Dans la Drôme, un habitat participatif, intergénérationnel et écologique !

Le 20 septembre 2016, par Thomas Fauveau

L’habitat groupé intergénérationnel et écologique est une voie d’avenir pour le logement : recréation de lien social entre jeunes et moins jeunes, entraide et solidarité au quotidien, constructions à énergie positive, mutualisation de toutes sortes pour sortir des surconsommations absurdes… La transition en matière de logement passe par là !

Un projet d’habitAT groupé

Baptisé Ecoravie, cette coopérative d’habitants regroupe 17 logements de 45 à 100 m2 et une maison commune, ouverte sur le quartier. Situé non loin de la commune de Dieulefit, dans la Drôme, le projet aura mis neuf ans à voir le jour. Les futurs habitants, qui emménageront en novembre 2016, forment un groupe composé de 25 adultes âgés de 30 à 82 ans et d’une vingtaine d’enfants. Les « écoravissants », tels qu’ils se nomment eux-mêmes, disposent chacun de leur logement et gèrent ensemble leur lieu de vie. Ils sont à la fois associés de la coopérative propriétaire du lieu et locataires de leur logement.

Des constructions écologiques

Les futurs habitants d’Ecoravie ont mis la main à la pâte puisque les cloisons intérieures des habitations ont été montées en chantiers participatifs avec l’aide de volontaires durant le printemps dernier et les trois mois d’été. Des matériaux sains et locaux ont été privilégiés : ossature bois, remplissage constitué d’un mélange d’enveloppes de riz et de terre, puis enduits en terre crue utilisant le sable du terrain. La paille a été retenu en guise de matériau d’isolation. Résultat : aucun système de chauffage n’a été mis en place. Ni climatisation pour les mois d’été. L’inertie de la paille, de la terre ainsi que les courants d’air suffisent à maintenir la fraîcheur des logements durant l’été. En hiver, le soleil chauffe à lui seul les habitations.

Une expérimentation sociale

La solidarité financière entre les habitants permet d’accueillir une diversité de ménages, les apports allant de 5 200 à 220 000 euros, indépendamment de la taille des logements. Pour boucler le financement de la construction, Ecoravie a fait appel à des investisseurs solidaires. Déjà 15 personnes, pour 700 000 euros en tout, ont préféré placer leur argent dans ce projet éthique et innovant plutôt qu’à la banque. Ces investisseurs seront progressivement remboursés par les loyers versés par les habitants. Ainsi, ce projet permet à la fois de sortir de la spéculation immobilière et de favoriser l’accès au logement. Dans cet habitat, il n’y a plus de propriétaires. seulement des locataires responsabilisés parce qu’ils gèrent eux-mêmes leur lieu de vie, et payent très peu de charges grâce aux performances énergétiques des logements. Les habitants prennent les décisions parce qu’ils habitent le lieu, et non parce qu’ils en ont la propriété. Le droit d’usage remplace ainsi la propriété.

Budget de la Région Auvergne Rhône-Alpes : Debat fuit le débat !

Le 18 avril 2016, par Thomas Fauveau

Le jeu de mots est un peu facile, j’en conviens volontiers. Il n’en reste pas moins qu’il illustre bien le niveau auquel se situe le débat politique, particulièrement délétère dans notre région. Jeudi 14 avril 2016, une partie seulement des élus a voté le premier budget de la nouvelle mandature. Les élus du PS et du FN ont en effet décidé de boycotter la session.

Ambiance tendue lors de l’assemblée plénière qui s’est tenue au Conseil régional jeudi dernier. Jean-François Debat, le chef de file du parti socialiste, a décidé de se retirer de l’hémicycle, entrainant avec lui ses camarades. Dans un bel élan de solidarité, les élus du FN lui ont emboité le pas. Nous avons donc pu assister à un cortège d’élus FNPS quittant, ulcérés, l’assemblée. Gageons qu’ils n’en renonceront pas pour autant à leurs indemnités. Dans une conférence de presse improvisée, Jean-François Debat a déclaré : « Laurent Wauquiez ne se place pas au niveau des responsabilités qui lui ont été confiées et on ne veut pas participer à cette mascarade ». Ce à quoi le même Laurent Wauquiez a rétorqué : « vous préférez fuir le débat ».

Quelle est la raison de cet embrouillamini ? Il semble bien que ce soit l’attitude de Laurent Wauquiez qui pose problème, plutôt que le budget en lui même. Qualifié à la fois de « prince », de « populiste » et « d’autocrate », le président de Région en prend pour son grade. Juste avant le vote, Jean-François Debat a publié sur son blog un « bilan des 100 jours » de la mandature de Laurent Wauquiez, dans lequel il dénonce le clientélisme, le copinage et les effets de « com ». Rien de bien nouveau, en somme, si ce n’est ce que les politiques se reprochent habituellement les uns les autres à mesure qu’ils s’échangent les majorités. La Région, elle, continue sa « com » et annonce un beau budget, tout bien ficelé, tout bon, tout chaud.

Le poète a toujours raison

De leur côté, les élus du Rassemblement citoyen écologique et solidaire, ont sorti la sulfateuse. Dans un long communiqué de presse, ils dressent de Laurent Wauquiez le portrait d’un homme « brutal et dangereux ». Rien que ça ! Mais ils dénoncent surtout « des choix budgétaires destructeurs ». Si tout est discutable, comme toujours en politique, il semble bien que la décision d’allouer 4,7 millions d’argent public à Pierre & Vacances pour la construction d’un Center Parc leur reste en travers de la gorge. Et convenons que cela pose questions ! En quoi cette usine à touristes est-elle en adéquation avec la politique touristique affichée par Laurent Wauquiez ? La « pleine nature » sous une bulle climatisée, cherchez l’erreur !

Quel est le fond du problème ? Et bien, la vraie question, c’est sans doute celle de la faiblesse du pouvoir actuellement en place au niveau national. La faiblesse d’un gouvernement qui se retrouve obligé de négocier la Loi Travail avec des étudiants qui n’ont jamais travaillé. La faiblesse d’un gouvernement en train de danser le rigodon. Un pas en avant, deux en arrière ! Laurent Wauquiez cherche peut-être tout simplement à prendre la posture inverse, à se positionner en homme fort et providentiel. Il n’en reste pas moins que le système semble à bout. Le mouvement Nuit Debout est un signal fort. D’aucuns diront à Jean-Louis Murat de s’occuper de ses chansons, mais il a déclaré dans une récente interview : « La politique ne m’intéresse pas. Sauf pour en dire du mal. C’est le fumier de la démocratie. Les générations futures, si elles veulent s’en sortir, devront inventer autre chose. Le suffrage universel, ça ne marche plus. » Le poète aurait-il toujours raison ?