Lyon : pourquoi ne pas tester la médecine chinoise ?

Le 21 octobre 2016, par Marie Cartigny

C’est auprès de Natacha Badrov que PressNut News a voulu se renseigner sur la médecine chinoise. D’abord parce qu’elle a fait ses études à Lyon en 2005 à la FLECT, la seule école de formation en médecine traditionnelle chinoise en France agréée par la World Federation of Acupuncture-Moxibustion Societies (W.F.A.S), organisme reconnu par l’Organisation Mondiale de la Santé. Et également parce qu’elle a une approche intéressante de la médecine chinoise. Remontons, avec vous, à l’origine de l’acupuncture , créée par des moines taoïstes méditant toute leur vie dans les montagnes, il y a des milliers d’années, grâce à cette thérapeute lyonnaise.

Praticienne en Acupuncture, Shiatsu et Chi Nei Tsang, l’approche de Natacha Badrov est la prise en charge globale de la personne : « Nous savons tous que nos problèmes de santé affectent le plus souvent notre psychisme et, de leurs côtés, nos émotions, nos sentiments et certaines de nos attitudes envers la vie génèrent à leur tour des maux physiques. Il s’agit de faire le lien entre le psychique et le physique et donc d’avoir une approche holistique. »

Cette approche holistique n’est pas sans rappeler les principes du Taoïsme auxquels a été formée Natacha Badrov par le moine Man Yan Hor, expert en méditation chinoise (Chi Kong : « Chemise de Fer », « Orbite Microcosmique », « Sourire Intérieur de l’Énergie Curative », « Tao Yin ») et précurseur d’un autre style d’acupuncture. Par ailleurs, c’est auprès de lui que la thérapeute en médecine chinoise a pu perfectionner sa formation en Chi Nei Tsang, qui signifie littéralement « travailler l’énergie des organes internes » ou « transformation de l’énergie des organes internes ». Le Chi Nei Tsang est une approche holistique du massage originaire de la vieille Chine Taoïste. Il consiste en un massage à la fois doux et profond du nombril et des organes du ventre. Il constitue un moyen puissant pour dissoudre les énergies négatives qui se sont accumulées au fil des années dans les différents organes du corps. Ces mauvaises énergies peuvent se manifester dans le corps sous forme de pathologies qui peuvent toucher le physique, le mental et l’émotionnel. De par son approche holistique, le Chi Nei Tsang va à la source des problèmes, y compris en apportant des réponses aux maladies psychosomatiques.

Natacha Badrov pratique ce soin thérapeutique en même temps que l’Acupuncture ou que le Shiatsu (ou « pression du doigt ») : deux branches de la médecine chinoise auxquelles elle a été formée dès 2005. Ainsi, explique t-elle son parcours : « J’ai commencé à mettre un pied dans la médecine chinoise à travers le Shiatsu. Je me suis formée en Shiatsu pendant 3 ans. Suite à cela, j’ai poursuivi pendant 5 ans des études en médecine chinoise, plus précisément en acupuncture. Le Shiatsu étant une technique issue de la médecine chinoise, se former en acupuncture était une continuité ainsi que la pratique du Tui Na, le massage thérapeutique chinois et la diététique chinoise. »

La complémentarité des différentes techniques issues de la médecine chinoise

Toujours avec le souci d’aborder la médecine dans une approche globale de la personne, Natacha Badrov associe tous ces « outils » ( Shiatsu, Acupuncture, Chi Nei Tsang, méditation…) afin de permettre aux patients de retrouver un bien être physique et psychologique, une meilleure santé, une meilleure connaissance de soi ou tout simplement un mieux-être.

Quand nous regardons un peu de près les méthodes et les bienfaits de chaque soin, nous pouvons retrouver, nous béotiens, beaucoup de choses qui se ressemblent. « Par exemple, explique la thérapeute, dans ma pratique, dans une même séance, je peux utiliser plusieurs soins. Je peux utiliser des ventouses, je peux utiliser quelques techniques manuelles et terminer par de l’Acupuncture. Une séance peut durer entre 45 minutes et une heure et demie. Il y a toujours une phase de discussion pour essayer de comprendre la personne, son histoire, sans faire de psychologie. En Chi Nei Tsang, poursuit Natacha Badrov, une sorte de puissance dans les mains peut être beaucoup plus efficace que les aiguilles d’acupuncteurs. Il y a vraiment un contact direct entre la main qui va soigner et le sujet. Cela peut être le cas en Shiatsu et en Tui Na car le contact est permanent, il n’y a donc plus d’intermédiaire entre le thérapeute et le patient. L’énergie peut passer directement du thérapeute à la personne. Le thérapeute étant lui-même dans une posture d’alignement, conscient de l’énergie du ciel et de la terre, il travaille directement avec ces énergies et il les transmet directement à son patient. Cette technique peut être, par exemple, beaucoup plus rapide et beaucoup plus efficace qu’une séance d’acupuncture. »

Le choix des techniques qui vont être utilisées pour une personne n’est pas mathématique, il est de l’ordre du ressenti. Les trois techniques vont apporter un bonheur physique, psychologique et émotionnel. Pour conclure, Natacha Badrov fait sien ce vieil adage : « Il n’existe rien de constant si ce n’est le changement.»

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Bruce tout puissant sur la scène auvergnate

Après un passage à Avignon puis à Lyon, Bruce Fauveau joue son spectacle « Bruce Tout-(im)puissant ! » à La Baie des Singes de Cournon-d’Auvergne ce 21 mai 2016. Rencontre avec un artiste qui mise tout sur la gestuelle pour capter son public.

PressNut : Bruce, tu t’es intéressé au théâtre bien avant de faire une école ?

Bruce Fauveau : Oui, à l’époque, je faisais plus du théâtre conventionnel et je m’apercevais que ce n’était pas tout à fait mon truc, notamment le registre dramatique. Il n’y a que plus tard que j’ai compris que ce qui m’intéresse c’est l’humour et plus spécifiquement le solo.

PressNut : Tu es rentré à l’école Jacques Lecoq. Quelle est sa particularité ?

Bruce Fauveau : On y apprend la gestuelle, ce n’est pas trop basé sur la technique. On y apprend à exprimer des choses avec autre chose que la parole.

PressNut : C’est pour ça que tu as choisi cette école ?

Bruce Fauveau : Oui, durant deux ans on ne travaille sur aucun texte. Il n’y a pas de metteur en scène. C’est le corps qui parle. On travaille avec des masques, ce sont des formes qui changent du théâtre classique. En plus, c’est une école internationale et comme j’ai eu une enfance loin de France, cela m’intéressait de retrouver cet aspect là et de pouvoir avoir des contacts un peu partout dans le monde.

PressNut : Tu savais que tu voulais t’orienter vers l’humour ?

Bruce Fauveau : J’avais déjà suivi des cours de one man show, d’écriture, d’interprétation et d’improvisation. Je me suis aperçu que c’était une piste pour moi. Même si je n’avais pas encore compris que c’est avec le corps que je veux bosser. C’est l’école Lecoq qui a permis de faire le lien entre tout ça.

Des débuts au Québec

PressNut : Quelles ont été tes débuts ?

Bruce Fauveau : Avec mon metteur en scène, rencontré à l’école, nous avons créé un premier spectacle en 2011 et décidé de le jouer au Québec. Les Québecois sont très ouverts à l’humour. Ça a bien fonctionné, je jouais dans un théâtre local et j’ai eu quelques passages télé. Et puis mon visa a expiré. Ce n’est pas simple d’émigrer là-bas en tant qu’artiste. Étant bilingue, j’ai pu jouer aussi mon spectacle au Canada anglophone et après en Angleterre.

PressNut : Tu es revenu en France depuis moins de deux ans donc ?

Bruce Fauveau : Oui, j’ai repris mon spectacle et je viens de démarrer en janvier 2015. J’ai passé quelque temps à Avignon et j’ai rencontré des Lyonnais qui m’ont fait venir à un festival. Dans la foulée j’ai joué à l’Espace Gerson. Un passage télé m’a permis d’obtenir une salle en Auvergne. Voilà, ça se passe pas mal. Je suis un peu le seul dans mon créneau.

PressNut : Est-ce que justement tu t’es inspiré d’anciens humoristes qui ont beaucoup basé leur travail sur le corporel ?

Bruce Fauveau : Michel Courtemanche était vraiment très fort dans ce domaine. Et Jim Carrey, avant de faire du cinéma est aussi une source d’inspiration. Gad Elmaleh dans ses premiers spectacles a été salué pour ses performances de mime. Ce sont des gens que j’admire, bien sûr.

PressNut : Quelle est la réception de ton public à ton spectacle ?

Bruce Fauveau : Ça marche plutôt bien. J’essaie d’offrir quelque chose de différent avec un peu de stand-up et puis j’incarne des objets, des animaux… A chaque début de sketch le public peut s’attendre à tout… Le spectacle en lui-même évolue au fur et à mesure, parfois au gré de l’actualité. Je reste aussi ouvert à tout ce qui peut se passer dans le public. Si un spectacle n’évolue pas, il se renferme un peu sur lui-même…

PressNut : Aujourd’hui tu vas jouer en Auvergne, quelle image as-tu du bougnat, de l’auvergnat moderne si tu devais le caricaturer gentiment ?

Bruce Fauveau : Écoutes, j’entends tellement de belles choses sur cet endroit que je vais  prendre un jour après le spectacle pour aller marcher dans la région. Quant à l’Auvergnat, pour moi, il restera avant tout celui de la chanson de Brassens. Je le sens chaleureux, prêt à découvrir quelque chose de nouveau et à rire…

Bruce Tout-(im)puissant ! par Bruce Fauveau
La Baie des Singes – 21 mai 2016 – 20h35
6 avenue de la République
63800 Cournon d’Auvergne

L’homme qui murmure à l’oreille du cheval d’Auvergne

Le 11 mai 2016, par Rédaction AuvergneRhôneAlpes.info

Laurent Pradier est passionné de chevaux depuis toujours. Lorsqu’il fait l’acquisition du domaine de Moidas sur la commune d’Orbeil, près d’Issoire, une question se pose tout naturellement : comment entretenir les 200 hectares pentus et escarpés autour de la base de loisirs en plein air Crapa’Hutte qu’il gère conjointement avec son activité d’éleveur de chevaux depuis 20 maintenant ? La réponse est dans la question : il s’intéresse aux chevaux de pays et contacte trois éleveurs. Une association de sauvegarde et de relance est créée. Laurent Pradier devient, après un laborieux et trépidant travail de rassemblement des bêtes et de documentation sur celles-ci, le président de l’association nationale du cheval d’ Auvergne. Gros plan sur le sauvetage de cette espèce.

La quasi disparition du cheval d’Auvergne est intimement liée à l’histoire militaire de notre pays : l’armée au 19ème siècle est devenue une armée d’occupation, une armée coloniale avec l’Afrique du Nord. Ce dont l’armée avait besoin, ce n’était plus d’une cavalerie mais d’occuper un territoire en assurant la logistique. Or, la logistique se fait avec des mulets et non pas avec des chevaux : le mulet a donc remplacé le cheval. Les seuls à avoir gardé quelques étalons sont les haras nationaux qui avaient pour politique de faire ou du lourd ou du léger : « Par exemple dans la plaine du Forez, on s’est mis à faire du Trotter, on a allégé le cheval de pays. Dans le Massif Central, la tendance a été à l’alourdir. Au 20ème siècle , il y a eu la mécanisation de l’agriculture et le seul débouché pour les chevaux, c’était la viande. En 4 générations, nous sommes passés de ce petit cheval qui faisait 500 kg à un cheval qui faisait 800 kg à 1 tonne. », explique Laurent Pradier.

Tout le travail de l’éleveur et de son association a été de se battre, depuis 1996, pour préserver le « Bidet osseux » comme l’écrivait Alexandre Dumas dans ses Trois Mousquetaires. « Ce cheval a été sélectionné pendant des siècles pour être un cheval de travail. Contrairement aux chevaux de compétition, c’est un animal qui s’inscrit dans la durée. Il est petit et trapu, comme tous les chevaux dans les territoires d’altitude. Il est résistant, rustique, il se nourrit de peu et passe l’hiver en montagne avec son double poil, comme à l’état sauvage. Le cheval d’Auvergne est typiquement ce que l’on appelle un cheval de montagne : robe sombre, du crin, double poil, des sabots noirs parce que la corne noire est plus solide que la corne blanche, pas très grand, environ 1m50… »

Reconnaissance de la race du cheval d’Auvergne

Pour relancer la race, Laurent Pradier a commencé avec seulement 32 bêtes. C’était en 1996 et ces quelques têtes étaient tout ce qui restait du cheval d’Auvergne. L’avantage, qui fut aussi un inconvénient, a été que le berceau de race est immense. La distance entre les départements a quelque peu freiné le regroupement. Mais la nature fait bien les choses : tous les gênes de rusticité sont des gênes dominants. A partir des années 1950, les juments ayant été croisées avec des chevaux plus lourds, donnaient de temps en temps naissance à un poulain plutôt de souche Auvergne. Pendant 10 ans, tout le travail de l’association a été de réunir ces chevaux et de « réabsorber » tous ces gênes et de refaire des croisements. Jusqu’à retrouver la race d’origine. Quinze ans après avoir démarré ce sauvetage, et grâce au soutien de la Région, l’association est arrivée à obtenir plusieurs centaines de chevaux. Aujourd’hui, l’association possède 500 animaux et avec les naissances de cette année, elle va approcher les 600 têtes.

En 2010, Laurent Pradier a réussi à faire reconnaître la race du cheval d’Auvergne : « L’association a signé une convention avec les haras nationaux , l’IFCE, et à partir de 2010 nous avons entamé un processus de reconnaissance. C’est en 2013 que la race a été reconnue, sur la foi d’écrits très anciens, tels que les descriptions d’Antoine de Pluvinel, véritable précurseur de l’école d’équitation française au XVIème siècle, et de tableaux d’époque. A présent, les éleveurs ont une petite aide financière pour la garde des étalons et pour les saillies. La gestion des lignées et des reproducteurs est assurée par l’IFCE. Tout est informatisé. L’association a des pleins papiers, c’est-à-dire qu’elle est sûre de la traçabilité des chevaux. »

Suivant l’âge, suivant le travail, un poulain d’Auvergne coûte entre 800 et 1 000€ . Il est possible d’atteindre les 3 000€ pour un cheval bien dressé d’environ 4 ans. L’association participe à des salons et à des concours. Il y a plusieurs types de concours : pour les éleveurs, ce sont des concours de modèles et d’allures, l’intérêt étant de sélectionner les reproducteurs. Ensuite, il y a les concours d’utilisation afin de mettre en valeur le cheval. Enfin, il y a les concours labellisation loisir : quasiment toute la cavalerie du Domaine de Moidas est labellisée loisir. Le cheval d’Auvergne a un caractère qui se prête particulièrement bien à cette activité : il est petit, trapu et n’a peur de rien. Et puis, l’association occupe des salons pour la promotion de la race : le salon de l’agriculture à Paris, le sommet de l’élevage à Cournon d’Auvergne, le salon du cheval à Lyon, Equita’Lyon. La race du cheval d’Auvergne est très dynamique. A tel point que des réflexions sont en cours pour la développer au delà des « frontières » de l’Auvergne. Et notamment en Rhône-Alpes qui ne possède pas de race de cheval typiquement régionale, ni de réelle vitalité d’un point de vue de l’élevage.

Auvergne Rhône-Alpes vue de Mexico !

Le 27 avril 2016, par Rédaction AuvergneRhôneAlpes.info

11 heures de vol ! 21 enfants, 14 bébés à bord d’un A380 de la compagnie Air France. Les hôtesses sont au bord de la crise de nerfs. Le Mexique, ça se mérite !  Me voici donc « gringa » sur les terres d’El Chapo. Embarquée dans un Uber, je regarde les passants défiler le long de Frey Servando Teresa de Mier. Stupeur ! Ils sont tous gras, gavés de tacos, de guacamole et de sodas. J’ai rendez-vous avec Benjamin Daumas dans un hôtel sur Paseo de la Reforma. Rencontre avec un globe-trotter…

Aglaë Feelgood : quelle est ta formation ?

Benjamin Daumas : je suis corrézien, originaire de Tulle. J’ai fait une licence de langues étrangères appliquées à Clermont-Ferrand. J’ai ensuite passé des concours et intégré une école de commerce. J’ai fait un an de césure à Paris chez AccorHotels et l’école m’a proposé de faire un  master aux Etats-Unis, donc je suis parti à New-York durant un an et demi. Ensuite, j’étais à Miami en tant que coordinateur marketing. Maintenant je suis à Mexico où je gère la chaîne ibis. Nous avons 15 hôtels dans tout le pays, dont 3 à Mexico city.

Aglaë Feelgood  : pourquoi avoir choisi Clermont-Ferrand pour tes études ?

Benjamin Daumas : cette formation LEA me permettait de partir un semestre à l’étranger donc je suis parti à Grenade la dernière année. J’ai beaucoup de chance d’avoir des parents qui m’ont permis de faire tout ça aussi, parce que je n’étais jamais sorti de France avant mes 19 ans.

Aglaë Feelgood  : finalement, il y a certaine logique dans ton parcours ?

Benjamin Daumas : ce qui est sûr, c’est que j’ai toujours voulu voyager. Je me voyais steward, dans le voyage. Je me suis dit que pour travailler à l’international, il fallait connaître les langues. J’ai donc appris l’anglais, l’espagnol et l’italien. Quand on commence à voyager, on y prend goût. L’hôtellerie m’a permis de découvrir des gens brillants.

Aglaë Feelgood  : tu as eu un vrai coup de cœur pour ta boîte ?

Benjamin Daumas : oui, absolument. Et encore une fois j’ai eu de la chance que le groupe AccorHotels ait eu besoin de quelqu’un ici, à Mexico, alors que je cherchais un poste. Tout se goupille bien. J’aime parler d’autres langues, rencontrer des gens de cultures différentes. J’aurais peut être la possibilité par la suite d’évoluer dans d’autres régions du monde.

Aglaë Feelgood  : ici, à Mexico, tu as rencontré d’autres expatriés ? Des auvergnats ? Des rhône-alpins ?

Benjamin Daumas : oui, des parisiens principalement. Mais jamais un seul habitant de l’Auvergne ou de Rhône-Alpes. Désolé (rires). Je fais partie d’un réseau d’expatriés, Internations. Il y a des événements qui sont organisés régulièrement. C’est une façon de faire du networking d’une façon un peu informelle.

Aglaë Feelgood  :  tu as adopté le mode de vie mexicain ?

Benjamin Daumas : pas vraiment. Je vais régulièrement dans des restaurants français. J’achète ma baguette tous les jours. A côté il y a une petite épicerie où je peux trouver du fromage. C’est quelque chose que je ne pouvais pas faire aux États-Unis. Ici, je retrouve un peu mes marques françaises à moindre coût, donc j’en profite. Je ne sais pas si tu auras le temps d’aller dans le quartier de la Condesa, au sud de Mexico. Il y a beaucoup de restaurants français. J’ai même gouté là-bas de la truffade dans un restaurant qui s’appelle « La vie en rose ». Ce n’était pas la meilleure truffade du monde (rires) mais elle était disponible, au moins…

Aglaë Feelgood  : mais tu peux trouver des produits d’Auvergne ou de Rhône-Alpes ici, à Mexico ?

Benjamin Daumas : pas directement. Il existe un site Internet qui s’appelle Mon Épicerie française. Il est destiné aux expatriés mais je ne l’ai pas encore testé.

Aglaë Feelgood  : tu es passé d’une des villes les moins polluées de France, Clermont-Ferrand, à l’une des plus polluées au monde, Mexico. Ça fait un choc ?

Benjamin Daumas : ça m’a gêné. En plus, il y a l’altitude. Si j’accélère un peu trop le pas, je m’essouffle. Les premières fois, à la salle de sport, j’ai cru que j’allais mourir. J’avoue que le week-end j’aime bien partir en excursion dans des petits villages autour de Mexico.

Les européens renvoient une image froide et distante

Aglaë Feelgood  : qu’est ce que les mexicains ont comme image de la France ?

Benjamin Daumas : ils nous connaissent assez bien. Nous sommes élégants pour eux, distingués. Mais froids aussi, et distants. Enfin c’est l’image que renvoient les européens en général. Nous avons l’habitude de nous serrer la main pour dire bonjour. Ici, on s’embrasse comme du bon pain ! Même pour le business. Quand je recevais les fournisseurs, au début, j’étais un peu sur la réserve mais je m’y suis fait. Ils sont plus chaleureux et souriants que nous.

Aglaë Feelgood : tu as entendu parler de la fusion entre les régions Auvergne et Rhône-Alpes ?

Benjamin Daumas : oui, j’ai suivi un peu ça. On en parlait entre expatriés et on se demandait si les nouveaux noms de régions avaient été déterminés.

Aglaë Feelgood  : pas encore. Auvergne Rhône-Alpes est devenu la seconde région de France, tu penses qu’il peut y avoir des passerelles économiques avec Mexico ?

Benjamin Daumas : oui, ne serait ce que grâce à la gastronomie française qui est assez bien développée.

Aglaë Feelgood : sais-tu que Michelin vient de décider d’ouvrir une usine au Mexique et que cela représente un investissement de 510 millions de dollars ?

Benjamin Daumas : oui, je suppose que c’est pour toucher le marché nord-américain.

Aglaë Feelgood  : exactement ! Michelin, c’est une marque connue ici ?

Benjamin Daumas : il y a pas mal de voitures françaises mais je n’ai jamais vu une seule fois le logo Michelin, pour être honnête. Mais je vais regarder attentivement les pneus dorénavant !

Aglaë Feelgood  : à ton avis, comment pourrait-on promouvoir l’Auvergne Rhône-Alpes d’un point de vue touristique auprès des mexicains ?

Benjamin Daumas : justement, le marché mexicain est un marché que j’étudie pour la marque ibis. En ce qui concerne l’Auvergne Rhône-Alpes, je mettrais en valeur les espaces verts, la randonnée et la gastronomie. C’est un aspect de la France que les mexicains connaissent moins. Pour tout ce qui est patrimoine ou culture, ils iront d’abord à Paris. Il faut jouer la différenciation pour leur donner envie d’aller en Auvergne Rhône-Alpes. Il faut les attirer grâce à la nature et ils découvriront ensuite qu’il y a aussi un grand patrimoine culturel.

Aglaë Feelgood : bon, bref. Tu n’as pas croisé un auvergnat ni un lyonnais depuis que tu es là… il y en avait peut être plus à Miami ?

Benjamin Daumas : (rires) non, pas vraiment… mais dès que j’en croise un, je t’envoie un message…

Clermont-Ferrand : « the place to be », selon TheLocal.fr

Le 19 avril 2016, par Thomas Fauveau

Décidément, l’Auvergne a la cote auprès des anglos-saxons ! Après le guide de voyages australien Lonely Planet qui a l’a classée parmi les 10 régions du monde à visiter en 2016, PressNut a repéré un article publié sur TheLocal.fr qui met lui aussi Clermont-Ferrand à l’honneur. Pressnut.com s’est entretenu avec Katie Warren, la journaliste auteur de l’article, une américaine qui a vécu neuf mois à Clermont-Ferrand.

Katie Warren n’y va pas par 4 chemins : selon elle, Clermont-Ferrand n’est rien de moins que la meilleure ville de France. Et la jeune femme sait de quoi elle parle puisqu’elle a résidé dans la capitale auvergnate durant près d’une année. A Chamalières et à Montferrand, elle a travaillé comme professeur d’anglais pour le compte du ministère de l’Éducation Nationale. Née aux États-Unis, formée à l’université du Montana, la journaliste est passionnée depuis longtemps par la langue française et la littérature.

Katie Warren travaille aujourd’hui pour TheLocal.fr, un site d’information en langue anglaise implanté dans neuf pays d’Europe. Sur la totalité de ses éditions, le site compte plus de 4 millions de lecteurs chaque mois. Paul Rapacioli, le fondateur de TheLocal, est originaire de Londres et s’est installé en Suède en 2004 afin de lancer son site d’information. Sa vocation est d’abattre les barrières qui existent entre les pays et de faire se rapprocher les communautés. C’est ce à quoi s’affaire Katie Warren, dans le bureau parisien de TheLocal.fr. Mais visiblement l’Auvergne lui manque.

Clermont-Ferrand, « Liverpool de la France »

« J’ai décidé d’écrire sur Clermont-Ferrand parce que j’en avais marre de tous ces gens disant que Paris, c’est la meilleure ville de France ! Je pense que Clermont-Ferrand est une ville vraiment sous-estimée. C’est vraiment une honte qu’il n’y ait pas plus de gens qui connaissent cette ville. » Dans son article, Katie Warren recense 15 bonnes raisons de venir visiter la ville. De l’environnement à la cathédrale en pierre de lave, nous n’échappons certes pas à quelques clichés mais la jeune femme a su aussi capter l’esprit particulier qui règne à Clermont-Ferrand, notamment lorsqu’elle évoque les 800 groupes de rock qui en font le « Liverpool de la France ».

TheLocal.fr a publié cet article le 13 avril 2016. Il a suscité bon nombre de réactions de la part des internautes. Il faut dire qu’en invitant ses lecteurs a oublier Bordeaux et Toulouse, à se sortir Paris de la tête et à éviter Nice et Marseille à tout prix, la journaliste à su intriguer. L’article qui a compté 10 000 lecteurs le jour de sa parution a été l’article le plus lu sur l’édition française de TheLocal. Clermont-Ferrand, « secret le mieux gardé de France », selon Katie Warren, ne va pas le rester très longtemps…

Lire l’article :

pressnut.thelocal.frCrédit photo : Comité Régional de Développement Touristique d’Auvergne – Joël Damase

(Vidéo) Hollywood prépare un remake du film « Papillon »

La Région Auvergne Rhône-Alpes compte nombre d’illustres personnages. L’ardéchois Henri Charrière en fait partie. Ce bagnard, sans doute l’un des plus célèbres, a conté ses aventures dans le best-seller « Papillon » vendu à plus de 13 millions d’exemplaires. Une adaptation cinématographique de 1973 réunissait à l’écran Steve McQueen et Dustin Hoffman. Aujourd’hui, un remake est en préparation à Hollywood. PressNut a rencontré Vincent Didier, le biographe d’Henri Charrière.

Leonardo DiCaprio à l’affiche ?

D’après nos informations, c’est la maison de production Red Granite Pictures qui a racheté en Suisse les droits pour tourner un remake du film de 1973. Les deux associés de Red Granite Pictures, Riza Aziz et Joey McFarland, ont déjà produit « Le loup de Wall-Street » avec dans le rôle principal Leonardo DiCaprio. Le remake de « Papillon » sera réalisé par le Danois Michael Noer, d’après un scénario signé Aaron Guzikowski. Les acteurs pressentis pour reprendre le rôle tenu par Steve McQueen dans le film original sont Brad Pitt, Leonardo DiCaprio et Johnny Depp. Le producteur Joey McFarland a laissé entendre qu’il aurait une préférence pour voir le personnage d’Henri Charrière interprété par Leonardo DiCaprio. Reste à savoir si l’agenda de l’acteur le permettra.

La légende de « Papillon »

Henri Charrière embarque le 29 septembre 1933 à bord du bateau-cage le La Martinière, direction Cayenne. Il a été condamné aux travaux forcés à perpétuité pour un meurtre qu’il niera toujours avoir commis. Le doute subsiste encore aujourd’hui sur cette affaire.

Henri Charrière n’a qu’une idée en tête : la cavale. Il réussit à s’évader une première fois le 5 septembre 1934 et après un périple de plusieurs mois sur l’océan, il s’échoue en compagnie d’un camarade sur les côtes colombiennes. Malheureusement, la Colombie et la France possèdent des accords d’extradition et c’est le retour vers le bagne le 30 mai 1935 où il est condamné à la réclusion dans les cellules de l’île Saint-Joseph. C’est sans doute là, au fond de cette minuscule case dans laquelle il croupira durant deux ans, qu’il faut chercher l’origine de la prolixité (certains diront la mythomanie) d’Henri Charrière. Cerné par la solitude, l’obscurité et le silence, il s’évadera par la pensée, il repensera à son enfance, voyagera, vivra des aventures. Et ces aventures sont celles qu’il racontera plus tard dans son livre, « Papillon ou le chemin de la pourriture ».

Sorti de la réclusion et après encore huit ans passés au bagne, notamment sur l’île du Diable rendue célèbre par Dreyfus, cette fois c’est la bonne : Henri Charrière s’évade et après une escale de plusieurs mois en Guyane anglaise, il rejoint Caracas en 1946. Il a 40 ans, un lourd passé derrière lui, mais il est enfin libre et il décide de refaire sa vie et de devenir un citoyen respectable.

En à peine 3 mois et 13 cahiers d’écoliers, il écrit son livre. Reste à trouver un éditeur. Ce sera chose faite lorsque le manuscrit tombera dans les mains de Robert Laffont qui déclarera : « Si ce livre ne devient pas un best-seller, je ne m’appelle plus Robert Laffont ». La suite est connue. Le succès du livre est fulgurant puisqu’il atteint déjà un million d’exemplaires trois mois seulement après sa parution. C’est la vraie renaissance pour Henri Charrière. La chrysalide s’est bien transformée en papillon. Il va parcourir le monde, donner des centaines d’interviews. Sans que jamais le succès ne lui monte à la tête. Il restera toujours fidèle à sa femme Rita. Quatre ans après la sortie de « Papillon », Henri Charrière est un homme célèbre. Mais il décède seulement quelques mois plus tard, le 29 juillet 1973. Henri Charrière est enterré au petit cimetière de Lanas, en Ardèche, au côté de sa mère.

Vincent Didier, gardien de la mémoire

Vincent Didier est l’auteur de « Papillon libéré », une biographie complète d’Henri Charrière éditée en novembre 2006 par la Fontaine de Siloé. Cette Maison d’édition régionale basée à Montmélian est spécialisée dans les livres d’histoire. L’ouvrage de Vincent Didier a été préfacé par Robert Laffont en personne, l’éditeur d’Henri Charrière. Il a reçu le Prix Villard du Conseil Général de l’Ardèche en 2007.

Vincent Didier est par ailleurs le dépositaire des archives privées d’Henri Charrière et de son épouse Rita. La photo de Papillon qui illustre cet article a été prise en 1973 à Caracas et n’avait jamais été publiée jusqu’à présent.

Papillon Libéré – La Fontaine de Siloé – ISBN 2842063449 et 9782842063443