois et 13 cahiers d’écoliers, il écrit son livre. Reste à trouver un éditeur. Ce sera chose faite lorsque le manuscrit tombera dans les mains de Robert Laffont qui déclarera : « Si ce livre ne devient pas un best-seller, je ne m’appelle plus Robert Laffont ». La suite est connue. Le succès du livre est fulgurant puisqu’il atteint déjà un million d’exemplaires trois mois seulement après sa parution. C’est la vraie renaissance pour Henri Charrière. La chrysalide s’est bien transformée en papillon. Il va parcourir le monde, donner des centaines d’interviews. Sans que jamais le succès ne lui monte à la tête. Il restera toujours fidèle à sa femme Rita. Quatre ans après la sortie de « Papillon », Henri Charrière est un homme célèbre. Mais il décède seulement quelques mois plus tard, le 29 juillet 1973. Henri Charrière est enterré au petit cimetière de Lanas, en Ardèche, au côté de sa mère.

Vincent Didier, gardien de la mémoire

Vincent Didier est l’auteur de « Papillon libéré », une biographie complète d’Henri Charrière éditée en novembre 2006 par la Fontaine de Siloé. Cette Maison d’édition régionale basée à Montmélian est spécialisée dans les livres d’histoire. L’ouvrage de Vincent Didier a été préfacé par Robert Laffont en personne, l’éditeur d’Henri Charrière. Il a reçu le Prix Villard du Conseil Général de l’Ardèche en 2007.

Vincent Didier est par ailleurs le dépositaire des archives privées d’Henri Charrière et de son épouse Rita. La photo de Papillon qui illustre cet article a été prise en 1973 à Caracas et n’avait jamais été publiée jusqu’à présent.

Papillon Libéré – La Fontaine de Siloé – ISBN 2842063449 et 9782842063443